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Salaires impayés, risques de pollution, manifestation : la difficile liquidation judiciaire de Caddie
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Salaires impayés, risques de pollution, manifestation : la difficile liquidation judiciaire de Caddie

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Depuis la liquidation de l’entreprise de chariots métalliques Caddie prononcée le 16 juillet 2024 par le tribunal de Saverne (Bas-Rhin), plusieurs des 108 salariés n’ont pas perçu l’intégralité de leur salaire de juillet. Dans le même temps, le site industriel, exposé à la présence de produits chimiques dans la ligne de zingage, doit faire l’objet d’une mise en sécurité.

L’arrêt de la ligne de zingage de Caddie nécessite la mise en sécurité du site, en raison de la présence de 375 m3 d’acide sur place — Photo : Frederic Maigrot/L'A.M.I

Placé en liquidation judiciaire le 16 juillet 2024, le fabricant alsacien de chariots métalliques Caddie n’en finit plus de faire parler de lui. Depuis sa fermeture, une partie des salariés n’a pas perçu la totalité de son salaire de juillet.

"Les salariés ont une garantie AGS (le régime de garantie des salaires, NDLR) pour les salaires nés au cours de la procédure avec un plafond à 45 jours. L’AGS a appliqué les plafonds légaux. Sur 311 000 euros de salaires dus, 240 000 euros ont été réglés. Il reste un solde résiduel dû aux salariés que nous ne sommes pas en mesure de payer pour le moment car nous n’avons pas la trésorerie", explique le mandataire judiciaire Nicolas Flesch.

Une soixantaine de salariés concernés

"Nous avons des obligations légales, pénales, le désarroi des salariés est entendu, on fait nos meilleurs efforts pour réussir à solder ces créances", poursuit-il. Lundi 19 août, une soixantaine de salariés concernés avait manifesté son incompréhension devant l’étude du liquidateur située à Eckbolsheim en périphérie de Strasbourg.

Une mise en sécurité très onéreuse

Dans l’immédiat, la mise en sécurité du site, et l’évacuation de 375 m3 d’acides immobilisés dans la ligne de zingage font partie des priorités du liquidateur. "On pare à l’urgence. Le site en l’état est très dangereux, il est indispensable de le sécuriser. C’est un site industriel avec une quantité de produits chimiques très importante qui doit être mis en sécurité. Or, cette mise en sécurité est très onéreuse. Mais je n’ai pas de doute que dans les quinze jours qui viennent nous aurons réglé la question des dépassements de salaires. Nous avons des créances à encaisser et des actifs qui vont arriver sur les comptes qui permettront de régler cette question des dépassements de salaires", assure Maître Flesch.

Neutraliser la ligne de zingage en priorité

En 2015, rappelle une source proche du dossier, s’était déclaré un incendie sur la ligne de zingage d’Electropoli, spécialiste du traitement des pièces métalliques destinées à l’industrie automobile, rachetée l’année suivante en 2016 par Caddie. L’incident avait conduit au confinement d’une partie des habitants de Dettwiller. "La priorité est de neutraliser cette ligne", souligne cette même source.

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