À Roanne, la pâtisserie-chocolaterie Pralus change de mains. À 65 ans, François Pralus, qui dirige la maison depuis 1988, amorce sa succession. En mai 2025, il a officiellement transmis la direction générale à son fils Hugo, 33 ans, épaulé par Romain Boudignon, co-directeur général et désormais actionnaire minoritaire. "Je remplis les mêmes missions qu’auparavant, mais avec une vision davantage tournée vers le long terme", confie Hugo Pralus, qui s’est investi dès ses études de commerce dans la stratégie de développement, notamment l’implantation de la marque à Lyon. Son père, François, restera président encore quelques années avant de prendre sa retraite.
La transmission familiale s’accompagne d’une évolution importante : l’ouverture du capital de Pralus à quatre acteurs régionaux — Altis Capital, BNP Paribas Développement, le Fonds souverain Auvergne Rhône-Alpes (géré par Siparex Territoires) et Carvest. "Nous conservons 80 % du capital et nos quatre investisseurs obtiennent les 20 % restants". La famille demeure donc largement majoritaire et conserve la main sur la stratégie de cette entreprise fondée en 1948, tout en bénéficiant d’un accompagnement dans les choix structurants. Une opération indispensable pour pérenniser la croissance de l’entreprise et préparer l’avenir. "Je ne pouvais pas racheter seul l’entreprise, il fallait trouver des partenaires. Finalement, cela me permet de ne pas me sentir isolé", explique Hugo Pralus.
Augmenter le réseau de boutiques
Avec 29 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et 180 salariés, la Maison Pralus vise désormais un changement de dimension. Forte de 23 boutiques, elle ambitionne d’en ouvrir une dizaine de plus d’ici cinq ans. Pour 2025, quatre ont déjà vu le jour (à Moulins, Mâcon, Oullins et dans le 6e arrondissement de Lyon). Une cinquième ouvrira ses portes à Villeurbanne en décembre.
Les ouvertures se feront exclusivement en propre : "Nous avons testé les franchises par le passé, mais ce modèle ne nous a pas donné satisfaction." La stratégie d’expansion reste néanmoins maîtrisée. "Les priorités se situent en Auvergne Rhône-Alpes, mais nous étudions aussi des opportunités ailleurs en France", indique Hugo Pralus. L’international, un temps évoqué, n’est pas à l’ordre du jour, même si le nouveau directeur général admet qu’il s’agit d’un horizon qui le "tenterait beaucoup". "Mes priorités sont claires : préserver la qualité de nos produits et renforcer nos équipes, notamment en recrutant un responsable des achats", souligne-t-il.
Un incendie aux conséquences lourdes
La transmission intervient dans un contexte délicat. En mars dernier, un incendie volontaire a frappé la manufacture roannaise, entraînant un réinvestissement de 650 000 euros pour remettre en état les installations, du recâblage électrique à la réhabilitation des vestiaires. "Nous avons mis du temps à relancer la production à cause des fumées et effectuons encore aujourd’hui des travaux. On souhaite aller de l’avant", conclut le nouveau dirigeant.