"Malgré un contexte économique et géopolitique instable, les résultats financiers du groupe restent solides et démontrent notre résilience", a rassuré d’emblée Yves Chapot, directeur financier de Michelin devant un parterre de près de 1 000 actionnaires réunis pour l’assemblée générale du groupe, au Zénith d’Auvergne, près de Clermont-Ferrand. L’an dernier, Michelin a vu son chiffre d’affaires baisser de 4,1 %, à 27,2 milliards d’euros, avec un résultat opérationnel en recul de 5,5 %, à 3,4 milliards, pénalisé par un pouvoir d’achat en berne et un ralentissement de l’électrique.
258 brevets déposés en 2024
Devant ses actionnaires, le manufacturier a détaillé sa stratégie, Michelin in Motion 2030, censée lui permettre d’anticiper et d’absorber les chocs. Le groupe mise sur l’innovation, avec 258 brevets déposés l’an dernier par exemple, et sur de nouveaux marchés, au-delà du pneu. Le manufacturier se rêve en leader des matériaux composites. "Michelin, en fait, étend la gamme de ses savoir-faire et son terrain de jeu. Notre stratégie nous rend moins dépendant des fluctuations du seul marché du pneu", a expliqué Florent Menegaux, président du groupe.
Lors de l’assemblée, Michelin a notamment présenté ses nouveaux pneumatiques CrossClimate 3 et CrossClimate 3 Sport ou encore son pneu lunaire sans air, capable de résister à des conditions extrêmes et qui pourrait équiper le rover de la Nasa lors de sa mission sur la lune.
Dividende en hausse de 2,2 %
Cette réunion de près de 2h30 a aussi permis de valider les dividendes et les rémunérations des dirigeants. L’assemblée générale a approuvé un dividende de 1,38 euro par action, soit un taux de distribution de 52 % du résultat net consolidé.
Une hausse de 2,2 % qui passe mal du côté des syndicats, après l’annonce en novembre de la fermeture des sites de Vannes et Cholet. "Les 1 254 salariés concernés sont sacrifiés pour le simple profit des actionnaires", estime Romain Baciak, délégué syndical central CGT chez Michelin. La rémunération de Florent Menegaux, au titre de 2024 (1,1 million d’euros pour la part fixe, 1,159 million d’euros de part variable annuelle), a également été adoptée à plus de 97 % par les actionnaires.