Les collectivités locales pressent l’État de financer sa part de la future LGV Bordeaux-Toulouse-Dax
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Les collectivités locales pressent l’État de financer sa part de la future LGV Bordeaux-Toulouse-Dax

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Les collectivités locales membres du bureau de la Société du Grand Projet du Sud-Ouest, qui gère leur participation au projet de LGV entre Bordeaux, Toulouse et Dax, montent au créneau. Dans une tribune commune, elles somment le gouvernement de respecter sa part du financement de ce vaste projet qui dépasse les 14 milliards d’euros d’investissement. Et disent craindre une "vision comptable et court-termiste".

La future LGV entre Bordeaux, Toulouse et Dax est estimée à 14 milliards d’euros — Photo : SNCF Réseau

Les mots sont fermes et choisis. Dans un communiqué de presse collégial, publié ce 31 juillet, le bureau de la Société du Grand Projet du Sud-Ouest (SGPSO), qui réunit les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, les départements des Landes et de la Haute-Garonne et les métropoles de Toulouse et Bordeaux, demande expressément au gouvernement "de ne pas mettre en péril le chantier en cours".

Ce chantier, c’est le projet de nouvelle LGV (ligne à grande vitesse) censée relier Bordeaux à Toulouse et Bordeaux à Dax et l’Espagne à partir de 2032, pour un investissement de 14 milliards d’euros. Cette "lettre ouverte" intervient une semaine après la décision du tribunal administratif de Toulouse, qui a rejeté les recours déposés par des élus, contribuables et associations environnementales contestant le plan de financement de ces lignes, jugeant que les modalités financières définitives dépendaient de conventions de financement à venir. La participation de l’État à hauteur de 40 % a été largement remise en question ces dernières semaines, et l’éventuel recours au privé poussé par plusieurs élus et acteurs privés dont le concessionnaire de la LGV Tours Bordeaux, Lisea.

"Une vision comptable et court-termiste"

"Le chantier ne peut être interrompu par une vision comptable et court-termiste", alerte la SGPSO, enjoignant ainsi l’État de fournir sa part, à raison "d’environ 140 millions d’euros par an, soit 0,03 % de son budget annuel de 445 milliards d’euros".

Pour argumenter, elle cite les nouvelles pistes de financement détaillées dans le rapport de Dominique Bussereau (ancien secrétaire d’État aux Transports), rendu au gouvernement le 9 juillet pour conclure la conférence "Ambition France Transports", notamment "les recettes générées par les péages autoroutiers (2,5 Md€/an) ou les quotas carbones concernant le transport routier, mis en place par l’Union Européenne dès 2027".

"Une fiscalité locale spécifique (Taxe Spéciale d’Équipement, Taxe Spéciale Complémentaire sur la Cotisation Foncière des Entreprises et Taxe Additionnelle à la Taxe de Séjour) a également été votée par le Parlement en 2022 et 2023, puis mise en place depuis deux ans dans le Sud-Ouest, pour financer à hauteur de 62 millions d’euros par an cette infrastructure", poursuit la SGPSO. "Reculer sur ce projet reviendrait également à priver le territoire d’un financement de l’Union européenne de 3 milliards d’euros, ce qui serait une faute financière et stratégique, ainsi que dramatique en termes d’emploi, 10 000 créations d’emplois étant attendus", assure-t-elle, voyant dans la décision du tribunal administratif de Toulouse une "confirmation de la validité du plan de financement. Reculer sur ce projet indispensable à la décarbonation de notre pays et à sa compétitivité économique serait une faute politique et climatique majeure", insistent les signataires.

"Prioriser la régénération de l’existant"

Pierre Hurmic et Jean-René Etchegaray, maires de Bordeaux et de Bayonne, ont de leur côté écrit directement au ministre des Transports, Philippe Tabarot. Ils voient plutôt dans les conclusions de la conférence la confirmation de "la nécessité de prioriser la régénération du réseau existant" et prônent la requalification de la ligne Bordeaux Hendaye plutôt que la poursuite "d’un chantier titanesque à la fois nuisible au climat, à la biodiversité et aux territoires sacrifiés", comme le dénonçait déjà une lettre adressée par des sénateurs girondins à la Commission européenne en 2022.

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