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Jean Martin : les ambitions du nouveau dirigeant
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Jean Martin : les ambitions du nouveau dirigeant

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Dirigée depuis moins d'un an par Lambert de Noyelle, la PME de Maussane-les-Alpilles, Jean Martin, spécialiste des plats cuisinés provençaux, s'apprête à lancer sa nouvelle identité pour accroître sa visibilité, sa notoriété et finalement ses ventes.

Lambert de Noyelle, président de Jean Martin — Photo : Jean-Christophe Barla

Arrivé à la tête de Jean Martin en novembre 2024, Lambert de Noyelle va bientôt dévoiler les fruits de ses idées pour le fabricant de plats cuisinés provençaux qui célèbre ses 105 ans. La nouvelle image des bocaux et emballages est prête, les changements seront visibles, promet-il, pour mieux valoriser dans les supermarchés tout ce qui fait le succès de Jean Martin.

Entre les mains de 1978 à 2022 des petits-fils du fondateur, Bernard et Jean-Louis, toujours présents à titre minoritaire dans la holding Gusto qui chapeaute la PME, Jean Martin a été acquise par la société d’investissement Aquasourça et deux dirigeants-repreneurs, Frédéric Juramie et Laurent Vigroux, avant que Lambert de Noyelle ne leur succède. Ce juriste de formation, diplômé d’école de commerce, a engrangé les expériences chez Danone, les smoothies Innocent, les madeleines Maison Colibri ou Roullier, groupe industriel de nutrition animale et végétale.

Complémentarités à initier

"Jean Martin a un savoir-faire unique, des produits reconnus et appréciés. Après la guerre en Ukraine, les hausses de coûts ont rogné ses marges. Je souhaite la remettre à ses standards", dit-il. Il préside parallèlement une autre société reprise par Aquasourça, Champlat en Provence, à Tresques (Gard) qui, depuis les années 70, mijote des plats biologiques à base de tomates et de légumineuses, commercialisés en magasins bio. "Il y a de fortes complémentarités à jouer", confie-t-il. Les deux sociétés génèrent un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros, 13 pour Jean Martin, 5 pour Champlat, et emploient 65 personnes dont une cinquantaine pour la société maussanaise.

Accentuer la différence

"Le 1er octobre, nous lançons en GMS la nouvelle identité de Jean Martin, explique Lambert de Noyelle. La marque, la qualité des produits et leur supériorité gustative sont reconnues dans le sud-est de la France, mais un décalage s’est instauré entre cette perception et sa capacité à se différencier en rayon. Nous avons donc planché sur le meilleur moyen de l’exprimer pour accroître sa visibilité et sa notoriété". L’analyse a été poussée très loin : "Nous avons retravaillé des recettes historiques pour les rendre encore meilleures".

Les spécialités conçues par Jean Martin bénéficieront cet automne d’un emballage à l’identité revisitée — Photo : Ian HANNING/REA

Doubler les ventes

La logique de fonctionnement en circuits aussi courts que possible sécurise ses approvisionnements. "En aubergines et courgettes, le sourcing est 100 % provençal", glisse le dirigeant, en admettant le besoin "de progrès à accomplir sur les filières et notre communication sur cette traçabilité".

Également en perspective, un redéploiement de la stratégie digitale, des animations en magasins… L’idée est vraiment de "focaliser sur la GMS pour faire de Jean Martin la marque premium du rayon conserves". La Provence sera davantage ciblée, "même si notre ratatouille a du potentiel partout en France". Pour Lambert de Noyelle, l’usine de Tarascon, datant de 2009, peut absorber la montée en puissance. "Elle tourne en 1x8 et des recrutements sont en cours, ajoute-t-il. À trois à cinq ans, nous voulons doubler le volume de ventes de produits à marque Jean Martin. C’est ambitieux mais atteignable. Je porte un héritage que j’entends transmettre longtemps".

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