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Verney-Carron intègre la "réserve industrielle de défense" et abandonne son projet de nouvelle usine
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Verney-Carron intègre la "réserve industrielle de défense" et abandonne son projet de nouvelle usine

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L’armurier stéphanois Verney-Carron, filiale de Cybergun, vient de signer une convention de partenariat avec la DGA et l’Armée de Terre destinée à former les 12 premiers "réservistes industriels de défense" qui viendront renforcer les chaînes de production de l’industrie d’armement française si les besoins en armes et munitions s’en faisaient sentir.

Signature de la convention entre l’Armée de Terre, le délégué général à l’armement Emmanuel Chiva (au centre) et le PDG de Cybergun Hugo Brugière — Photo : Gilles Cayuela

C’est une première en France ! Verney-Carron est la première PME de l’Hexagone à intégrer la réserve industrielle de défense (RID). Repris à l’été 2022 par le groupe Cybergun (42,7 M€ de CA en 2023), l’armurier stéphanois a signé, le 17 juillet, une convention de partenariat avec la Direction générale de l’armement (DGA) et l’Armée de Terre, destinée à enrichir Cette RID.

Renforcer les chaînes de production

Créé par la DGA, ce nouveau dispositif a pour objectif de renforcer les chaînes de production de l’industrie d’armement si le besoin s’en faisait sentir. L’idée étant de se doter, des ressources humaines nécessaires pour être prêt à soutenir un éventuel effort de guerre.

"L’idée est de pouvoir répondre en cas de besoin à de futures commandes en masse", expose le délégué général pour l’armement Emmanuel Chiva. "La crise en Nouvelle-Calédonie, qui a provoqué une forte demande de production de flash-balls et de munitions aurait typiquement pu faire partie des missions de la réserve industrielle de défense", illustre Hugo Brugière, le PDG de Cybergun.

3 000 réservistes en 2030

D’ici à 2030, 3 000 volontaires devraient donc intégrer le vivier de réservistes industriels de défense pour être déployés, le cas échéant, chez les industriels de la base industrielle et technologique de défense (BITD), composé à ce jour de 4 000 sociétés.

Dans ce cadre, 12 premiers volontaires, âgés de 19 à 65 ans, se sont engagés à suivre 10 jours de formation par an au sein des ateliers de Verney-Carron (environ 75 salariés) pour, en cas d’activation de la RID, être prêts à venir garnir les chaînes de production de l’armurier stéphanois. "L’objectif est d’arriver à terme à former une trentaine de réservistes dans nos ateliers", précise Hugo Brugière, qui voit dans ce rapprochement avec la DGA "une belle reconnaissance". Sentiment confirmé par Emmanuel Chiva qui estime que : "Cybergun et Verney-Carron sont un outil industriel précieux pour la France".

Le projet de nouvelle usine abandonné

Un outil industriel qui contrairement à ce qui avait été annoncé en décembre 2022 ne bénéficiera pas d’une nouvelle usine. "On avait identifié un site mais il est pollué. On va donc partir pour le moment sur une restructuration en deux phases du site actuel de Verney-Carron", nous a confié Hugo Brugière.

À l’origine, le PDG de Cybergun avait annoncé un investissement de 20 millions d’euros sur cinq ans pour accélérer le développement du département Défense et Sécurité de Verney-Carron, aujourd’hui commercialisé sous la marque Lebel. "Nous avons déjà investi 7 millions d’euros dans le stock, le désendettement de la société, ainsi que dans quelques recrutements, de nouvelles machines et le développement de nouveaux produits", explique le dirigeant. Et d’ajouter : "Aujourd’hui, l’usine est très mal organisée et agencée mais en travaillant différemment nous avons avec les 7 000 m² de l’usine actuelle de quoi produire jusqu’à 100 000 armes par an. Cela devait suffire pour les quelques années à venir", indique le PDG de Cybergun, qui vient d’officialiser la cession de son pôle d’activité civil (21,3 M€ de CA en 2023) à son distributeur Evike.

Le paiement de cette cession sur une base de valorisation "supérieure à 10 millions d’euros" s’étalera sur trois ans. Il permettra de soutenir le plan de développement du pôle militaire de Cybergun (21,4 M€ de CA en 2023) dont le stéphanois Verney-Carron fait partie.

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