À Beaupréau-en-Mauges, le chantier du futur site industriel de l’entreprise Chauvat Portes, spécialisée dans la fabrication de portes d’intérieur, a débuté en janvier 2026 et devrait s’achever au cours de l’été 2027, pour une mise en service au premier trimestre 2028. Porté par la SEM Alter Eco, le projet, qui nécessite un investissement d’environ 40 millions d’euros, permettra de regrouper en un seul lieu les deux sites de production de l’entreprise. Concepteur et dirigeant ont souhaité réaliser cet outil industriel, dont la première pierre a été posée aujourd’hui, dans une logique environnementale.
Une réaffectation à la nature
À terme, Chauvat Portes (un peu plus de 40 M€ de CA, 140 collaborateurs) quittera son site historique des Cèdres, au cœur de la ville de Beaupréau-en-Mauges, pour rejoindre le second site industriel que l’entreprise occupe depuis 2001 dans la zone d’activité de la commune. De 23 000 mètres carrés dans cette zone, le fabricant de portes d’intérieur va passer à 46 000 carrés de surface, dont 32 500 m2 dédiés à la production.
Le projet de réunir les deux sites industriels de Chauvat Portes en un seul lieu a nécessité une longue réflexion. Lancé il y a 5 ans, il a été élaboré avec un fort souci environnemental. "Nous sommes allés au-delà de ce qui était exigé," indiquent Pierre-Yves Gendreau et Lionel Godard, codirigeants de Chauvat Portes qui ont repris en 2014 l’entreprise créée en 1950. L’enjeu était de taille : le site actuel de la société occupe déjà une parcelle de 54 000 mètres carrés, et il était impossible de doubler la superficie du bâtiment existant, d’une surface de 23 000 mètres carrés. L’entreprise a donc dû faire l’acquisition d’un terrain voisin d’à peine 10 hectares, et pour cela faire modifier le plan local d’urbanisme, afin de construire un nouveau bâtiment.
Sur cette parcelle accolée à la première, Chauvat Portes n’utilisera que 40 000 mètres carrés. "La moitié est réaffectée à la nature, indiquent les deux dirigeants de l’entreprise, avec un plan d’engagement courant sur 25 années et suivi par un écologue. Près de l’usine, les terres vont rester en pâture et exploitées par un agriculteur voisin."
Place à la biodiversité
Le nouveau bâtiment lui-même est prévu sur deux niveaux : l’usine sera en rez-de-chaussée et un sous-sol accueillera le parking et des zones de stockage, évitant ainsi quelque 5 000 mètres carrés de bitume sur l’ensemble pour garer les véhicules. Au préalable, des fouilles archéologiques ont été menées. "Des études environnementales ont aussi été effectuées sur la faune et la flore, soulignent Pierre-Yves Gendreau et Lionel Godard. Deux kilomètres de haies seront replantés, des nichoirs seront installés et tout est prévu pour que la biodiversité retrouve sa place." Vingt arbres de haute tige, chênes, merisiers, bouleaux et châtaigniers, seront également plantés.
Le nouveau bâtiment sera construit en béton formulé à émission de CO2 limitée, divisant par 3,5 l’empreinte carbone d’un béton traditionnel. La charpente sera en bois, une chaudière biomasse sera installée, utilisant les copeaux de bois générés par la production et des panneaux photovoltaïques devraient assurer l’autonomie électrique du site.
Avec ce nouvel équipement industriel, Chauvat Portes, qui fabrique environ 4 000 portes par jour, soit près de 900 000 par an, prévoit d’augmenter sa production pour passer à une fabrication quotidienne de 6 280 unités, produisant ainsi 280 000 portes supplémentaires chaque année. Avec l’objectif de dépasser les 60 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2030, tout en renforçant son effectif d’une trentaine de postes supplémentaires.