Semaine de quatre jours, écopâturage autour des ateliers, récupération des eaux de pluie ou encore transparence sur les résultats de l’entreprise : sur la RSE, Maneko a mis la barre très haut. "Faire dans le durable, cela nécessite d’avoir une approche complète, pour des équipes qui, au final, seront agiles, motivées et capables d’innover", résume Christophe Bachmann, président du groupe Actibac et du fabricant de matériels pour l’entretien des bords de routes, Noremat (CA : 96 M€ ; 300 salariés), basé à Nancy.
Un label "très important" en interne
Lancée en 2020 avec 15 salariés, filiale du groupe Actibac dédiée au recyclage et à la reconstruction de matériels d’entretien de voirie, Maneko a pris une autre dimension : la PME emploie aujourd’hui 40 salariés, pour 4,9 millions d’euros de chiffre d’affaires. "Et nous allons boucler l’exercice en cours sur 5,2 millions d’euros", anticipe le directeur de Maneko, Dimitri Jesperier. Structurée dès son lancement autour d’une activité visant à réduire l’impact environnemental des engins de maintenance de la voirie construit par Noremat dans l’usine de Ludres — en périphérie de Nancy — et ce en allongeant leur durée de vie, Maneko affiche depuis cet été le label "Engagé RSE", délivré par l’Afnor. "La RSE, nous en faisions dès le démarrage de l’entreprise, mais sans le dire, estime Dimitri Jesperier. L’obtention de ce label, c’est très important en interne, parce que les collaborateurs sont fiers d’être là." L’effectif compte un total de 10 alternants sur les 40 salariés de l’entreprise et quatre embauches ont été rendues possible grâce au partenariat noué avec l’entreprise d’insertion Envie, installée à proximité.
Un portefeuille clients qui se diversifie
Dans un métier comme la maintenance qui peine à recruter, structurer Maneko autour de la RSE n’était pas un hasard. "Porter des valeurs liées à la RSE permet de recruter et d’avoir très peu de turnover", confirme Christophe Bachmann, qui commence déjà à travailler sur le développement de sa filiale. Si Noremat pèse toujours 50 % de l’activité de Maneko, Dimitri Jesperier a su diversifier le portefeuille clients.
"Aujourd’hui, nous travaillons sur la rénovation de pièces de moissonneuse-batteuse ou de dameuses à neige, illustre le directeur de Maneko. Et dans les années à venir, Noremat finira par devenir un client comme un autre", anticipe Christophe Bachmann qui estime qu’il est tout à fait possible de poursuivre la trajectoire de croissance lancée depuis la création de Maneko. "Encore 5 millions d’euros d’activité en 5 ans, c’est possible. S’il y a bien une activité sur laquelle je ne suis pas inquiet, c’est celle-là. Car tout le monde a compris que nous ne sommes pas dans un monde fini". Seul frein au développement de l’activité, la frilosité des collectivités locales à se tourner vers l’achat de matériel reconditionné, du fait notamment des garanties apportées par l’industriel.
Vers un projet d’agrandissement
Installée dans un bâtiment de 7 500 m2, sur le parc d’activité Espace K à Toul, Maneko s’apprête à pousser les murs pour accompagner le développement de l’activité. "D’ici à la fin de l’année, nous aurons étudié toutes les possibilités techniques pour nous agrandir, précise Dimitri Jesperier. Puis en 2026, nous finaliserons le projet, pour le financer."