Fidèle à sa réputation de dirigeant clairvoyant et attentif à la force du collectif, Jacques Bachmann a décidé de laisser la présidence d’Alexis, outil d’aide à la création d’entreprise déployant ses services dans le Grand Est grâce à une équipe de 25 salariés et un budget total de 2,2 millions d’euros. "Je ne suis plus au cœur de ce qui se passe, j’ai l’impression de ne plus être adapté aux techniques actuelles", concède le dirigeant, aujourd’hui retraité et installé à la présidence d’Alexis depuis 15 ans.
Une association qui a changé de dimension
Sous sa présidence, l’association a changé de dimension : Alexis accueille près de 1 200 candidats à la création d’entreprise chaque année, pour un total de 800 personnes accompagnées et 220 nouvelles entreprises créées. Âgé de 78 ans, Jacques Bachmann est le fondateur de Noremat, fabricant d’engins d’entretien des accotements routiers installé à Ludres, en périphérie de Nancy, navire amiral du groupe familial Actibac, dirigée par son fils Christophe Bachmann, qui pèse un total de 92 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie plus de 350 salariés.
Un banquier qui a rejoint l’industrie
C’est au sein de la "famille Bachmann" que Jacques Bachmann, a trouvé le bon profil pour reprendre la présidence d’Alexis : Pierre Georges est en effet le secrétaire général du groupe Actibac depuis décembre 2023. Âgé de 42 ans, nancéien d’origine, le dirigeant a fait ses premières armes dans le milieu bancaire, en grimpant les échelons pendant 18 ans au sein de la banque Kolb, aujourd’hui absorbée au sein du groupe bancaire SG. Dans cette banque qui travaillait en large majorité pour les entreprises, Pierre Georges a cultivé son "intérêt pour les entreprises".
En parallèle, il s’est investi au sein de la Fédération bancaire française, ainsi que dans l’outil fédérant la place financière de Nancy, l’Aprofin. "Je suis rentré au conseil d’administration d’Alexis en 2023", retrace le nouveau président. Une position qui lui a permis de trouver un contact avec les créateurs d’entreprises et lui a donné le goût de s’engager plus avant pour Alexis.
La question des financements
Soucieux de ne pas bouleverser le travail de l’équipe d’Alexis, pilotée par la directrice générale Sylvia Collin, Pierre Georges souhaite aujourd’hui réaffirmer l’ancrage régional de la structure. Ne disposant pour l’instant pas d’antennes en Alsace ni en Haute-Marne, le nouveau président ne s’interdit rien, sans oublier de ramener tous les chantiers à la question du budget. Alexis consacre en effet 500 000 euros à faire fonctionner une couveuse, permettant à des candidats à l’entrepreneuriat de tester leurs projets sans risque, mais aussi 1,7 million d’euros à un accompagnement prodigué essentiellement grâce à des formations. "78 % de ce budget est apporté par de l’argent public", précise Pierre Georges.
Des créateurs prêts à payer
Bien conscient de l’état des finances publiques, le nouveau président veut renforcer la "part contributive des créateurs". Un chantier ouvert par Jacques Bachmann, il y a plus de 12 ans et qui prend aujourd’hui tout son sens. "Il faut sortir de la logique du tout gratuit", estime le nouveau président, appuyé par sa directrice générale, qui précise que les enquêtes menées au sein des créateurs suivis par Alexis montrent que les candidats sont prêts à payer.
Du travail sur la transmission d’entreprise
À l’heure de passer le flambeau à son successeur, Jacques Bachmann n’a qu’un regret : celui de ne pas avoir suffisamment travaillé sur la transmission d’entreprise. Et du haut de son expérience, le constat du dirigeant est sans appel : "On ne sait pas traiter la transmission d’entreprise en France", tranche le créateur de Noremat. Un chantier que Pierre Georges a accepté de s’approprier : "Il faudra préparer plus de candidats à la reprise", fixe le nouveau président d’Alexis. Au sein de la structure, seules 10 % des personnes suivies sont candidates à une reprise d’entreprise.