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Les ETI françaises font de l’énergie un enjeu stratégique
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Les ETI françaises font de l’énergie un enjeu stratégique

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Une enquête conduite par le METI et Engie révèle que les entreprises de taille intermédiaires françaises ont depuis 2022 intégré la fourniture d’énergie au cœur de leur modèle d’affaires. Une conscientisation de leur dépendance énergétique qui va de pair avec la mise en œuvre d’une stratégie de décarbonisation de leur activité.

Les ETI intègrent désormais l'énergie comme un véritable enjeu stratégique — Photo : pdm - stock.adobe.com

Grâce à 2022, 2026 est moins douloureuse pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises qui ont su s’adapter à la crise actuelle du marché pétrolier et à l’envolée des prix. C’est l’enseignement majeur d’une enquête conduite par le METI et Engie en février dernier auprès de 1 500 dirigeants d’ETI, dont près de la moitié issue de l’industrie (enquête conduite conjointement par le METI auprès de 1 200 dirigeants d’ETI adhérentes et ENGIE auprès de 300 dirigeants d’ETI clientes sur la base d’un questionnaire commun).

Un tournant durable

Au lendemain de la mobilisation générale décrétée par Emmanuel Macron pour l’électrification de la France, l’observatoire des attentes et priorités des ETI en matière d’énergie brosse un état des lieux rassurant.

L’enquête du METI et d’Engie montre que la crise énergétique de 2022 liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a marqué un tournant durable pour trois quarts des dirigeants interrogés. La volatilité des prix et les tensions sur l’approvisionnement de l’époque ont agi comme un révélateur, et les ETI intègrent désormais l’énergie non plus comme un simple poste de coût, mais comme un véritable enjeu stratégique, au cœur de leurs décisions industrielles, financières et environnementales. Bref un levier majeur de compétitivité.

Impact sur la compétitivité

"Les ETI ont pris conscience de leur exposition aux marchés de l’énergie et de l’impact direct de ces derniers sur leur compétitivité, leur capacité d’investissement et, parfois, leur continuité d’activité", stipule l’étude qui note que "cette période a accéléré la montée en compétences des instances dirigeantes sur les sujets énergétiques. Les arbitrages sont devenus plus fins, le dialogue avec les fournisseurs s’est intensifié, et l’énergie est désormais intégrée à la stratégie globale de l’entreprise".

Sobriété énergétique

L’enquête du METI et d’Engie met également en évidence la trajectoire de décarbonation des ETI qui ont entamé dans leur très grande majorité (91 %) une démarche de sobriété énergétique, de pilotage des consommations, de mobilité électrique ou d’autoconsommation photovoltaïque. "Efficacité énergétique, évolution des mix de consommation, électrification progressive des usages ou intégration d’énergies renouvelables : les ETI avancent avec méthode, en cherchant à concilier performance économique et réduction de leur empreinte carbone", souligne l’enquête qui constate que si "la crise de 2022 n’a pas créé ce mouvement, elle en a été un accélérateur puissant, en renforçant et en structurant des trajectoires déjà engagées".

L’après ARENH

Cette prise de conscience énergétique des ETI se déroule dans un environnement réglementaire contraint avec la remise à plat du mécanisme de L’ARENH. L’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) avait été créé en 2010 dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité en France. Objectif : partager la " rente nucléaire " entre tous les consommateurs d’électricité, EDF devant vendre une partie de sa production d’électricité nucléaire – 100 TWh – au tarif fixe de 42 €/MWh aux fournisseurs alternatifs et aux industriels. Le mécanisme de l’ARENH permettait ainsi aux entreprises d’acheter une large part de leur électricité à un prix régulé et connu à l’avance. À la clef, stabilité et visibilité sur la facture, quel que soit le prix de marché. Ce dispositif a pris fin le 1er janvier 2026 remplacé par le Versement nucléaire universel (VNU), un mécanisme très différent qui marque la fin du prix administré. Avec le VNU, si les revenus d’EDF issus de la vente d’électricité nucléaire dépassent un seuil considéré comme excessif, la différence sera en partie reversée aux consommatrices et consommateurs.

Le VNU ne s’active donc que lorsque les prix sont très élevés, et l’enquête du METI et d’Engie met en évidence une exposition accrue des entreprises aux mécanismes de marché, avec une grande part d’incertitude. Dans ce contexte, près de 90 % des dirigeants interrogés déclarent ne pas se sentir pleinement informés du dispositif post-ARENH, et expriment un besoin fort de lisibilité et d’accompagnement. Au total 40 % des ETI estiment d’ailleurs que ces changements représentent un risque pour leur modèle d’affaire.

Nouvelle donne contractuelle

Cette attente de prise en charge s’exprime également à l’égard des fournisseurs d’énergie, dont les ETI "souhaitent un rôle qui dépasse la simple fourniture" souligne l’enquête. Ainsi 75 % des ETI interrogées "estiment que leurs fournisseurs devraient les aider à simplifier l’énergie, en apportant lisibilité, pédagogie, accompagnement et capacité d’innovation", poursuit l’enquête, et la quasi-totalité réclame la mise en place de contrat de fourniture d’énergie pouvant aller jusqu’à 5 ans, soit un engagement sur le moyen terme de leur fournisseur, compatible avec ce besoin de stabilité et visibilité nécessaire aux investissements à engager pour décarboner les systèmes industriels.

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