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Chaux de Saint-Astier construit une nouvelle unité de production pour réduire son empreinte carbone
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Chaux de Saint-Astier construit une nouvelle unité de production pour réduire son empreinte carbone

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Le plus important producteur de chaux naturelles, implanté en Dordogne investit l’équivalent d’une année de chiffre d’affaires afin de s’offrir à l’horizon 2028, une nouvelle usine de production plus performante et décarbonée.

La pose de la première pierre de cette nouvelle usine a eu lieu le 25 juin en présence d’Alain Rousset, de la préfète de la Dordogne, d’Antoine Bastier, le PDG et du président du conseil départemental de la Dordogne — Photo : Claude-Hélène Yvard

Après trois ans de R & D, Chaux de Saint-Astier a dévoilé les plans de son futur site de production de chaux hydraulique naturelle. L’investissement représente 40 millions d’euros, soit l’équivalent d’une année de chiffre d’affaires pour l’entreprise centenaire. Cette nouvelle unité est destinée à remplacer les fours à charbon actuels. La pose de la première pierre a eu lieu le 25 juin, en présence d’Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, d’Antoine Bastier et Matthieu Tanguy responsables de l’entreprise, ainsi que des élus locaux.

Un tournant pour l’entreprise centenaire

Pour le PDG de Chaux Saint-Astier Antoine Bastier, "ce moment fort représente bien plus qu’un simple geste, c’est un tournant dans l’histoire de notre entreprise familiale centenaire". Fondée en 1912, l’entreprise connue dans le monde entier (15 % de son CA est à l’export notamment via trois filiales à l’étranger) est l’unique producteur indépendant en France de chaux hydraulique naturelle. Elle en commercialise 110 000 tonnes par an, entre autres pour restaurer des monuments historiques prestigieux (Notre-Dame de Paris, la Tour de Londres, la place Rouge de Moscou, la fontaine de Trévi à Rome…).

"Nous sommes la toute première entreprise au monde à mettre au point ce type de procédé totalement innovant."

"Nous sommes la toute première entreprise au monde à mettre au point ce type de procédé totalement innovant pour cette usine de nouvelle génération", poursuit le dirigeant.

S’affranchir du charbon et des poussières

Sur un site de 5 hectares faisant face à deux fours historiques de 1930 — qu’elle remplacera à terme sans les déconstruire -, la PME familiale aux 145 salariés entend s’affranchir du charbon, en le remplaçant par du gaz naturel puis par du biogaz dès 2030. In fine, et selon les tests menés grandeur nature depuis 2021 avec des industriels et des laboratoires de recherche, elle réduira son empreinte carbone de 25 % d’ici 2030. Le futur site comprendra aussi des panneaux photovoltaïques sur le parc de stockage afin de couvrir près de 40 % de ses besoins en électricité.

La future usine des Chaux de Saint-Astier (en gris) remplacera le site actuel (en blanc) à partir de 2028 — Photo : Chaux de Saint-Astier

Afin de préserver le gisement de calcaire (Saint-Astier exploite la même carrière souterraine, elle occupe 40 ha sur 200 m de profondeur), la PME s’engage à récupérer 50 % des "fines" de calcaire générées et jusqu’à présent non utilisées. Le nouveau four de calcination permettra aussi de réduire la consommation d’énergie de 10 % et les poussières de 98 %.

40 millions d’euros d’investissement

L’investissement de 40 millions d’euros est financé par l’entreprise sur ses fonds propres (5 M€), avec le soutien de banques et de fonds d’investissement (Banque Populaire Grand Ouest, Crédit Agricole Charente Périgord, Caisse d’Épargne, Grand Sud-Ouest Capital, Expanso, fonds régional Naco, Crédit Agricole Expansion) ainsi que d’aides de la Région Nouvelle-Aquitaine, de l’Europe et de l’État via l’Ademe. "L’enjeu est énorme, c’est un virage important pour l’entreprise", insiste Antoine Bastier.

Davantage d’écomatériaux

"Nous prévoyons d’augmenter nos futurs volumes de production et de récupérer des gains de productivité", annonce aussi le directeur général Matthieu Tanguy.

Les carrières souterraines s’étalent sur une 40 hectares — Photo : Claude-Hélène Yvard

"Notre savoir-faire ancestral conjugué à l’innovation préservera notre dynamique économique ", se réjouit Antoine Bastier. Il souhaite faire des Chaux de Saint-Astier "une référence", notamment dans la co-construction des matériaux biosourcés, tels que les bétons de chanvre, pour lesquels la PME périgourdine a lancé une gamme de produits à base de chaux hydraulique naturelle en 2024. Ce projet s’accompagne de la création d’une dizaine d’emplois et d’un plan de formation conséquent.

Le chantier mobilisera environ 80 entreprises dont une majorité de locales et s’étendra sur 18 à 24 mois, pour un démarrage de la nouvelle unité dans le courant 2028.

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