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Guerbet investit plus de 7 millions d’euros pour réduire ses émissions de CO2
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Guerbet investit plus de 7 millions d’euros pour réduire ses émissions de CO2

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Guerbet, le groupe spécialiste des produits de contraste pour l’imagerie médicale a officiellement lancé son projet de construction d’un évapo-concentrateur sur son site lorientais. Il espère ainsi économiser 3 700 tonnes de CO2 par an, soit 25 % de ses objectifs globaux de réduction de gaz à effet de serre.

Le groupe Guerbet, basé à Villepinte en Île-de-France, a lancé officiellement son nouveau projet industriel sur son site morbihannais, en présence du préfet du Morbihan, Michaël Galy et de Vincent Testaud, directeur de l'usine de Lanester. — Photo : Gaelle Lucas

L’usine de Guerbet à Lanester (Morbihan) va subir une transformation de taille. D’ici deux ans, elle accueillera sur son site un "évapo-concentrateur". Il faut imaginer une "grande colonne de distillation de 12 mètres de haut au sein d’un bâtiment de 14 mètres", décrit Gwendal Michelot, responsable du développement industriel chimique du groupe pharmaceutique français. Ou encore "un grand cylindre doté d’un agitateur", selon la version de Hiba Aouled Mehmed, cheffe du projet.

Réduction de l’impact des gaz à effet de serre

Début décembre 2025, le groupe basé à Villepinte (Seine-Saint-Denis), qui réalise 841 millions en 2024, a lancé officiellement ce projet sur son site morbihannais, en présence du préfet du Morbihan, Michaël Galy. Un an d’études est prévu avant la construction, pour une livraison en novembre 2027.

C’est là un pas de plus dans la stratégie de réduction d’impact environnemental de Guerbet qui, sur son site de Lanester, a déjà mis en place, ces dernières années, une politique de réutilisation des eaux usées pour limiter sa consommation d’eau, dans le cadre du programme Ecod’O.

Système de récupération et réutilisation de l’eau et de l’éthanol

Concrètement, à quoi va servir le futur évapo-concentrateur au sein de l’usine qui fabrique des produits de contraste pour l’imagerie médicale ?

L’entreprise en attend plusieurs bienfaits. D’abord, en faisant bouillir les effluents issus de la production, qui contiennent "des solvants organiques, du sel et de l’eau", précise Gwendal Michelot, l’entreprise pourra récupérer de l’eau et de l’éthanol par évaporation. À horizon 2028 ou 2029, ces éléments seront réutilisés sur site. En attendant, le groupe "est actuellement en recherche de partenaires" susceptibles de racheter cet éthanol, précise Gwendal Michelot.

Réduire les effluents à incinérer

Ensuite, le processus d’évaporation permettra de réduire d’un tiers les volumes d’effluents à incinérer, et de réduire de 20 tonnes les pertes d’iode issues de ce processus. "On en recycle déjà 200 tonnes", précise Gwendal Michelot.

En tout, 3 700 tonnes de CO2 par an seront économisées, soit 25 % des ambitions de réduction de gaz à effet de serre (14 000 tonnes de CO2) de la multinationale française. Le nouvel équipement a par ailleurs la vertu d’être quasiment autonome en énergie : il fonctionnera en effet presque intégralement grâce à la chaleur fournie par l’incinérateur.

60 millions d’euros d’investissements en 10 ans

Sa mise en service entraînera la création de six nouveaux postes au sein de l’usine où travaillent 265 personnes. Les effectifs ont augmenté de 25 % ces sept dernières années.

L’investissement, de 7,2 millions d’euros, est financé par Guerbet, mais aussi, à hauteur de 2,3 millions d’euros par l’État, via le programme France 2030. Le retour sur investissement est attendu " dans sept ou huit ans ", estime Gwendal Michelot. Cet investissement vient appuyer la "volonté d’empreinte industrielle importante en France", du groupe, selon les mots du nouveau directeur du site, Vincent Testaud. En dix ans, Guerbet y a investi "60 millions d’euros et la production a doublé". Aujourd’hui, on n’est pas loin de la pleine capacité", ajoute Gwendal Michelot.

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