Laval Agglomération a révélé le 20 mars 2025 le lauréat de son appel à manifestation d’intérêt pour construire et exploiter la plateforme bimodale rail-route. C’est Groupe Charles André (GCA) qui a été retenu. Le groupe de logistique drômois mènera un consortium avec trois groupes de transports locaux, deux mayennais et un breton. Bréger est basé à Laval, Coué à sa périphérie, à Bonchamp-lès-Laval. Lahaye est implanté à 70 kilomètres du site de la future plateforme, à Vern-sur-Seiche, au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine).
Un site de 26 hectares
Ce projet de plateforme rail-route à Saint-Berthevin, en périphérie ouest de Laval remonte à de nombreuses années. Sur un site bordé par l’autoroute A81 et la voie ferrée, la plateforme sera implantée en place de l’ancienne base de chantier Eiffage de 26,6 hectares qui a servi à la construction de la Ligne à Grande Vitesse Bretagne-Pays de la Loire. L’activité sera complémentaire à celle des acteurs déjà présents sur l’ancienne base LGV, Eiffage et la société Pigeon Granulats Loire Anjou ; la filiale du groupe Pigeon peut ainsi convoyer 1 500 tonnes de matériaux par train.
Le premier train au départ fin 2026
Le modèle opérationnel prévoit une montée en charge d’au moins trois trains hebdomadaires. L’objectif est d’organiser un trafic de 240 trains minimum en année pleine. Sachant qu’un convoi ferroviaire remplacera 45 camions sur les routes. Les premiers convois ferroviaires sont attendus d’ici la fin 2026.
Servir les industriels de Lyon à Rennes
L’exploitation de l’équipement sera dédiée en priorité à deux secteurs d’activité : la logistique automobile et le transport de marchandises destinées aux industriels locaux. La ligne de fret à laquelle sera connectée la plateforme bimodale relie Vénissieux, près de Lyon, à Rennes.
Plus de 16 millions d’euros investis
Les travaux pour aménager la plateforme rail-routes seront lancés en septembre 2025. Les investissements prévus s’élèvent entre 16 et 18 millions d’euros. Ils sont entièrement portés par les acteurs privés.
Dans la première version du projet en 2018, Laval Agglomération envisageait d’y consacrer dix millions d’euros. La collectivité a finalement choisi de déléguer l’entière responsabilité de la conception, de la construction, de l’exploitation et de la viabilité économique de la plateforme. Laval Agglomération a décidé de conserver la maîtrise du foncier. Un bail emphytéotique a été proposé au gestionnaire de la plateforme.
GCA, poids-lourd de la logistique
Fondé en 1907, GCA a tout au long de son histoire étendu ses activités en France et à l’étranger et dans différents secteurs. Certaines compétences lui valent en partie d’avoir été retenu pour la gestion de la plateforme lavalloise : la logistique automobile, la logistique industrielle et le transport multimodal dès les années soixante-dix. Basé à Montélimar, GCA a réalisé plus de 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023, et emploie plus de 10 000 collaborateurs dans une quinzaine de pays.
Une logique d’entreprise
Depuis la Mayenne, le groupe Coué TRM (250 salariés dont 200 chauffeurs, 47 M€ de CA cumulé ; chiffres 2022) et Groupe Bréger (plus de 900 collaborateurs, 172 M€ de CA en 2024) rayonnent avec des agences aux quatre coins de la France. Ce partenariat leur permet également d’abaisser leur empreinte carbone et de poursuivre la transformation de leur mix-énergétique.
Quant au groupe Lahaye (1 700 salariés dont 900 chauffeurs, 242 M€ de CA en 2022), il est déjà investi dans les combinés rail-routes, entre Rennes et Dourges, dans le nord de la France.
Les usines mayennaises servis en priorité
Mutualiser les flux entre différents acteurs logistiques va permettre de maximiser l’utilisation du rail et, par répercussion, de décongestionner certains axes routiers. Au-delà des quatre partenaires du consortium, d’autres entreprises de la région pourront profiter de l’équipement. Des châssis de véhicules utilitaires seront ainsi convoyés par train avant d’être livrés à Laval au carrossier industriel Gruau et à Mayenne au fabricant de camping-cars Rapido. Cela devrait représenter 70 % des chargements convoyés dans un premier temps. Le reste sera composé de remorques et conteneurs des entreprises de transport.
Réduction des émissions de gaz à effet
Au-delà des mécanismes de transferts routiers, la stratégie aura un impact environnemental notable. C’est l’équivalent de 12 000 poids lourds à l’année pour des trajets longs qui va disparaître des routes. Ce sont ainsi 10 000 tonnes de CO2 qui devraient être évitées chaque année, soit l’équivalent des émissions annuelles de plus de 4 500 voitures, vantent les partenaires.
De l’énergie renouvelable
Par ailleurs, un projet d’ombrières photovoltaïques sur huit hectares est en cours d’étude. Ces ombrières contribueront à protéger les véhicules stockés sur la plateforme, et à réduire l’empreinte carbone du site en produisant de l’électricité.