L’usine angevine d’Atos va rester sous pavillon français. Le groupe Atos 10 Md€ de CA, 82 000 salariés), spécialisé dans le cloud, la cybersécurité et les supercalculateurs, a en effet accepté la proposition de l’État français pour la reprise de l’activité dite "Advanced computing", dédiée à la conception et la fabrication de serveurs de haute performance et de supercalculateurs. "Des technologies critiques dont les applications au profit de la Défense et de l’industrie française sont essentielles pour notre souveraineté ", indique le ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique dans un communiqué.
800 millions d’euros de chiffre d’affaires attendu en 2025
L’activité " Advanced computing " d’Atos regroupe plus de 2 500 personnes, pour la majorité en France, dont les quelque 250 qui travaillent sur le site d’Angers du groupe, où l’on produit des supercalculateurs, essentiellement pour des clients européens. Au total, cette activité, qui rassemble les divisions Calcul Haute Performance (HPC) & Quantique ainsi que les divisions Business Computing & Intelligence Artificielle, devrait enregistrer en 2025 un chiffre d’affaires attendu d’environ 800 millions d’euros.
L’accord sera signé dans les prochaines semaines et la transaction sera close en 2026. "Je me réjouis de l’acceptation par Atos de cette offre ferme qui est une avancée importante pour la sécurisation de l’activité stratégique des supercalculateurs, déclare Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il est du rôle de l’État, lorsque cela se justifie, d’assurer la pérennité et le développement des activités industrielles les plus stratégiques."
Un périmètre plus restreint
Dans cette opération, l’État s’engage pour une valeur d’entreprise de 410 millions d’euros. Pour aboutir à cet accord, un audit a été mené par l’Agence des participations de l’État (APE). À l’issue de cet audit, le choix a été fait de limiter le périmètre d’acquisition de l’État, qui ne reprendra pas l’activité Vision AI, comme il l’avait envisagé en premier lieu. Cette branche travaille sur les solutions d’analyse vidéo enrichies par l’IA pour la sûreté et la sécurité (détection de bagage abandonné, gestion des foules, inspection qualité dans l’industrie…). Basée au Royaume-Uni, celle-ci sera intégrée à Eviden, entreprise du groupe Atos spécialisée dans le numérique, les big datas et la cybersécurité, où elle constituera une nouvelle division.
À Angers, où Atos est installé depuis 2014 dans une partie de l’ancien site de Bull, dans le quartier de Belle-Beille, une nouvelle usine de 20 000 mètres carrés est actuellement en construction pour un investissement total d’environ 80 millions d’euros. La première phase du projet s’achèvera dans les prochaines semaines et la production y sera lancée en fin d’année 2025.