Ce n’est pas un hasard si le groupe de production d’électricité renouvelable CNR (1 521 salariés ; 412 M€ de résultat net en 2024) a choisi la vallée de la Romanche pour installer sa nouvelle centrale hydroélectrique. Ce territoire au pied des montagnes est en effet le berceau historique de la houille blanche, où les premières centrales furent exploitées dès la fin du XIXe siècle. Le groupe lyonnais a donc inauguré ce matin cet important ouvrage situé sur le torrent de la Sarenne, sur les communes d’Huez, La Garde-en-Oisans et Le Bourg d’Oisans (Isère). Le fruit de trois ans et demi de travaux et d’un investissement de 50 millions d’euros, financés en fonds propres par CNR, la société étant elle-même détenue à 49,97 % par Engie. "Il s’agit de la quatrième centrale hydroélectrique sur notre territoire", explique Guy Verney, maire du Bourg d’Oisans et président de la communauté de communes de Bourg d’Oisans.
Une production énergétique au service du territoire
L’ouvrage, d’une hauteur de chute d’eau de 735 mètres est la première centrale de haute chute en dehors du fleuve Rhône pour CNR. Il a nécessité de creuser 3 660 mètres de galerie souterraine entre Huez et Bourg d’Oisans et devrait permettre de produire autour de 36 gigawattheures (GWh) par an, l’équivalent de la consommation de 16 000 habitants en électricité renouvelable. "Nous sommes un peu plus de 11 000 habitants au sein de la communauté de communes. Cette nouvelle centrale nous permet d’être autonomes", poursuit Guy Verney. "Aujourd’hui, l’énergie hydroélectrique apporte 70 % du budget de l’intercommunalité", poursuit le maire. "Cette activité est vraiment bénéfique pour tout notre territoire", poursuit-il. La centrale est exploitée par le fournisseur d’énergie local GEG (Gaz Électricité de Grenoble).
L’hydroélectricité au cœur du mix énergétique français
"Aujourd’hui, face au défi de la décarbonation, l’hydroélectricité est le symbole de notre résilience énergétique, de notre savoir-faire industriel et un exemple de longévité et de renouveau", a déclaré de son côté Laurence Borie-Bancel, présidente du directoire de CNR. "Elle continue de représenter une place centrale dans notre mix énergétique avec toutes ses qualités, neutre en carbone, flexible, maîtrisée, pilotable et souveraine", poursuit la présidente. CNR assure pour sa part 25 % de l’hydroélectricité française grâce à ses 19 aménagements sur le Rhône et une petite trentaine de centrales dans les Alpes. Le groupe devrait continuer d’investir dans l’hydraulique ces prochaines années, tout en accélérant sur les autres énergies renouvelables que sont l’éolien et le solaire, avec un objectif de 5 550 MW de puissance totale installée à horizon 2030.