Après des assemblées générales la semaine dernière, dans différents sites du groupe, après une réunion publique avec leur direction mercredi dernier, les salariés d’Ubisoft, géant français des jeux vidéo (17 000 salariés, 1,9 Md€ de CA en 2024-2025) originaire de Carentoir (Morbihan), veulent se faire entendre contre les menaces de plan social qui pèsent sur eux.
Près d’un salarié sur trois pourrait cesser le travail
Ils se mobilisent pendant trois jours, du 10 au 12 février, avec des actions prévues à Saint-Mandé près de Paris (siège opérationnel de l’entreprise), mais aussi Montpellier (460 salariés), Bordeaux (350 salariés), Lyon (270 salariés) et Annecy (270 salariés), les principaux établissements secondaires de l’entreprise. "C’est un appel unitaire qui concerne tous les salariés. Ceux rattachés aux studios de développement, au siège et au service administratif et support", résume Clément Montigny, délégué syndical et développeur online au studio Ubisoft de Montpellier. Il espère une mobilisation fractionnée à 1 000 personnes, sur les 3 600 salariés d’Ubisoft en France. Ubisoft à Milan (Italie) débrayera dans le même temps.
Réduction des coûts
Ubisoft, connu pour ses franchises au succès international (Assassin’s Creed, Tom Clancy’s, Prince of Persia, Just Dance…), est en crise. Un programme de réduction des coûts est en cours depuis 2023, qui a déjà causé la fermeture de plusieurs studios étrangers et des centaines de suppressions de poste. Des jeux ont aussi été suspendus. Sa valeur boursière, en parallèle, a fortement chuté. Le 21 janvier dernier, dans un communiqué, le groupe dirigé par Yves Guillemot a annoncé une refonte majeure de son organisation, de son modèle opérationnel et de son portefeuille afin de "retrouver son leadership et une croissance durable".
Vers un plan de départs volontaires
Dans ses prochains arbitrages économiques, la direction prévoirait un nouveau plan d’économie de 200 millions d’euros et un plan de départs volontaires de 200 personnes, cette fois-ci en France. "Les sites concernés ne sont pas connus. Cela crée beaucoup d’inquiétude." La suppression du télétravail a également été annoncée, "ce qui pourrait nuire à l’agilité des équipes", indique encore le délégué syndical. Clément Montigny alerte enfin sur la fragilité des personnels dans le climat du moment. "Il n’est pas question de vivre une situation à la Orange", tient-il à faire savoir. Il demande que la direction renonce à son plan.