Dans un contexte économique jugé " fortement instable ", le groupe Michelin (26 Md€ de CA en 2025 ; 129 500 salariés dans le monde) annonce un projet de réduction de ses effectifs en France où il emploie 17 000 personnes. Présenté jeudi 28 mai 2026 aux représentants du personnel et aux organisations syndicales, le dispositif pourrait concerner jusqu’à 1 500 postes sur une période de trois ans, exclusivement sur la base de départs volontaires.
Le groupe justifie cette réorganisation par la nécessité d’améliorer durablement sa compétitivité. Dans son communiqué, le manufacturier évoque "une concurrence internationale accrue, des tensions macroéconomiques persistantes ainsi qu’un environnement français marqué par des coûts de production élevés, notamment liés au travail, à l’énergie et à la fiscalité".
Réduire les coûts
L’objectif affiché est double : réduire une structure de coûts jugée " trop élevée " et accompagner la transformation des métiers. Les deux tiers des postes concernés seraient situés dans les fonctions tertiaires, le tiers restant dans les activités industrielles.
Pour mener cette transition, Michelin, qui a connu une baisse de plus de 5 % de sa croissance au premier trimestre 2026, prévoit d’ouvrir des négociations autour d’un accord de Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP), complété par des accords annuels de Rupture Conventionnelle Collective (RCC). Le groupe va proposer un accompagnement individualisé, avec des solutions de mobilité interne, de reconversion ou de formation vers " des métiers d’avenir ".
Pivot vers les matériaux durables
Cette annonce intervient alors que Michelin poursuit depuis plusieurs années une stratégie de transformation de son modèle industriel et technologique. Historiquement centré sur le pneumatique, le groupe accélère son développement dans les matériaux composites, les solutions connectées et les activités à plus forte valeur ajoutée. Une évolution qui modifie progressivement les besoins en compétences. Au cœur de cette transformation, le Centre des Matériaux Durables où le groupe accompagne des start-up porteuses de solutions de recyclage des matériaux pétrosourcés comme Syntetica pour le nylon ou Carbios avec le PET.
Le manufacturier veut rassurer sur son ancrage hexagonal. La France demeure, selon lui, " au cœur du groupe ", avec près de 17 000 salariés, 13 sites industriels et son centre mondial de recherche et développement implanté à Clermont-Ferrand. Michelin souligne avoir investi 4 milliards d’euros en France depuis 2016.
Sur le terrain social, cette annonce risque néanmoins de raviver les inquiétudes syndicales dans un secteur industriel déjà confronté à des restructurations récurrentes. Pour rappel, en mars 2025, les usines de Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan) ont été fermées, avec un plan social d’entreprise incluant 1 254 salariés.