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La deeptech normande RMAN Sync prépare son décollage aux États-Unis
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La deeptech normande RMAN Sync prépare son décollage aux États-Unis

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La PME normande RMAN Sync, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la supply chain, veut faire des États-Unis son principal relais de croissance. Après avoir créé une filiale américaine, la deeptech prépare une implantation physique sur la côte Ouest, une levée de fonds et un plan de recrutements.

Marc Malmaison, président et cofondateur de RMAN Sync, compte lever 9 millions d'euros en septembre prochain — Photo : RMAN Sync

Pour RMAN Sync, 2026 pourrait être l’année du basculement. Créée en 2019 à Bretteville-sur-Odon, près de Caen, la deeptech normande spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la gestion et à l’optimisation de la supply chain prépare son accélération aux États-Unis.

Après une croissance de 40 % de son chiffre d’affaires en 2025 et une hausse de 50 % de son portefeuille clients, l’entreprise de 24 salariés vise désormais un changement d’échelle. "On est très avancés dans les prospections", indique Marc Malmaison, président et cofondateur de RMAN Sync. Sans dévoiler de noms, le dirigeant assure que les premières signatures américaines sont proches. Les marchés ciblés se situent notamment dans le healthcare et les matériaux de construction, auprès d’acteurs réalisant plusieurs milliards de dollars de chiffre d’affaires.

Une filiale créée aux États-Unis

Pour préparer cette offensive, RMAN Sync a créé une filiale aux États-Unis, dans le Delaware, et prévoit une implantation physique sur la côte Ouest, probablement dans l’écosystème de San Francisco. "C’est un endroit où l’on trouve à la fois les investisseurs, les clients et la technologie", résume le dirigeant. Marc Malmaison prévoit lui-même de partir aux États-Unis pour accompagner cette croissance. Un autre cofondateur pourrait également le rejoindre. La PME recrute aussi un responsable américain chargé du marketing et du business development, tout en s’appuyant sur le programme SaaS Lander de Business France pour structurer sa prospection.

La côte Ouest plutôt que l’Europe

Le choix américain n’est pas seulement commercial. Il tient aussi à la taille et à la maturité du marché. "Aux États-Unis, c’est un grand marché intégré, avec la même langue, la même monnaie et une culture plus rapide de l’adoption technologique", observe Marc Malmaison. À l’inverse, l’Europe suppose de composer avec plusieurs langues, cultures commerciales et niveaux de maturité différents.

La côte Ouest présente, selon lui, un autre avantage : une appétence plus forte pour l’IA et les solutions technologiques de rupture. "Sur la côte Ouest, dès que l’on parle d’IA, on est au centre du sujet", souligne-t-il. Dans un contexte marqué par le retour d’une politique économique américaine plus protectionniste, RMAN Sync ne voit pas l’administration Trump comme un obstacle. "Pour nos secteurs, ce n’est pas un sujet. On apporte de la technologie et on crée des emplois", estime le dirigeant. Le positionnement de l’entreprise, très spécialisé, joue en sa faveur. RMAN Sync ne développe pas une IA grand public, mais une technologie métier capable de prévoir la demande, d’optimiser les achats, les approvisionnements et les flux opérationnels.

Une IA métier face aux géants américains

La PME normande estime aussi avoir une carte à jouer face aux grands éditeurs américains, peu positionnés sur son segment. "Notre force, c’est la double expertise métier et IA", résume Marc Malmaison. Sa solution propriétaire Renovatio traite aujourd’hui plus d’un million de prévisions par semaine et compte plus de 250 utilisateurs simultanés. Un cap technique qui permet à RMAN Sync de se présenter devant de grands comptes internationaux. Le dirigeant insiste sur cette spécificité : RMAN Sync ne cherche pas à séduire avec une IA spectaculaire, mais avec une solution très opérationnelle, capable d’améliorer la prévision, la planification et les décisions d’achat. Un positionnement moins visible que celui des IA grand public, mais directement lié aux enjeux de performance industrielle.

Une levée de fonds à la rentrée pour changer d’échelle

Le développement américain pourrait transformer rapidement la trajectoire de l’entreprise. RMAN Sync, dont le chiffre d’affaires devrait approcher le million d’euros en 2026 selon son dirigeant, voit les États-Unis devenir son premier marché à moyen terme. Marc Malmaison estime même que ce marché pourrait représenter 80 % de ses revenus à horizon 2028, voire dès 2027 si les premières signatures se concrétisent rapidement.

"L’objectif, c’est de croître très vite", résume le dirigeant, qui anticipe déjà, en cas de succès outre-Atlantique, une nouvelle levée de fonds plus importante d’ici deux à trois ans. Pour financer cette première étape, la société prépare déjà pour septembre prochain une levée d’environ 9 millions d’euros auprès de fonds américains et européens dont 4,5 millions d’euros devraient être consacrés au développement américain.

Créations d’emplois en France et aux USA

Cette accélération s’accompagnera de recrutements. L’entreprise prévoit entre cinq et dix embauches en France à court terme, notamment sur les fonctions financières, projet, support, R & D et commerciales. Aux États-Unis, RMAN Sync vise 10 à 15 recrutements d’ici 2028, principalement sur des profils commerce, marketing et déploiement client.

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