La restitution des six défis du programme de coopération territoriale Régénérons ! le 22 janvier dernier a été le point d’orgue d’une riche année 2024 pour le groupe de conseil Rive Neuve. Fondée en 2021 par l’entrepreneur marseillais Christophe Caille, cette entreprise à mission spécialisée dans l’accompagnement des transitions écologique et sociale des entreprises a accéléré en 2024.
Une présence à Marseille, Lyon et Aix-en-Provence
Rive Neuve a créé son propre fonds d’investissement Impact & Performance, fédérant investisseurs, entrepreneurs et citoyens et ainsi investi dans deux start-up du territoire. Mao Boa est la première d’entre elles. Quant au nom de la deuxième, il est encore confidentiel.
Rive Neuve a poursuivi sa coopération avec la Caisse d’Épargne Cepac et signé un partenariat avec la Caisse d’Épargne Rhône Alpes pour l’accompagnement de ses clients en transition.
Il a aussi renforcé ses équipes de conseil à Marseille, son siège, à Lyon avec l’arrivée de Geoffrey Lietar et à Aix-en-Provence depuis janvier 2025 avec à sa tête Fabrice Buhler. Une première filiale est également en cours de création à Aix-en-Provence. "Nous avons démarré l’année 2024 à 9 collaborateurs. Nous sommes désormais 12 et nous avons prévu de renforcer l’équipe en 2025", détaille Christophe Caille.
Puis, Rive Neuve (CA : nc) a confirmé son ancrage territorial, à travers des coopérations nouées avec la Région Sud, avec la ville de Marseille ou encore la métropole Aix-Marseille-Provence. C’est d’ailleurs avec ces acteurs institutionnels mais aussi des réseaux comme le Centre des jeunes dirigeants ou la Chambre régionale de l’ESS, le Réseau Initiative ou la CPME 13, que l’entreprise a lancé les premiers défis du programme Régénérons !, "un programme d’open innovation et de formation-action lié à l’économie régénérative."
Premières solutions régénératives pour le territoire
Six premiers défis ont été relevés par plus de 80 participants et trois solutions seront accompagnées en 2025. Un premier pas vers l’objectif du programme, qui est d’accompagner des solutions régénératives jusqu’à leur mise en œuvre. "En trois jours et demi, une petite dizaine d’acteurs venus d’horizons variés ont coopéré selon une méthodologie imaginée par Rive Neuve et ainsi fait émerger des modèles, viables économiquement, à visée régénérative", explique Simon Knapnougel, directeur marketing et ventes de Rive Neuve et directeur du programme Régénérons !
Trois preuves de concept en 2025
Rendre exemplaire la gestion de l’eau des espaces agricoles, développer le recrutement circulaire, améliorer l’accompagnement des entreprises en difficulté, accélérer la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires, améliorer la gestion des déchets au sein des quartiers prioritaires, ou la performance RSE des chantiers grâce à la digitalisation. Ces six défis ont été proposés par des entreprises, associations ou grands groupes et certains sont aux portes de la preuve de concept.
Une ferme régénérative en plein cœur de Marseille
Autour de l’ambition de la start-up aixoise Telaqua de préserver la ressource en eau est ainsi né le domaine de Betheline, un espace de 20 hectares dans le 13e arrondissement de Marseille. "Avec le soutien de l’entrepreneur Roland Gomez, via sa fondation Proman, nous avons pu faire l’acquisition de ce domaine, confie Arnaud Castagnède, directeur du pôle d’innovation Le Cloître 13 et porteur du projet de tiers-lieu agro-écologique au domaine de la Betheline. Nous accueillons sur nos terres 10 producteurs, des maraîchers, un vigneron ou une chevrière, nous abritons une ferme pédagogique, et allons rénover les 2 500 m² de bâtiments pour créer un laboratoire de transformation, en partenariat avec un Esat, mais aussi un atelier du goût."
Transition E : la deuxième vie des CV
Autre défi relevé, qui doit se concrétiser en 2025 : le développement du recrutement circulaire. L’idée a été proposée par l’Apec, qui accompagne plus de 2 650 entreprises en région Paca. "Dans chaque processus de recrutement, il reste de bons candidats, non recrutés, qui peuvent être valorisés, via la recommandation entre pairs", explique Anthony Fumard, directeur de l’Apec en Paca. La démarche a séduit différents acteurs du territoire, à l’image de Christine Cabigiossu, secrétaire générale du cabinet d’expertise comptable Crowe Ficorec (100 collaborateurs), qui compte faire vivre cette solution, appelée Transition E. D’ailleurs, Anthony Fumard veut "aller vite en 2025, passer à l’action en proposant cette brique RH à des communautés d’entreprises existantes."
Des biodéchets valorisés en circuit court
Sous l’impulsion de Veolia, en charge de la collecte des déchets dans les 3e et 14e arrondissements de Marseille, l’idée a germé d’installer des micro méthaniseurs dans les quartiers prioritaires pour sensibiliser les habitants au tri et valoriser leur engagement via la redistribution financière de la production d’énergie. "Ainsi, nous montrons que le geste de tri est efficace, avec effet immédiat", confie Eric Garcia, directeur des services aux collectivités chez Veolia. En 2025, les initiateurs de cette solution aimeraient lancer une expérimentation, qui pourrait "être une première" selon Eric Garcia et recherchent un bailleur social, mais aussi un terrain de 400 m² pour installer un micro méthaniseur.
Des preuves de concept dans les tuyaux
D’autres solutions mises en œuvre dans le cadre du programme n’attendent plus qu’un "sponsor". Ainsi, le Pass Sérénité, une application dopée à l’intelligence artificielle pour identifier les signaux faibles au sein d’une entreprise et ainsi anticiper les possibles difficultés. Une autre solution, une offre d’assistance à maîtrise d’ouvrage et d’ingénierie financière clé en main pour accélérer la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires sera prochainement testée sur un bâtiment du groupe Isotec, un spécialiste de la rénovation énergétique, implanté à Tarascon. Enfin, deux solutions ont émergé suite au défi lancé par l’entreprise marseillaise Devisubox (CA 2023 : 6,16 M€, une cinquantaine de collaborateurs), spécialiste du suivi de chantiers : un "pack déchet" pour optimiser le traitement des déchets sur chantiers et un "pack Biodiv + ", de suivi de la biodiversité. "Aujourd’hui, nous équipons déjà des milliers de chantiers. Il suffirait d’y associer des services supplémentaires", souligne Ivan Lorne, le fondateur et dirigeant de Devisubox. Il a bon espoir de pouvoir lancer une preuve de concept en 2025.