Cekoya joint le geste à la parole. Née en 2010 comme une ESN (entreprise de services numériques) classique, vendant des forfaits de téléphonie, IoT et fibre optique, ainsi que du matériel télécom et informatique, la PME nîmoise (35 salariés, CA prévisionnel 2025 : 2,2 M€) a pivoté en 2021 en développant une plateforme logicielle capable de calculer en temps réel l’empreinte carbone de ses clients. Tout en travaillant le réflexe de sobriété numérique chez ces derniers, Cekoya se transforme elle-même en investissant près de 400 000 euros dans la construction de nouvelles installations bioclimatiques, livrables cet été.
Un siège imaginé en interne
Installé sur un terrain d’un hectare, non loin de son siège actuel situé dans la zone de Grézan, le site sera bâti en deux tranches, en 2025 et 2026, afin de porter la surface utile de l’entreprise de 150 à 1 000 m2. Occupant aujourd’hui des bâtiments modulaires, Cekoya va les reconditionner, les végétaliser, et les surélever pour suivre les préconisations du Plan de prévention des risques inondation (PPRI), tout en débétonnisant l’emprise au sol et le parking. L’organisation de ce futur site a été pensée en interne par l’équipe de Cekoya, sans faire appel à un architecte. "Cette zone d’activités, tournée vers l’industrie et les transports, est stratégique pour l’Agglo nîmoise. Nous souhaitons y rester en optimisant l’espace consommé et en respectant la réglementation ZAN (zéro artificialisation nette, NDLR)", souligne le président Laurent Milesi, en précisant que le nouveau siège sera autonome en énergie, avec notamment l’installation de 10 bornes de recharge électrique.
Une plateforme intégrée
Cette opération viendra appuyer la croissance de Cekoya, qui explose depuis le virage de 2021. Le gain de place permettra de loger des effectifs doublant quasiment tous les ans : ils passeront de 35 à 65 salariés à la mi-2026, puis à 85 salariés d’ici la fin 2027. L’ESN étudie la faisabilité d’une levée de fonds de 5 millions d’euros en 2025, dessinant 2 scenarii de croissance : sans levée, elle atteindrait le cap de 20 millions d’euros en 2030 de façon organique ; avec levée, elle viserait les 100 millions d’euros avec de la croissance externe.
Cekoya gère à ce jour un portefeuille de 300 clients (PME, ETI, acteurs publics), à qui elle propose une offre de services conçue comme un écosystème numérique durable. "Notre plateforme mesure de A à Z l’ensemble des flux d’une entreprise, en allant bien plus loin que les logiciels de comptabilité carbone disponibles. Elle analyse la consommation de la fibre, des cartes SIM, etc. Elle calcule aussi l’empreinte carbone du matériel acheté, y compris du matériel reconditionné. Elle permet ainsi à un client d’avoir une vision de ses émissions par filiale, par agence, et même par marché public", décrit Laurent Milesi.
Un effort sur la formation et la certification
Pour aller plus loin dans cette démarche d’accompagnement vertueuse, Cekoya met en place une "école de la sobriété numérique" : un dispositif utilisant des tutoriels pour éduquer les clients à la réduction de leur empreinte, "un concept parfois impalpable pour certaines PME". "Depuis la fin 2024, nos ingénieurs RSE se déplacent chez eux pour les aider dans ce travail", ajoute le dirigeant. De même, l’ESN vient de lancer Cekoya Concession : cette filiale prend une quote-part dans les factures d’un client afin de financer les projets d’aménagement paysager ou de reforestation portés par les collectivités. "Cela permet au client de sortir un bilan IT neutre", précise Laurent Milesi. Sous peu, Cekoya Concession va se doter de sa propre blockchain, qui servira à certifier les volumes de carbone capté par ces projets.