Filiale du groupe Roullier, Paticeo investit en Loire-Atlantique pour imposer ses madeleines à l’international
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Filiale du groupe Roullier, Paticeo investit en Loire-Atlantique pour imposer ses madeleines à l’international

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Paticeo, acteur majeur de la pâtisserie industrielle, renforce son site de Derval (Loire-Atlantique) avec une extension de 3 500 mètres carrés. Porté par un investissement de 20 millions d’euros sur trois ans et soutenu par sa maison mère, le groupe breton Roullier, l’industriel prépare son développement en France et à l’international avec un produit phare : la madeleine.

Camille Benoit, directrice générale de Paticeo. L’entreprise emploie un millier de salariés — Photo : Paticeo

Une odeur de beurre est souvent un bon présage. C’est en tout cas ainsi que nous avons été accueillis, par une fragrance gourmande, au sein de l’usine Paticeo, à Derval. Implanté dans le nord de la Loire-Atlantique, à deux pas de la Bretagne, le site est spécialisé dans la fabrication de cette fameuse madeleine si cher à Marcel Proust. L’usine vient de faire l’objet d’un agrandissement majeur qui a quasiment doublé sa superficie, atteignant désormais 7 500 mètres carrés grâce à l’ajout de 3 500 mètres carrés.

Cet agrandissement s’inscrit dans un vaste programme de 20 millions d’euros d’investissement sur trois ans, destiné à accompagner la croissance de Paticeo. Née du rapprochement, en octobre 2024, de Pâtisseries Gourmandes (Ker Cadélac, Le Guillou), Colibri et Alysse Food, cette filiale du groupe industriel breton Roullier affiche des ambitions fortes : devenir un leader incontournable de la pâtisserie industrielle, en s’appuyant sur la qualité, l’innovation et l’export.

15 mois de chantier, pari tenu

L’usine Paticeo a fait l’objet d’une extension de 3 500 mètres carrés. Quinze mois de travaux ont été nécessaires — Photo : Paticeo

Sur les lignes de production, tout est minuté. De la préparation de la pâte, au moulage, à la cuisson, au refroidissement et à l’emballage, il faut 45 minutes chrono pour fabriquer une madeleine. Ici, 5 millions de ces pâtisseries sont produites chaque semaine, soit 260 millions par an. "La première performance a été de construire cet agrandissement en 15 mois, comme prévu", souligne toutefois Julien Vignot, directeur de l’usine. "Dès le 3 février, l’usine était opérationnelle et les premières madeleines ont été cuites le 4 février. " Un timing serré, respecté à la lettre, qui traduit "l’engagement de l’ensemble des équipes", dit Mira Mihaylova, présidente du conseil de surveillance du groupe Roullier, présente pour l’inauguration. La maison mère de Paticeo, le groupe Roullier est un acteur international basé à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), spécialisé entre autres dans la nutrition animale, les engrais et la plasturgie. Il rassemble plus de 10 000 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros.

Un levier pour l’international

Au-delà de la montée en puissance industrielle, l’agrandissement de l’usine de Derval vise à soutenir les ambitions à l’international du groupe. Déjà présent dans 50 pays en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, Paticeo veut transformer la madeleine en nouvel ambassadeur de son savoir-faire. "Pour le grand export, notamment vers les États-Unis et le Japon, nous jouons à fond la carte de la pâtisserie made in France, confirme Camille Benoit, avec en tête une spécialité emblématique de notre pays : la madeleine. "

Après le croissant et le pain au chocolat, la madeleine pourrait devenir la prochaine success story à l’international de la pâtisserie made in France. "L’Allemagne est la cible prioritaire en Europe, explique Arnaud Brochand, directeur général de Paticeo France, mais le marché américain, notamment dans la restauration hors domicile, offre un potentiel considérable".

Pour accompagner cette expansion, Paticeo mise en particulier sur une carte maîtresse : les produits surgelés. Aujourd’hui, le groupe écoule déjà 1 000 tonnes de surgelés par an, un volume appelé à croître fortement. "Nous avons progressivement spécialisé l’usine dans la production de gâteaux individuels, plébiscités pour leur praticité, explique Camille Benoit, la directrice générale, et développé la production de gâteaux surgelés pour faciliter l’exportation et répondre aux attentes des professionnels de la restauration."

1 000 collaborateurs, 300 millions d’euros visés en 2027

Basé à Loudéac, dans les Côtes-d’Armor, Paticeo compte 1 000 salariés répartis sur 8 sites de production, dont 6 en France et 2 en Belgique. Le chiffre d’affaires du groupe atteint 250 millions d’euros pour Paticeo France. Leur produit occupe 20 % du marché en France dans le rayon des gâteaux à partager (cakes, quatre-quarts) et des pâtisseries individuelles comme la madeleine. "Notre ambition est d’atteindre 300 millions d’euros en 2027 pour Paticeo France", précise Arnaud Brochand. S’additionnent à cela 40 millions de chiffre d’affaires pour Paticeo Belgique. "Nous produisons des pâtisseries d’inspiration américaine sur nos sites belges", précise Camille Benoit.

L’ambition du pâtissier est portée par une dynamique d’innovation, de développement de nouvelles gammes et l’extension des capacités de production, notamment à Derval. Avec trois lignes de production opérationnelles aujourd’hui, l’extension de 3 500 m² permet d’anticiper la mise en service d’une quatrième ligne, qui sera lancée en fonction de l’évolution de la demande. Sur le site ligérien, l’effectif, augmenté de 15 salariés dans le cadre de l’agrandissement, est actuellement de 120 salariés. Il pourrait passer à 150 collaborateurs d’ici à 2027. "La création d’emplois locaux est une composante forte de la stratégie du groupe", souligne Camille Benoît.

L’innovation au cœur du développement

Fabrication des madeleines dans l’usine Paticeo, à Derval. Lorsqu’elles sont encore chaudes, il est possible de procéder à une injection de chocolat ou de confiture de fruit à l’intérieur de la madeleine — Photo : Paticeo

Innover est une autre priorité pour Paticeo, tant au niveau des produits que des process industriels. Le site de Derval abrite un bureau de recherche et développement où une dizaine de salariés s’emploient à concevoir de nouvelles recettes, mais aussi à optimiser la fabrication à grande échelle. Le groupe propose une centaine de références, s’appuyant sur 40 recettes maison.

Parmi les dernières nouveautés : la madeleine longue, au format inédit pour l’industriel, et une madeleine vegan, dans laquelle le beurre est remplacé par de l’huile de colza et les œufs par une préparation innovante à base d’algues. "L’innovation est indispensable pour s’adapter aux évolutions du marché et aux nouvelles attentes des consommateurs, remarque Camille Benoit. Nous devons proposer des produits gourmands, pratiques, responsables, tout en restant fidèles aux savoir-faire pâtissiers."

Une usine pensée pour l’avenir

L’agrandissement du site s’est également accompagné d’une modernisation technologique majeure. Le nouvel espace intègre des équipements à la pointe de la performance industrielle et environnementale : matériel à faible impact carbone, limitant les émissions et optimisant la consommation énergétique, technologies réduisant les pertes sur les lignes de production, respect des dernières normes environnementales, notamment en matière de gestion du risque incendie.

"Cet investissement stratégique illustre notre ambition de faire de Derval un site de référence pour nous permettre d’accélérer notre développement à l’export et sur le marché du food service, tout en poursuivant nos engagements en matière de sécurité, d’environnement et de qualité, insiste Camille Benoit. Il s’accompagne également de la création de nouveaux emplois, consolidant notre ancrage territorial et notre contribution à l’économie locale."

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