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Une plateforme Danone-Michelin pour accélérer l’industrialisation de matériaux issus de la fermentation
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Une plateforme Danone-Michelin pour accélérer l’industrialisation de matériaux issus de la fermentation

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Déjà engagé dans plusieurs projets collaboratifs d’économie circulaire, Michelin va prochainement inaugurer à Clermont-Ferrand un nouveau site de 6 000 m2 où industriels et start-up pourront venir préparer le passage à l’échelle préindustrielle de produits et procédés innovants de fermentation.

Jean-Philippe Ollier, directeur de la transformation du Parc Cataroux : "L’offre de services de la plateforme permet d’aller plus vite, avec des investissements et des risques limités" — Photo : DR

Brique par brique, Michelin (28,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en 2023 ; plus de 132 000 salariés dans le monde) construit un écosystème pour l’industrie durable sur son site de Cataroux, son lieu historique de production qui a employé jusqu’à 8 000 personnes à la grande époque.

Dernière brique en date, Biotech Open Platform, une plateforme de services pour développer à plus grande échelle des processus de fermentation de précision pour la production de matériaux et ingrédients biosourcés. Danone, la start-up américaine DMC Biotechnologies et Crédit Agricole Centre France se sont joints à l’aventure.

Colles et pneus durables

La fermentation de précision est une technologie de pointe qui utilise des micro-organismes, tels que des bactéries, des levures ou des champignons, pour produire des protéines, des enzymes et d’autres molécules utilisables dans l’industrie.

Michelin s’y intéresse pour la fabrication de ses pneus avec l’objectif d’utiliser 50 % de matériaux biosourcés et recyclés d'ici à 2050 (30 % à ce jour). La marque au bibendum compte également travailler sur l’industrialisation des colles biosourcées de sa filiale Resicare. Tandis que le groupe Danone veut y élaborer de nouvelles recettes sur l’axe nutrition santé.

Plus de 16 millions d’investissements

Doté d’une enveloppe d’investissement de plus de 16 millions d’euros pour sa première phase, la Biotech Open Platform de 6 000 m2 est hébergée au sein du Centre des Matériaux Durables, lui-même installé au sein du Parc Cataroux, progressivement converti en accélérateur d’innovations pour l’industrie durable. Elle devrait démarrer son activité fin 2025, avec l’installation d’une première ligne de fabrication à échelle démonstrateur et compter une trentaine de salariés en 2026.

"La plateforme, est avant tout un lieu ouvert qui vise à attirer d’autres entreprises", insiste Jean-Philippe Ollier, directeur de la transformation du parc Cataroux. L’idée est d’accueillir d’autres entreprises confrontées à des enjeux de montée en échelle dans le secteur de la fermentation industrielle. "Elles seront nos clients et la propriété intellectuelle de leurs travaux leur appartiendra", souligne-t-il.

Bénéficier de l'expérience des projets de démonstrateurs industriels

Outre l’usage des équipements mis à disposition, ces entreprises pourront s’appuyer sur l’expertise de la start-up américaine DMC Technologies spécialisée dans les outils et méthodes pour accélérer la fermentation ainsi que de l’accompagnement du Village de l’innovation by CA. Elles pourront aussi bénéficier de l’expérience issue des projets de démonstrateurs industriels de la cleantech Carbios, spécialiste du biorecyclage des PET et de la start-up strasbourgeoise Bobine, porteuse d’une innovation de rupture dans le recyclage des plastiques.

À côté de cette "vallée des matériaux durables", le Parc Cataroux abrite également la Manufacture des Talents et Hall 32, dédiés à la formation innovante et à la réorientation professionnelle.

"L’offre de services de la plateforme permet d’aller plus vite, avec des investissements et des risques limités", affirme le directeur de la transformation du parc Cataroux. Un risque encadré grâce au lien établi, au sein de ce nouvel écosystème, entre le monde des matériaux innovants et celui de l’industrie. "La phase d’industrialisation d’une innovation déjà validée est toujours délicate. Il s’agit de passer d’essais industriels au litre à une dizaine de mètres cubes produits par un démonstrateur", explique Jean-Philippe Ollier.

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