ResiCare (une cinquantaine de salariés), la filiale de chimie de spécialité du groupe Michelin (plus de 27 Md€ de CA en 2024, 129 800 salariés dans le monde), devrait dévoiler début 2026 où sera implanté son démonstrateur DragonFly, qui abritera la production d’une nouvelle molécule biosourcée pour les colles et résines.
Une nouvelle étape du programme éponyme, entamé en janvier 2025, représentant un investissement de 44,7 millions d’euros dont 19,7 millions d’euros issus de subventions et d’avances remboursables, financés dans le cadre de France 2030 avec le soutien de l’Ademe. Le projet court sur soixante mois et vise un " déploiement industriel " d’ici à 2029. Il est le fruit d’une collaboration avec plusieurs partenaires académiques dont le CNRS, l’NRAE, l’INSA et Toulouse INP.
Pilote validé chez ARD
Le passage à l’échelle a été validé chez l’expert en biotechnologies industrielles ARD à Pomacle (Marne) dont les fermenteurs ont déjà produit les premières tonnes de la molécule. La future installation, qui réutilisera des équipements existants, devrait produire 400 tonnes par an de ce nouveau composé biosourcé par an.
DragonFly est une variante biotechnologique du programme Cerisea, qui a débouché sur la construction d’une unité de démonstration de 5-HMF sur la plateforme de Roussillon (Isère), une molécule biosourcée et non toxique, issue du fructose, capable de remplacer les dérivés fossiles dans les résines pour la construction, les transports, la cosmétique ou l’électronique.
Comme Cerisea, DragonFly vise à développer des molécules destinées à se substituer aux composés nocifs présents dans les colles thermodurcissables pétrosourcées. Mais si la synthèse de 5-HMF, un composé organique issu de la déshydratation de certains sucres, emprunte une voie chimique, DragonFly utilise, elle, la fermentation de substrats non alimentaires.