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L’avenir de Verney-Carron toujours en suspens
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L’avenir de Verney-Carron toujours en suspens

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Prévue initialement le 9 avril, l’audience de l’armurier stéphanois Verney-Carron devant le tribunal de commerce a été reportée au 23 avril. L’actionnaire majoritaire, le groupe Cybergun a deux semaines pour assurer le projet de plan de continuation du plus ancien fabricant d’armes français.

À droite, le PDG de Cybergun, Hugo Brugière, lors de la signature d’une convention avec l’Armée de Terre et le délégué général à l’armement Emmanuel Chiva (au centre) portant sur l’intégration de Verney-Carron à la réserve industrielle de Défense — Photo : Gilles Cayuela

La soixantaine de salariés que compte le stéphanois Verney-Carron (4 M€ de CA en 2024) va devoir encore patienter deux semaines pour connaître son sort. Initialement prévue le 9 avril, l’audience de procédure collective du plus ancien manufacturier d’armes français, en redressement judiciaire depuis le 12 février, a été reportée au 23 avril. Un report occasionné par l’absence de représentant du parquet de Saint-Etienne.

Vers un plan de cession ?

À cette date, si le projet de plan de redressement par continuation n’aboutit pas, "il y aura peut-être le lancement d’un appel d’offres en vue d’un plan de cession", a indiqué le représentant des salariés Rémi Dafaut. Une information confirmée par l’actionnaire majoritaire de la PME stéphanoise, le groupe Cybergun.

"La direction de la société, en concertation avec l’administrateur judiciaire et afin de permettre une poursuite d’activité, a ouvert la voie à la mise en œuvre d’un plan de cession en cas d’incapacité à présenter un plan de redressement par voie de continuation. Cette solution, clairement défavorable pour l’intégralité des parties prenantes, salariés, fournisseurs, clients, pouvoirs publics et actionnaires, ne peut à ce jour être exclue", explique un communiqué daté du 9 avril.

4,5 millions d’euros à trouver

L’actionnaire, qui travaille toujours à la finalisation du volet financier du plan de continuation, rappelle que "le besoin est aujourd’hui estimé à 4,5 millions d’euros".

Le PDG de Cybergun, qui a sollicité un prêt de 4,5 millions d’euros auprès de l’État dans le cadre du Fonds pour le développement économique et social (FDES), n’a toujours pas obtenu de retour favorable de Bercy.

Mais "le dialogue récemment engagé se poursuit avec les services compétents du ministère de l’Économie et des Finances", précise le communiqué.

Bien qu’appuyé dans sa démarche par la Délégation Générale pour l’Armement, la Direction de l’Industrie de Défense et le ministère des Armées "afin de trouver le véhicule de financement complémentaire", le dossier n’avance pas.

Un engagement fort de la Ville

"À ce jour, plusieurs pistes sont à l’étude sans qu’aucune ne se dégage et n’apporte donc une certitude sur la capacité à finaliser le plan de financement", précise Cybergun.

Seule bonne nouvelle, Verney-Carron aura le soutien de la Ville de Saint-Etienne. Lors du dernier conseil municipal, les élus ont voté favorablement une délibération portant sur l’acquisition des locaux de l’entreprise pour un montant de 2 millions d’euros. Montant qui permettra de couvrir à lui seul la moitié des besoins en financement de Verney-Carron. Reste à l’actionnaire à trouver la moitié manquante pour assurer la restructuration financière de Verney-Carron, condition sine qua non, à sa possible reprise par un acteur mondial du petit calibre, qui pourrait être le groupe belge FN Browning (3 000 collaborateurs, 908 M€ de CA), qui se serait montré intéressé, selon plusieurs sources concordantes.

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