Sous l’impulsion de l’État et à l’issue d’un processus de mise en concurrence, le groupe de production d’électricité renouvelable CNR (Compagnie Nationale du Rhône) confie la gestion de ports fluviaux de Vienne Sud et Portes-lès-Valence à Rhône Modal Shift, consortium structuré autour du groupe logistique international Rhenus (détenant 51 % de la structure), de la CCI Nord Isère (20 %), de la CCI de la Drôme (20 %), et de la société Report Modal des CCI d’Auvergne-Rhône-Alpes (9 %).
En attribuant pour 25 ans l’exploitation de ces deux plateformes portuaires, CNR consolide les derniers maillons de la chaîne fluvio-portuaire reliant le bassin économique de Lyon au grand port maritime de Marseille-Fos. Une étape supplémentaire dans le renforcement de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS).
"Sur l’axe Méditerranée-Rhône-Saône, le chemin dessiné par l’État et ses partenaires est clair : développer l’offre de service en faveur des entreprises qui recherchent une chaîne logistique performante et décarbonée. L’arrivée de Rhône Modal Shift est une nouvelle étape en ce sens ainsi qu’un témoignage fort de l’attractivité de notre corridor pour le secteur économique", affirme Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Retirer 120 000 camions par an du réseau routier
En tant que concessionnaire de l’État pour 17 zones industrielles et portuaires positionnées tous les 20 kilomètres sur le Rhône, CNR (1 520 salariés) a initié en 2022 le processus de renouvellement des 4 sous-concessions des ports publics de fret : Lyon, Vienne Sud, Portes-lès-Valence et Arles.
Le renouvellement des sous-concessions portuaires est inspiré par la volonté de décarboner les transports et réindustrialiser cet axe logistique stratégique pour l’attractivité du quart sud-est du pays. CNR estime que le report d’une partie du fret vers les modes de transport fluvial et ferroviaire devrait permettre de retirer 120 000 camions par an du réseau routier dans la vallée du Rhône.
80 millions d’euros d’investissement
Les travaux de modernisation de ces 4 ports, contractualisés avec leurs nouveaux exploitants, représentent un investissement global de 80 millions d’euros. Une enveloppe cofinancée à hauteur de 10 millions d’euros pas l’État, de 14 millions d’euros par CNR, ainsi que par les consortiums du port Edouard Herriot (40 M€ investis par CMA Terminal Holding et ses partenaires), du port d'Arles (7 M€ investis notamment par NGE et la CCI du Pays d'Arles) et Rhône Modal Shift (montant d'investissement non communiqué).
Ces investissements sont adossés à des objectifs ambitieux de développement du fret, notamment par voie fluviale. À ce jour, le Rhône est équipé pour multiplier par quatre le volume de marchandises (3,5 millions de tonnes) qui transitent par bateau chaque année.
Moderniser les ports, dynamiser le trafic fluvial
Deuxième port fluvial rhodanien exploité par la CCI Nord Isère depuis 1984, le port public de Vienne Sud fait partie intégrante de la Zone Industrialo Portuaire INSPIRA, lauréate du dispositif " sites clés en main France 2030 " pour l’accueil de nouvelles entreprises. En 2024, le port de Vienne Sud a traité 115 000 tonnes de marchandises par voie fluviale et 137 000 tonnes par voie ferroviaire.
Le port fluvial de Portes-lès-Valence est, quant à lui, intégré dans une plateforme trimodale (route, fer, fleuve) de 45 hectares, qui a traité 80 000 tonnes de marchandises par voie d’eau et 171 000 tonnes par le réseau ferré en 2024.
Grâce à cet ambitieux plan d'investissement de 80 millions d'euros, l’objectif est de doubler le volume des marchandises transportées par voies fluviale et ferroviaire d’ici 2032.