Fondé en 2020 à Saint-Paulien, à une dizaine de kilomètres du Puy-en-Velay (Haute-Loire), Greenfab commercialise depuis 2025 un nouveau produit destiné à l’isolation intérieure, sous la marque Valosense. Un produit unique ! "Nous sommes les premiers en France à fabriquer des panneaux isolants biosourcés en fibres de cartons 100 % recyclés", s’enthousiasme Sandro Campana, actionnaire fondateur de Greenfab.
Pour sa fabrication, elle s’appuie sur une matière première recyclée et biosourcée, fournie par le groupe de collecte de déchets Vacher, également actionnaire de Greenfab aux côtés des menuiseries Gauthier et de Graziella Osuna. "Au départ, nous voulions fabriquer de la ouate de cellulose à partir de journaux neufs invendus, mais compte tenu de la rareté de la ressource, nous avons opté pour le carton. Nous en récupérons 3 000 tonnes chaque année dans le centre de tri situé à neuf kilomètres de notre site de production", précise le dirigeant.
10 millions d’euros investis
Ce carton est broyé en gros confettis, puis défibré pour en faire une ouate. Ces fibres, mélangées à un liant selon une formule secrète, sont ensuite transformées en nappes d’isolant, puis cuites à 180 °C pour donner naissance à des panneaux semi-rigides.
Afin de bénéficier d’une chaîne de production entièrement intégrée, l’entreprise a investi 10 millions d’euros dans une usine flambant neuve de 4 600 m², opérationnelle depuis fin 2023. Le site dispose aujourd’hui d’une capacité de production de 4 600 panneaux par jour. "Il nous a fallu un an pour obtenir les certifications. Désormais, nous sommes crédités de labels reconnus et attendus par le secteur. Nous vendons nos produits via des négoces de matériaux et dans les grandes enseignes de bricolage", indique Sandro Campana, qui précise que Greenfab ne fait pas de vente directe.
Forte demande du biosourcé
L’entreprise est aujourd’hui dans sa phase de déploiement et cherche à gagner en visibilité dans un marché de l’isolation largement dominé par la laine de verre et de roche. "Le marché n’est pas saturé. Il est même porteur, puisque le nombre de passoires thermiques est estimé à environ 5,4 millions en France. Et le biosourcé connaît une belle dynamique. L’empreinte carbone des matériaux est de plus en plus scrutée", insiste le fondateur de Greenfab.
Ainsi, si ses produits coûtent en moyenne entre 15 et 20 % plus chers que les laines minérales, le dirigeant mise sur sa démarche résolument ancrée dans le développement durable. Greenfab promet une production sans eau, alimentée à 30 % par l’énergie solaire de sa toiture photovoltaïque de 4 000 mètres carrés.
Côté perspectives, la direction vise un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros en 2026, 4 millions d’euros en 2027. La PME emploie aujourd’hui 16 personnes, mais espère en recruter cinq nouvelles d’ici la fin de l’année. "Cela nous permettrait de passer en 2×8 et d’atteindre nos objectifs", conclut Sandro Campana.