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Nouvelle-Aquitaine : les investissements qui marqueront 2026
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Nouvelle-Aquitaine : les investissements qui marqueront 2026

Quels sont les principaux investissements à suivre en 2026 dans la région ? Voici une sélection, non exhaustive évidemment. Il est beaucoup question d'énergie, de matériaux, de décarbonation. Transversal, l’enjeu de souveraineté guide bien des projets. En cohérence, les investissements tutoient des montants records, cumulant parfois des centaines de millions d’euros.

Le site de maintenance ferroviaire de Lisea a Marcheprime représente un investissement de "plus de 200 millions d’euros". Il sera le premier centre privé de ce type en France — Photo : Lisea

Danisco pourrait réinvestir 200 millions d’euros pour décupler sa production près de Châtellerault

Deux ans après avoir investi 18 millions d’euros dans un nouveau centre de R & D sur son site de Dangé-Saint-Romain (Vienne), près de Châtellerault, le fabriquant industriel de ferments lactiques Danisco (500 salariés, 304 M€ de CA en 2024) pourrait y réinjecter encore 200 millions d’euros. Le déploiement s’effectuerait en quatre phases (de 2026 à 2035), le premier de 50 millions d’euros consistant à implanter deux nouvelles lignes de fermentation, multipliant par dix les capacités de production de l’usine actuelle. La maison mère, le groupe américain d’arômes et de saveurs IFF (12 Md€ de CA), étudie plusieurs sites pour ce projet, dont un en Allemagne et un aux États-Unis. La décision est attendue durant le premier trimestre 2026.

Une potentielle usine à 300 millions d’euros pour des semi-conducteurs

La Nouvelle-Aquitaine est en concurrence avec l’Occitanie, la Paca et les Pays de la Loire pour accueillir un projet stratégique d’assemblage et de tests de semi-conducteurs. L’usine, une des seules d’Europe, aurait une capacité de production de plus de 100 millions de composants de type System In Package (SIP) par an d’ici 2031, pour répondre au marché européen du packaging avancé de semi-conducteurs dans les secteurs de l’aérospatial, de l’automobile, des télécommunications et de la défense. L’initiative, portée actuellement par Thales associé au fabricant français de connecteurs Radiall et au groupe taïwanais Foxconn, ambitionne d’accueillir d’autres acteurs industriels pour soutenir l’investissement de 300 millions d’euros. L’usine, attendue pour 2027, créerait 350 emplois d’ici fin 2031 et 900 d’ici 2039. La Région Nouvelle-Aquitaine l’incite à s’implanter sur l’ex-site de Ford à Blanquefort (Gironde).

Labeyrie engage 120 millions sur ces sites industriels d’ici 2028

Le groupe landais Labeyrie Fine Foods (867 M€ de CA, 3 200 collaborateurs), qui a déjà investi 100 millions d’euros depuis 2020 dans différentes usines de production en France, a prévu d’engager 120 millions dans les quatre prochaines années sur ses 12 sites industriels dont neuf en France. Cette démarche s’inscrit dans un vaste plan stratégique qui vise, entre autres, à augmenter les ventes de 30 % entre 2024 et 2028. Cela inclut pour le numéro 1 du saumon fumé et du foie gras en France de toujours moderniser ses sites pour avoir les usines "les plus belles, les plus compétitives et les plus innovantes", assure le dirigeant de l’ETI Jacques Trottier, mais aussi "les plus douces", avec des conditions de travail facilitées.

Avec 2 300 collaborateurs en usine sur 3 200 personnes au total, "le sujet de la fatigue musculaire est très important", reconnaît le président de Labeyrie, Jacques Trottier — Photo : Labeyrie

40 millions d’euros pour décarboner la production de chaux en Dordogne

Le producteur de chaux naturelle Chaux de Saint-Astier, implanté en Dordogne, investit l’équivalent d’une année de chiffre d’affaires dans une nouvelle usine de production plus performante et décarbonée. Elle permettra de remplacer les fours à charbon par du gaz naturel puis par du biogaz dès 2030. In fine, elle réduira son empreinte carbone de 25 %. La construction a débuté en juin 2025. Pour le PDG de Chaux Saint-Astier Antoine Bastier, "c’est un tournant dans l’histoire de notre entreprise familiale centenaire". L’investissement de 40 millions d’euros est financé par l’entreprise (5 M€), avec le soutien de banques et de fonds d’investissement ainsi que d’aides de la Région, de l’Europe et de l’État. Le chantier mobilisera environ 80 entreprises dont une majorité de locales et s’étendra sur 18 à 24 mois, pour un démarrage de la nouvelle unité en 2028.

La pose de la première pierre de cette nouvelle usine a eu lieu le 25 juin en présence d’Alain Rousset, de la préfète de la Dordogne, d’Antoine Bastier, le PDG et du président du conseil départemental de la Dordogne — Photo : Claude-Hélène Yvard

Sorégies veut engager 1,5 milliard d’euros d’ici 2030

C’est trois fois plus que le montant annoncé fin 2023. Le groupe producteur et fournisseur d’énergies Sorégies, basé dans la Vienne, a revu ses ambitions à la hausse et présenté, en juin, une feuille de route gloutonne. Pour doubler sa production d’énergie, Sorégies prévoit 1,5 milliard d’euros d’investissement d’ici 2030. Dans le détail, c’est 1 milliard d’euros destinés à la production d’énergies renouvelables, 250 millions d’euros pour les moyens de pilotage et 250 millions d’euros pour assurer la qualité des réseaux. Sorégies annonce ainsi "une grosse démarche d’acquisition de plateformes de production d’ENR, en particulier dans l’éolien" dans toute la France.

Sorégies compte acquérir de nombreux parcs éoliens dans le cadre de son plan 2026-2030 — Photo : Sorégies

110 millions espérés à Lacq pour des métaux et alliages de terres rares

Le doute plane encore sur le territoire qui accueillera le projet, mais le britannique Less Common Metals (LMC) a évoqué le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) pour sa future usine de production de métaux et alliages de terres rares légers et lourds. Il s’agira d’un investissement estimé à 110 millions d’euros, avec à la clé entre 100 et 140 emplois. En dévoilant ses intentions de construire cette usine à l’occasion du sommet Choose France en mai, LMC précisait que la décision géographique serait prise "prochainement". Selon la Région, l’entrée en service est prévue pour 2027.

La plus grande centrale solaire agrivoltaïque de France prévue dans le Limousin

Le producteur et fournisseur d’énergie allemand EnBW, via sa filiale Valeco basée à Toulouse, prévoit la plus grande centrale solaire agrivoltaïque au sol de France (120 MW) dans le Limousin. La construction doit débuter en 2026. L’électricité verte produite raccordée au réseau RTE sera vendue en direct auprès d’industriels et de data centers français "à des prix ultra-compétitifs". Le projet a été annoncé à l’occasion du sommet Choose France en mai.

Un plan colossal de transformation du CHU de Bordeaux

Présenté comme "sans égal en France", le plan de modernisation du Centre hospitalier universitaire de Bordeaux comprend 26 programmes de construction et de réhabilitation. Dépassant 1,4 milliard d’euros d’investissement — financé à 40 % par de l’emprunt bancaire et en partie par l’État et le Ségur de la santé — le projet annoncé en mai 2025 s’échelonne jusqu’en 2037. Certains chantiers sont déjà réalisés et ont été inclus dans le programme global, mais l’essentiel est à venir, avec par exemple un futur institut de biologie pathologie de l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac, chantier à 28 millions d’euros prévu pour 2028.

Parmi le colossal plan de transformation du CHU de Bordeaux figure un futur institut de biologie pathologie de l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac, chantier à 28 millions d’euros prévu pour 2028 — Photo : TLR/Celnikier & Grabli

Plus de 200 millions d’euros pour le premier centre de maintenance ferroviaire privé de France

Le chantier a été officiellement lancé mi-juillet 2025 à Marcheprime (Gironde). Il doit se poursuivre jusqu’en 2028, date de la mise en service du premier centre de maintenance et de remisage ferroviaire privé de France. L’investissement de plus de 200 millions d’euros est financé par le concessionnaire de la LGV Tours-Bordeaux, Liséa, filiale réunissant Vinci Concessions, Meridiam et la Caisse des Dépôts. Le centre doit encourager les nouvelles compagnies ferroviaires à se positionner sur le tronçon Paris-Bordeaux exploité par Liséa jusqu’en 2061, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. Le site de 28 000 m2 de bâtiments sur 14 hectares accueillera les TGV, TER et Intercités. Velvet, premier opérateur français indépendant, sera le client inaugural.

GH2 prévoit une usine électrochimique à hydrogène pour 250 millions d’euros

L’entreprise parisienne GH2 porte le projet d’une usine électrochimique à Ambès (Gironde), qui doit produire de l’ammoniac à partir d’hydrogène vert. Le site de 50 hectares appartient au Port de Bordeaux. Moyennant 250 millions d’euros d’investissement — soutenu par l’État et la Région, lauréat France 2030 — l’électrolyse doit générer 300 MW d’hydrogène, avec une mise en service espérée en 2028. GH2 souhaite ainsi réduire de moitié les importations d’ammoniac en France.

La filière de l’hydrogène pourrait réaliser jusqu’à 7 % de l’effort de réindustralisation française — Photo : AA+W - stock.adobe.com

Près de 2 milliards pour une interconnexion électrique entre la Gironde et l’Espagne

La Banque européenne d’investissement (BEI) a signé mi-juin une première tranche de prêts bancaires de 1,2 milliard d’euros, auxquels s’ajoute une subvention européenne de 578 M€ pour financer l’interconnexion électrique du golfe de Gascogne. Cette dernière, dont la construction est pilotée par Inelfe — co-entreprise associant RTE et son homologue espagnol Red Eléctrica — doit porter la capacité d’échange entre la péninsule ibérique et l’Europe continentale de 2 800 à 5 000 mégawatts via une connexion à courant continu de 400 km dont 300 km de câble sous-marin. C’est une première entre la France et l’Espagne. Elle reliera Gatika (Espagne) à la commune de Cubnezais (Gironde), où des stations convertiront le courant continu en courant alternatif pour le raccorder aux réseaux de RTE et Red Eléctrica. Sa mise en service est prévue en 2028.

Emme, le projet d’intérêt national majeur à 530 millions d’euros

Le projet Emme, chiffré à 530 millions d’euros d’investissement (dont 440 M€ d’investissement industriel) est sans conteste à suivre en 2026 comme il le sera encore jusqu’en 2028 date de mise en service espérée de cette future usine de conversion de cobalt et nickel. Prévue en bord de Garonne, sur les communes de Parempuyre et Blanquefort au nord de Bordeaux, elle serait une première en Europe. En septembre, Emme — pour Electro Mobility Materials Europe, nom de l’entité bordelaise qui le porte — a été qualifié par décret de projet d’intérêt national majeur (PINM), un statut qui doit faciliter son implantation et dont seul Emme bénéficie en Nouvelle-Aquitaine. L’usine pourrait répondre à environ 25-30 % des besoins français en nickel et cobalt pour la production de cellules de batteries des véhicules électriques en France à horizon 2030. Elle pourrait aussi jouer un rôle crucial en fournissant des métaux critiques aux secteurs de l’aéronautique et de la défense.

Le projet Emme de conversion de cobalt et nickel est prévu sur la zone industrialo-portuaire de Grattequina, sur les communes de Blanquefort et Paremuyre (Gironde) — Photo : JDS Architectes

Une trentaine de millions d’euros pour quadrupler la production de Thales dans la Vienne

Thales (83 000 collaborateurs, 20,6 Md€ de CA) va investir 55 millions d’euros d’ici 2028 dans ses sites de Châtellerault (Vienne) et de Valence (Drôme). Objectif : augmenter considérablement la production des deux sites impliqués dans des solutions de navigation sécurisées. Châtellerault concentrera une trentaine de millions d’euros pour multiplier sa capacité de fabrication par quatre. Thalès y produit des centrales dites inertielles, qui permettent une navigation souveraine, sans recours au GPS satellite grâce à des capteurs (vitesse, altitude, etc.). Au total sur les deux sites Thales créera 150 emplois supplémentaires.

Les sites Thales de Châtellerault (Vienne) et Valence (Drôme) vont être considérablement renforcés en production d’ici 2028 — Photo : Thales

Sparcraft mise 21 millions d’euros pour regrouper sa production de mâts à La Rochelle

L’équipementier de mâts et gréements Sparcraft (16,3 M€ de CA en 2024), filiale de l’auvergnat Wichard (plus de 650 salariés et de 110 M€ de CA) investit 21 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle usine à Sainte-Soulle, près de La Rochelle (Charente-Maritime). Attendue d’ici juin 2026, elle sera l’unique site de production de Sparcraft, regroupant ainsi les activités jusqu’alors partagées entre la Caroline du Nord aux États-Unis (site déjà vendu), la Manche et Périgny (bâtiments charentais en location). De 1 000 mâts et bômes par an, l’entreprise sera en capacité d’en fabriquer 1 500. Le site est présenté comme unique en France en termes de dimensions avec des bains de 23 mètres de long pour traiter les mâts en aluminium contre la corrosion. Le chantier a démarré en mai 2025.

La future usine rochelaise de fabrication de mâts et gréements de Sparcraft sera livrée en juin 2026 — Photo : BPG + Associés

Commercialisation des premiers lots sur le terrain des Circuits, ex-Ford

Les anciens sites Ford, dans la zone industrielle de Blanquefort en Gironde, filent vers leurs nouvelles vies. En 2026, il devrait notamment y avoir du nouveau sur le terrain dit des "Circuits", resté propriété de Bordeaux Métropole (une autre parcelle a été acquise par l’opérateur immobilier Axtom). La collectivité y a validé le principe d’un bail à construction pour valoriser son foncier sans le céder. Le dépôt du permis d’aménager interviendra au deuxième semestre 2026, avec des travaux prévus au premier semestre 2027. La mise à bail des terrains et la commercialisation des premiers lots interviendront courant 2026 pour accueillir industries et PME/PMI, "en lien avec la gare et dans une logique de qualité urbaine et d’intégration environnementale encadrée par un futur cahier de recommandations" précise la Métropole.

Orano Med investit 250 millions d’euros dans le Limousin

C’est une usine de 7 500 m2 unique au monde, élément clé d’une chaîne de production nationale, que va construire à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) Orano Med, filiale médicale du groupe Orano (15 500 salariés, 5,3 Md€ de CA en 2024), spécialiste de l’énergie nucléaire. 250 millions d’euros ont été mis sur la table pour industrialiser la fabrication du Thorium-228, isotope radioactif dont est extrait le plomb-212, métal rare utilisé dans la fabrication de médicaments de radiothérapie ciblée contre le cancer. Censée ouvrir en 2027, cette usine doit produire 100 000 doses de médicaments par an à horizon 2034. À la clé, 70 emplois directs et une centaine d’autres indirects.

Le futur site de 7 000 m2 d’Orano Med à Bessines-sur-Gartempe, doit ouvrir en 2027 — Photo : Orano Med

Le port de La Rochelle double son programme sur cinq ans

Le programme d’investissement du port de La Rochelle 2025-2029 est deux fois plus important que le plan précédent. Présenté en juin, il cumule 167 millions d’euros, fléchés notamment vers la décarbonation et l’éolien en mer. Le port de La Pallice, 6e français, vise ainsi la réduction 35 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2029 et compte accentuer une politique d’achats durables. Quant à l’éolien offshore, le port, membre d’un consortium associant ses homologues de Bayonne, Bordeaux et Rochefort, jouerait son rôle dans le stockage des mâts, des pâles, des turbines, et dans la maintenance. Sachant qu’il a déjà contribué au déploiement de parcs hors de la Nouvelle-Aquitaine.

Le port de La Rochelle multiplie les investissements — Photo : Olivier Blanchet/PALR
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