Le bail avait été signé il y a deux ans pour créer une usine à Apt dans le Vaucluse, mais ce n’est que récemment que le dirigeant du projet Fenix Evolution a pu boucler le financement de l’investissement industriel. Au total : 17,8 millions d’euros levés pour acheter une friche de 11 000 m², la transformer en usine, l’équiper et lancer l’activité, "après cinq ans de combats", révèle Samuel Marc, qui a fondé l’entreprise en 2020. Pour lui, "c’est un miracle arraché à force de persévérance", parce que "chaque euro pour l’industrie est un combat".
Une quinzaine d’investisseurs
Si Samuel Marc a réussi, c’est parce qu’il a réussi à convaincre une quinzaine d’investisseurs, Sud Invest Paca, le family office Clery, les acteurs publics que sont l’État à travers France 2030, Bpifrance, la Région Sud, et sa banque que son "marché cible offre du potentiel."
Ce marché est celui de l’industrie agroalimentaire, à qui il proposera des ingrédients naturels, des jus, concentrés, arômes, extraits de polyphénols et colorants naturels, obtenus à partir de fruits et légumes déclassés.
"Nous allons valoriser tout ce qui peut l’être et tirer profit de notre position géographique"
Près de 350 000 tonnes de ces fruits et légumes sont jetés, chaque année, rien qu’en région Paca. Non seulement, son usine permettra de lutter contre le gaspillage alimentaire, mais en plus, elle offrira un nouveau débouché aux agriculteurs de la région, avec une capacité d’achat que l’entrepreneur estime entre 8 à 10 millions d’euros par an, soit 15 000 à 30 000 tonnes de fruits et légumes, frais et secs.
Une souveraineté retrouvée
Alors que les industries agroalimentaires sont devenues fortement dépendantes d’entreprises étrangères, Fenix Evolution leur propose de retrouver un peu de leur souveraineté. "En utilisant une matière première déclassée, en s’affranchissant des coûts de transport, des barrières douanières, en réduisant l’empreinte carbone, nous avons mis au point un modèle compétitif, capable de concurrencer le modèle de pensée établi. Nous sommes partis de zéro, en mode start-up, pour relocaliser une activité", explique le chef d’entreprise.
Jusqu’à 90 emplois créés
Le premier coup de pioche est attendu pour la fin d’année 2025 jusqu’à l’installation des machines prévue au dernier trimestre 2026. "Début 2027, nous lancerons la production avec 30 emplois créés", promet le dirigeant qui prévoit de compter jusqu’à 90 collaborateurs sur son site d’Apt.
Sortiront de cette usine des produits destinés aux marchés des boissons, des préparations sucrées, de la confiserie, de la nutrition et des applications colorantes naturelles, mais aussi des fertilisants pour les sols. "Nous allons valoriser tout ce qui peut l’être et tirer profit de notre position géographique", confie Samuel Marc. Située en Vaucluse, la future usine sera certifiée FSSC 22000 et bio, garantissant la sécurité alimentaire, la qualité constante des lots et la traçabilité complète du champ jusqu’à l’ingrédient. Elle sera proche de nombreuses productions fruitières (pomme de Sisteron, melon de Cavaillon, pêche et poire de Nîmes), comme des transformateurs. Avec déjà de nombreuses marques d’intérêt, le dirigeant vise les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2027 : "Nous serons les seuls à faire ça en France !"