Lactalis vient de boucler une nouvelle acquisition. Depuis le 1er juin 2026, les 150 salariés de la compagnie anglaise Protein Works ont rejoint le groupe lavallois (90 000 salariés, 31,3 Md€ de CA 2025). Alors que le numéro un mondial des produits laitiers entre en phase d’intégration des activités grand public de Fonterra en Océanie, en Asie et au Moyen-Orient et poursuit son développement sur le continent américain, cette nouvelle opération cible le marché européen et une nouvelle typologie de consommateurs.
Protein Works vient de dévoiler un investissement de 10 millions d’euros pour renforcer son site de Liverpool. Depuis sa création en 2012, la PME y produit des préparations pour boissons protéinées, des substituts de repas, des compléments alimentaires ou encore du snacking grand public.
Nouveaux modes de commercialisation
Lactalis sort ainsi de ses cibles et réseaux de distribution classiques. Dans les segments des protéines, jusqu’ici, le géant laitier opère principalement en B to B, à quelques références près, tels les poudres de lait infantiles Picot vendues en GMS et pharmacie, ou dans une position intermédiaire avec la marque Delical, des compléments alimentaires disponibles en pharmacie, hôpitaux et Ehpad.
Qui plus est, Protein Works ne commercialise pas via les canaux physiques mais uniquement en ligne. Grâce à Internet, ses produits sont vendus au Royaume-Uni et en Irlande, mais aussi dans d’autres pays européens : l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, la France, la Belgique et l’Italie. Ces différents marchés ont généré un chiffre d’affaires en croissance, à 65 millions d’euros sur le dernier exercice.
Deux expertises complémentaires
Lactalis mise sur l’expertise digitale des équipes de Protein Works, sur la notoriété de la marque Outre-Manche et sur sa clientèle nourrie aux vidéos sur le bien-être et les performances sportives sur les réseaux sociaux. En commentant l’acquisition de la société, le président de Lactalis Emmanuel Besnier laisse envisager des perspectives de développement. "En combinant notre expertise historique dans les protéines laitières et dans la nutrition santé avec la force de la marque Protein Works et son approche innovante, nous allons pouvoir continuer à développer des produits répondant aux nouvelles attentes des consommateurs, dans cette catégorie dynamique et en croissance", déclare le dirigeant.
Les protéines, un marché énergique
Dans l’agroalimentaire, les produits protéinés dynamisent les ventes. Le skyr ou encore les laits enrichis en protéines en sont de bons exemples au rayon des produits laitiers, arrivé à maturité en Europe. Mais les géants du secteur se positionnent désormais au-delà des produits alimentaires traditionnels. En mars 2026, Danone a ainsi repris le britannique Huel, fabricant de boissons et compléments alimentaires enrichis en protéines végétales. Et cette semaine, en réponse immédiate à Lactalis, Nestlé a annoncé la prise de contrôle de l’allemand yfood, dont les produits riches en protéines sont présentés comme "des repas complets prêts à boire".
Selon les spécialistes, le marché des compléments protéiques devrait représenter 15 milliards d’euros d’ici 2035. Soit le double de sa valeur actuelle.