La SNCF prévoit d’investir 665 millions d’euros en Bretagne et Pays de la Loire
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La SNCF prévoit d’investir 665 millions d’euros en Bretagne et Pays de la Loire

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Après avoir investi 180 millions d’euros en Bretagne et Pays de la Loire en 2025, la SNCF compte multiplier les investissements pour atteindre les 265 millions d’euros en 2026, puis 400 millions d’euros l’année suivante. Les divers projets visent à renforcer le réseau ferroviaire face aux différents effets du changement climatique, et à réduire le nombre de collisions avec les sangliers.

Frédéric Eteve, directeur de la SNCF pour la Bretagne et les Pays de la Loire, prévoit de multiplier les investissements dans les deux ans à venir — Photo : Benjamin Robert

L’année 2025 avait débuté avec des inondations exceptionnelles près de Redon, entre Nantes et Rennes. Un an plus tard, la Loire vient de connaître sa crue la plus importante depuis 1995. Avec les gonflements et retraits des argiles, les canicules, ou encore les tempêtes qui fragilisent les arbres, le réseau ferroviaire doit faire face à de nombreux effets du changement climatique pour rester opérationnel. "Nous avions l’objectif d’atteindre 96 % des trains qui arrivent à l’heure. Nous sommes parvenus en 2025 à 91,7 %", expose Frédéric Eteve, directeur régional SNCF Réseau Bretagne et Pays de la Loire. Et ce n’est pourtant pas faute d’investir. La SNCF (qui emploie 2 700 personnes sur les deux régions) a injecté 180 millions d’euros durant l’année 2025 sur l’ensemble des deux régions, hors des frais de maintenance. Et l’enveloppe va grandir dans les années à venir, avec des investissements de 265 millions d’euros en 2026, et 400 millions en 2027.

La digitalisation pour densifier le passage des trains

Parmi les projets d’ampleur, le gestionnaire du réseau ferroviaire mise sur la digitalisation de la signalisation, notamment avec le système ERTMS (European Rail Traffic Management System) qui vise à se répandre et harmoniser l’ensemble des pays européens. "Au lieu d’avoir un système similaire aux feux rouges ou verts, la signalisation se fera directement dans la cabine des trains", précise Frédéric Eteve. Ce dispositif représente tout de même un coût de 1,2 milliard d’euros d’ici 2040, sans compter l’adaptation des cabines.

"Au-delà des événements climatiques, les collisions avec la faune sauvage sont le deuxième grand facteur des retards"

Au-delà de l’uniformisation européenne, ce dispositif vise à densifier le passage des trains. "Aujourd’hui, il est possible de faire passer deux trains à 4 ou 10 minutes d’intervalle en fonction des lignes de la région. Avec ce système, il sera possible que deux trains se suivent à deux minutes près", poursuit Frédéric Eteve. Les lignes qui sont aujourd’hui proches de la saturation, comme l’axe Nantes-Angers, pourront ainsi passer de 8 trains par heure à une douzaine.

Des investissements pour éviter les collisions

"Au-delà des événements climatiques, les collisions avec les sangliers et les chevreuils sont le deuxième grand facteur des retards, et expliquent environ 10 % d’entre eux", poursuit Frédéric Eteve. Parmi les investissements d’ampleur, le gestionnaire du réseau va clôturer les voies ferrées de Nantes jusqu’au Mans, en passant par Angers, avec l’équivalent de 280 kilomètres de grillage. "Ce projet sera terminé en 2028 et représente un coût total de 34 millions d’euros", appuie Frédéric Eteve. Des expérimentations ont également eu lieu avec des dispositifs lumineux et sonores afin d’éloigner les animaux lors du passage d’un train. "Ces dispositifs ne peuvent pas être mis lorsqu’il y a des riverains à proximité, et restent moins efficaces qu’une clôture. Mais en fonction des cas, il a tout de même un intérêt. Nous allons l’installer par exemple à Oudon (44), et menons une étude d’implantation entre Redon et Avessac", pointe le directeur.

Une étude détaillée fin 2026

Afin d’anticiper les aléas futurs, la SNCF a lancé une étude détaillée pour connaître les vulnérabilités de chaque ligne régionale aux différents effets du changement climatique. Cette étude présentera également des pistes pour faire face, comme l’enrochement, la consolidation de certains remblais, ou encore la nécessité de remonter certaines infrastructures. Les conclusions seront connues et présentées fin 2026. Sauf si l’étude fait partie de quelques pourcents qui arrivent parfois en retard.

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