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Le Lely Center mayennais recrute à tour de bras pour accompagner la robotisation de l'élevage
Mayenne # Elevage # Créations d'emplois

Le Lely Center mayennais recrute à tour de bras pour accompagner la robotisation de l'élevage

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Déménagé du Nord-Mayenne en 2020 pour se recentrer dans sa zone d’activité, le Lely Center d’Évron concentre depuis peu l’ensemble des sièges de ses filiales. Ce regroupement a nécessité des recrutements. Mais les besoins se font encore sentir dans la maintenance et le montage de robots. Or, ces métiers sont en tension.

Le Lely Center créé par DB Élevage en Mayenne a déménagé à Évron en 2020 et se développe depuis avec une cinquantaine de recrutements sur un an — Photo : DB Corporation

Dans les fermes laitières, Lely gagne du terrain. La marque rouge "a créé le marché de la robotisation en élevage bovin". "Et un investissement sur deux en équipement de traite est un Lely", assure Mathieu Guyon, responsable marketing et communication du Lely Center d’Évron. La société mayennaise intervient en Mayenne, en Sarthe et en partie dans sept autres départements limitrophes ; elle y a vendu et installé un robot de traite sur cinquante vendus dans le monde par la marque néerlandaise. Autant dire que les dirigeants mayennais Pascal Bretonnière et Eric Dardenne boivent du petit-lait.

"En France, 24% des étables sont équipées en robot. Mais 90% des équipements installés neufs sont des robots de traite. Le marché est donc prometteur", souligne Pascal Bretonnière, l'associé majoritaire de DB Élevage, la société qui porte la franchise Lely Center à Evron.

Une cinquantaine d'embauches en un an

Mais ce marché en croissance crée aussi des problèmes de riches… Avec plus de 1 250 robots en fonctionnement, soit 400 de plus en quatre ans, DB Élevage doit trouver des techniciens supplémentaires pour assurer les installations et le SAV. "Nous avons environ un technicien de secteur pour quarante machines", indique le dirigeant.

L'entreprise est donc entrée en phase active de recrutement. Une chargée de recrutement a même été embauchée il y a cinq mois. Depuis le mois d’octobre, ce sont 40 embauches qui ont été réalisées à tous types de postes : postes techniques, de magasiniers, dans l'administratif. Une dizaine de créations d'emplois, en particulier pour le montage de robot et le SAV, pourrait s’y ajouter prochainement.

La maintenance industrielle capte les profils recherchés

Désormais, la société emploie au total 180 salariés, dont une quarantaine rattachée au siège d'Évron, sédentaires et itinérants compris. "Nous avons une cinquantaine de techniciens rattachés à nos six bases opérationnelles à Aron et Saint-Berthevin (Mayenne), au Lion-d'Angers (Maine-et-Loire), à La Suze (Sarthe), au Teilleul (Manche) et à Alençon (Orne). Ils accompagnent les éleveurs et peuvent intervenir 24 heures/24 et sept jours/sept" présente Mathieu Guyon.

Certains freins au recrutement existent cependant : l'agriculture peine à attirer de nouveaux bras, et les services annexes tout autant. Et si cela ne suffisait pas, les métiers de la maintenance sont en tension. La plupart des jeunes diplômés sont orientés dès la sortie de formation vers l’industrie. "La maintenance en équipement d’élevage laitier reste un métier trop peu visible. D’autant plus qu’un robot de traite ne se voit pas de l’extérieur d’une exploitation agricole, contrairement aux tracteurs qu’on peut apercevoir en action depuis la route", constate Mathieu Guyon. La société mayennaise a donc adapté sa stratégie d’approche.

Ne plus se contenter de parler au monde agricole

L'entreprise ne s'adresse plus uniquement au monde agricole. "Depuis deux ans, surtout, on a changé notre politique de communication. En janvier 2023, nous avons participé pour la première fois à un forum des métiers, à Laval. Avec la robotisation, nous avons besoin de compétences techniques qu’on ne trouve pas en élevage. Il faut qu’on soit visible comme d’autres secteurs d’activité. Tout cela est un peu nouveau. Il y a encore six ou sept ans, la communication et le marketing étaient assurés par un commercial ou une secrétaire dans un Lely Center", explique Mathieu Guyon, en poste depuis trois ans.

Vendre l'autonomie aux candidats à l'embauche

Un poste spécifique à l'événementiel est par ailleurs ouvert, indique Pascal Bretonnière : "Entre les foires et les projets plus confidentiels, et avec une dizaine de portes ouvertes dans l'année, on couvre une trentaine d'événements par an." Là encore, il ne s'agit plus seulement de mettre en valeur un client ou de se montrer face aux concurrents directs. Que ce soit en présentiel ou en format digital, le Lely Center veut aussi vanter ses atouts d'employeur.
"Les techniciens de maintenance peuvent trouver chez nous une certaine autonomie qu'ils n'ont pas forcément en usine, argue Pascal Bretonnière. On leur laisse gérer leur secteur géographique et leur parc de robots. Ils créent une relation de partenaires avec les clients. On a aussi la chance de travailler avec une marque innovante: les types d'interventions varient davantage que sur certaines machines en usine. On propose des salaires dans la moyenne du marché, le grand air en plus!"

Le groupe Lely commercialise des robots de traite depuis une trentaine d'années, mais un cap a été franchi en 2005 avec le modèle A3. "En France, le marché se développe surtout depuis huit-dix ans" indique Pascal Bretonnière, dirigeant du Lely Center d'Evron — Photo : Lely Group

Fusionner les entités pour être plus visible

Pour "une simplification de la communication" et que "les commerciaux se présentent tous sous la même carte", résume Mathieu Guyon, les actionnaires du Lely Center d'Evron ont changé de statuts en janvier 2023. Dardenne Bretonnière, entreprise historique de matériel d’élevage créée en 1982 près de Mayenne, a été fusionné à DB Élevage, spécialisée dans l’automatisation.

Cela entretient une bonne ambiance interne, renchérit le dirigeant de l'entreprise. "Nous avions des salariés qui travaillaient sur des systèmes de traite conventionnels, un marché en chute libre, quand d'autres profitaient d'un marché très dynamique. Tout le monde est désormais intégré à un même projet. Nous avons par ailleurs décidé de nous concentrer sur la robotisation, et d'abandonner la distribution de notre marque de systèmes de traite conventionnels pour lesquels nous ne faisons plus que l'entretien", explique Pascal Bretonnière.

De 20 millions à 50 millions d'euros en cinq ans

Le Lely Center d'Evron affiche une forte croissance. "Le chiffre d'affaires était d'à peine 20 millions d'euros il y a cinq ans, retrace Pascal Bretonnière. En 2023, nous avons réalisé une progression de 20% sur un an pour passer à 45 millions d'euros. Cette année, nous devrions atteindre 50 millions d'euros." La société compte 1800 clients, dont 45% sont équipés d'au moins un robot.

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