La réforme de la facturation électronique, attendue en septembre 2026, commence déjà à produire ses effets. En Alsace, plusieurs acteurs se positionnent sur ce marché en recomposition. Parmi eux, Divalto, éditeur de logiciels de gestion, basé à Entzheim près de Strasbourg, qui a récemment présenté sa feuille de route. Divalto affiche 34 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025 (+11 %) et une progression de 27 % de son revenu lié au logiciel SaaS.
"Le SaaS (logiciel accessible en ligne, généralement via abonnement) s'est imposé. Aujourd'hui, tous les nouveaux projets partent dans ce modèle", pose Jérémy Grégoire, directeur général. La bascule du parc existant suit, portée à la fois par les usages et par la contrainte réglementaire.
La réforme comme point d'entrée
L'entrée en vigueur de la facturation électronique oblige les entreprises à revoir leurs flux de gestion, du traitement des factures au suivi des statuts et des paiements. Pour Divalto, le sujet dépasse la seule mise en conformité. L'éditeur propose, avec Docoon, une solution directement intégrée à son ERP (progiciel de gestion intégré qui centralise les fonctions clés d'une entreprise, NDLR), couvrant l'ensemble de la chaîne.
Le déploiement démarre en avril 2026. "La réforme crée un moment de bascule. Les entreprises viennent pour répondre à l'obligation, mais cela ouvre des projets plus larges de transformation", observe Jérémy Grégoire. Dans un contexte de cycles de décision plus longs, cette obligation réglementaire devient un levier commercial.
Un socle industriel régional
Divalto reste positionné sur les PME et ETI industrielles, le négoce BtoB et les services terrain, un profil en phase avec le tissu du Grand Est. Parmi ses clients régionaux : Mantion, Ducretet, Jone Precision, DMC, Noremat, Café Sati ou encore la chocolaterie Schaal.
Dans ces entreprises, l'ERP est un outil de pilotage opérationnel : suivi des flux, organisation de la production, gestion commerciale. Avec une attente forte sur la centralisation de la donnée et son exploitation en temps réel.
IA et verticalisation : des usages ciblés
L'intégration de l'intelligence artificielle se fait progressivement. "Nous sommes dans une logique pragmatique. L'IA doit faire gagner du temps sans déposséder l'utilisateur", souligne Jérôme Virey, président.
En parallèle, Divalto structure une offre plus spécialisée par métier, avec une vingtaine de solutions verticalisées en préparation afin de coller davantage aux processus des clients, secteur par secteur.
Une marque alignée avec le changement de positionnement
L'éditeur a également revu son identité de marque. Une évolution qui accompagne un repositionnement : celui d'un acteur intégré, combinant ERP, CRM (outil dédié à la gestion de la relation client : suivi des prospects, des ventes, du service client) et plateforme no-code enrichie à l'IA. "Nous changeons d'échelle. Il fallait aussi le rendre lisible", assume Jérôme Virey.
Cap sur 60 millions d'euros
Présentée à Strasbourg fin mars, la trajectoire est posée : atteindre 60 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2030. "Notre ambition est claire : accompagner durablement les PME-ETI avec des solutions créatrices de valeur",indique Jérôme Virey.