Le groupe producteur et fournisseur d’énergies Sorégies, basé dans la Vienne (505 salariés, 1,4 Md€ de CA), est plus que jamais conquérant à tout juste 100 ans. Dans les cinq années à venir, la société d’économie mixte locale prévoit d’investir 1,5 milliard d’euros. Dans le détail, c’est 1 milliard d’euros destinés à la production d’énergies renouvelables, 250 millions d’euros pour les moyens de pilotage et 250 millions d’euros pour assurer la qualité des réseaux.
Trois fois plus qu'en 2023
Ce montant de 1,5 milliard d’euros, sans précédent, est trois fois ce que le groupe prévoyait fin 2023. À l’époque, il venait de glaner 250 millions d’euros de prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI). "Cette étape est déjà presque derrière nous, avec l’ouverture des derniers parcs. Nous sommes dans la phase suivante, avec un gros rythme d’acquisitions, annonce Frédéric Bouvier, le président du directoire. Nous avons les moyens d’y aller. Le groupe est rentable, peu endetté en dépit des investissements des dernières années. Nous avons la confiance des partenaires bancaires et des investisseurs."
Sorégies financera en propre 500 millions d’euros, "en en gardant beaucoup sous le pied", précise le dirigeant. Pousser le curseur vient aussi répondre "aux attentes du territoire et des actionnaires, à commencer par le syndicat Energies Vienne (actionnaire majoritaire à 83,8 % aux côtés de banques, NDLR), qui regroupe 250 communes et intercommunalités et qui nous encourage de manière quasi messianique à nous étendre sur le territoire national pour répondre aux enjeux de la transition énergie-climat."
Doubler les volumes d’électricité par des acquisitions de plateformes d’ENR
Aujourd’hui quatrième énergéticien français pour l’électricité, Sorégies entend devenir en 2030 le premier énergéticien français capable de couvrir 100 % de la consommation électrique de ses clients avec des énergies renouvelables et ce, toute l’année. "Toute l’année, ça change tout", souligne le président du directoire Frédéric Bouvier. Cela implique de doubler les volumes l’électricité fournis, "autrement dit doubler les approvisionnements, en portant l’agrégation à 8 TWh et en augmentant notre production d’ENR à plus de 2 TWh".
Sorégies annonce ainsi "une grosse démarche d’acquisition de plateformes de production d’ENR, en particulier dans l’éolien, au niveau national pour limiter les risques (climatiques, NDLR) et optimiser les opportunités." Si l’éolien a les faveurs du groupe, c’est que sa production colle au profil de la consommation. "Les pâles tournent quand on consomme", explique le dirigeant. Contrairement au photovoltaïque, souvent en décalage.
Pour optimiser le photovoltaïque, Sorégies mise sur le développement des batteries et "un signal prix pour le consommateur, avec des heures super creuses qui ne coûtent quasiment rien".
De la répartition actuelle des ENR (60 % éolien, 30 % photovoltaïque, 10 % hydroélectrique), Sorégies, toujours convaincu par le mix énergétique, ambitionne d’atteindre "70 % d’éolien, pas plus de 20 % de photovoltaïque et le plus possible d’hydroélectrique soit entre 10 et 20 %".
180 millions d’euros pour Hydrocop
Dans son portefeuille d’activités, le groupe est aussi acteur d’hydroélectricité via Hydrocop dont Sorégies détient 24 % et qui est présidé par Frédéric Bouvier. "Nous sommes en train de closer son refinancement à hauteur de 180 millions d’euros."