Changer d’échelle. C’est l’ambition affichée par le nouveau projet stratégique du port de La Rochelle pour la période 2025-2029. Publié en août, il vient conforter les ambitions du sixième port français (8,38 millions de tonnes traitées en 2024).
Dopé par un trafic des céréales (3 millions de tonnes, plus du tiers du trafic total) rendu instable par les aléas climatiques et par l’historique filière des produits pétroliers, le port de la Pallice pousse la filière des énergies marines renouvelables, qui "devrait atteindre son rythme de croisière d’ici les cinq prochaines années", prédit ainsi le projet stratégique. Il présente aussi une filière de réparation et construction navale qui "confirme son potentiel et profite de la dynamique des activités liées à l’éolien et au nautisme".
Un budget d’investissement doublé
Parmi les objectifs concrets listés dans cette nouvelle feuille de route, qui s’inscrit dans la continuité de celle présentée en 2018, on trouve l’ambition, à horizon 2029, de diminuer de 35 % des gaz à effet de serre du port ou d’internaliser une partie des prestations externes pour maîtriser les calendriers et les coûts.
Ainsi, ce plan établit un budget de 167 millions d’euros, doublé par rapport à celui du plan précédent, avec un endettement "maîtrisé" de 42 millions d’euros. Le tout est associé à un trafic en croissance mais inférieur à dix millions de tonnes, accompagnant la mutation des filières historiques (céréales, pétroles) et soutenant des filières prometteuses ou émergentes, à l’image des armateurs du transport vélique.
Accompagner l’essor de l’éolien en mer
L’établissement, dont les retombées directes sont évaluées à 841 emplois et 253 millions d’euros, a ainsi regroupé en trois axes (un port qui accompagne les transitions, un port créateur de valeur, une transformation qui se construit ensemble) 25 objectifs, dont une dizaine est déjà engagée. On peut citer sa politique d’achats durables, des actions pour faire connaître le port au grand public ou, surtout, sa participation au projet Aquitania Wind Energy.
Ce consortium associant les ports de La Rochelle, Bayonne, Bordeaux et Rochefort, a pour but de financer "les aménagements portuaires nécessaires au développement de la filière industrielle de l’éolien en mer". À La Rochelle, on évoque notamment des activités d’intégration d’éoliennes sur les flottes, de stockage de mâts, pâles ou turbines et de maintenances des parcs. Le projet, chiffré à 207,8 millions d’euros, s’étale jusqu’en 2034 et le consortium a candidaté à un appel à projets spécifique de l’Ademe — Infrastructures portuaires métropolitaines pour l’industrie de l’éolien flottant — pour aider à le financer.