Mayenne
Alors que son marché des vinyles s’enraye, le groupe mayennais MPO placé en redressement judiciaire
Mayenne # Industrie # ETI

Alors que son marché des vinyles s’enraye, le groupe mayennais MPO placé en redressement judiciaire

S'abonner

Le groupe mayennais est l’un des leaders mondiaux de la production de vinyles et de CD. Mais face à l’armada américaine, MPO a pâti du retrait de son principal client. Une procédure collective a été ouverte pour tenter de sauver l’entreprise. Une restructuration avait déjà été engagée.

MPO, en Mayenne, produit des disques vinyles et optiques, tout en développant une activité packaging — Photo : MPO

Cela ne tourne plus vraiment rond pour les vinyles de MPO France. L’industriel mayennais a été confronté à une baisse de commandes significative de son client le plus important en 2024. Le groupe y exportait environ 60 % de ses disques. En conséquence, "il a fallu être réactif", commente Loïc de Poix, président du conseil de surveillance.

Un redressement judiciaire pour MPO France

Le tribunal de commerce de Nantes a ouvert une procédure de redressement judiciaire le 19 décembre. Seule l’entité MPO France (400 salariés) est concernée par cette procédure collective. Le groupe possède également un site à Madrid de 110 salariés.

Pour renouer avec l’équilibre, l’entreprise compte sur un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), allant se traduire par la suppression d’une quarantaine de postes.

Les postes de production pas concernés

Loïc de Poix veut voir le verre à moitié plein : "Cela ne concernera pas les postes en production, mais plutôt dans les structures. Nous avions notamment investi dans les ERP (logiciel de gestion, NDLR) et MES (logiciel de pilotage de la production, NDLR) pour connecter toutes nos machines aux prises et suivi des commandes. Donc, certains postes ne sont malheureusement plus essentiels." Des personnes dans le management et l’encadrement seront également concernées. "Pour gagner en productivité, nous allons aussi regrouper des activités", indique le dirigeant, alors que l’ancien site d’Averton à quelques kilomètres de l’usine et siège de Villaines-la-Juhel est en pleine restructuration.

La confiance au-delà des chiffres

Touché par une lente érosion ces dernières années, le chiffre d’affaires devrait cette année régresser plus significativement "de 70 millions à 60 millions d’euros". Il était de 80 millions il y a cinq ans. Là encore, le dirigeant souhaite relativiser. "La plupart de nos clients nous donnent encore leur confiance, et la qualité de nos services est toujours reconnue, ce qui nous permet encore de nous réorganiser pour nous adapter. Le vinyle n’est pas encore un marché en guerre, puisqu’on estime que les ventes vont encore progresser de 4 % à 5 % pendant cinq ans. Et les Japonais ont beaucoup investi dans la fabrication de lecteurs, de supports, ce qui va pousser le marché."

La restructuration déjà enclenchée

Le groupe MPO, toujours détenu aux deux tiers par la famille fondatrice, est par ailleurs accompagné par le cabinet de transition parisien Taroko depuis 2023. "C’est une phase de transition avant de choisir un futur directeur opérationnel, le temps de notre réorganisation. Nous savions que nous étions sur des marchés baissiers", affirme Loïc de Poix. "Ces dernières années, on s’est attaché à retrouver une meilleure rentabilité. L’objectif aussi est de maintenir une activité et des emplois pour les gens du coin", un secteur très rural, nous indiquait en mars 2024 le PDG. Qui insiste encore aujourd’hui : "Nous continuons à innover, dans le vinyle comme dans le packaging, avec de nouvelles matières premières plus écologiques qui séduisent les clients". Le groupe est positionné sur "un trépied" avec les activités de production de vinyles et autres supports de données (CD et DVD notamment), la distribution et le packaging qui poursuit sa progression de son côté.

Mayenne # Industrie # ETI # Procédure collective # Suppressions d'emplois