Coup d’arrêt du projet Rhônergia de CNR
# Production et distribution d'énergie # Stratégie

Coup d’arrêt du projet Rhônergia de CNR

S'abonner

Produire de l’électricité verte sur le Rhône, telle était la finalité du projet Rhônergia de CNR. Mais ironie de l’histoire, c’est en grande partie pour des raisons environnementales que le projet n’a pas convaincu l’État qui l’a stoppé au stade des études préalables.

L’impact environnemental du projet Rhônergia, barrage hydroélectrique de CNR, cause de son ajournement — Photo : CNR

Dans un communiqué rendu public la veille de la rentrée, la Compagnie Nationale du Rhône (1 500 salariés ; 951 M€ de CA en 2022) annonce avoir "pris acte de la décision de l’État de ne pas poursuivre les études" du projet Rhônergia de construction d’un nouvel aménagement hydroélectrique sur le Rhône, sur 22 km entre Saint-Romain-de-Jalionas (Isère) et Loyettes (Ain).

140 GWh d’électricité verte

Le projet en question, baptisé Rhônergia, est un barrage-centrale hydroélectrique d’une puissance de 40 mégawatts (MW). Il devait permettre de fournir l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 60 000 habitants. L’étude du projet avait été faite à la demande de l’État, qui l’a inscrit dans le cahier des charges de la CNR en février 2022, au moment du renouvellement de sa concession sur le fleuve jusqu’en 2041, dans le cadre de la loi Aménagement du Rhône.

Mais Rhônergia, doté d’une enveloppe d’investissement de 330 millions côté CNR, n’a pas convaincu les instances étatiques pour plusieurs raisons parmi lesquelles figurent un risque de dégradation du classement du fleuve et de possibles conséquences sur l’eau potable pour la métropole de Lyon et la basse vallée de l’Ain.

Trop proche de la centrale nucléaire du Bugey

Enfin, la proximité avec la centrale du Bugey et ses futurs EPR2 aurait pu accroître les risques de crues et impacter la température du fleuve. Pour rappel, la température du Rhône au Bugey a augmenté de 2 °C entre 1920 et 2010. L’État a également entendu l’hostilité des associations de défense de l’environnement, des riverains et de certains élus locaux, dont Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon.

Quelles solutions alternatives ?

Le projet étant désormais arrêté, CNR (1 500 salariés ; 951 M€ de CA en 2022) veut engager une nouvelle phase de discussion avec l’État pour identifier de futurs projets hydrauliques sur le fleuve. Et réfléchit à l’optimisation de la production de ses centrales actuelles. Pour sa seule activité hydroélectrique, le groupe, également présent dans l’éolien et le photovoltaïque, opère 49 centrales, 19 barrages et 14 écluses sur le Rhône.

Créé en 1933, CNR, dont le siège est implanté à Lyon, s’est vu confier la concession du Rhône avec l’objectif d’assurer trois missions : production d’électricité, navigation, irrigation des terres agricoles.

Lyon Auvergne Rhône-Alpes # Production et distribution d'énergie # Stratégie # Infrastructures # Aménagement du territoire