Un pas de plus vers la commercialisation. La start-up girondine HyPrSpace (plus de 90 salariés) a annoncé ce 17 novembre une nouvelle levée de fonds en série A de 21 millions d’euros. Elle a été menée par les fonds Red River West — possédé par Artémis, le fonds de la famille Pinault — et DeepTech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l’État.
La start-up, créée en 2021, développe une gamme de lanceurs basés sur une propulsion hybride brevetée combinant de l’oxygène liquide et un thermoplastique solide. Une technologie stratégique dans un secteur ultra-concurrentiel, plus facile à industrialiser car sans pièces mécaniques complexes.
Soutien fort de l’État
Quatre autres fonds se joignent au tour de table. Deux sont gérés par Bpifrance : Sociétés de Projets Industriels (SPI), fonds du Programme d’Investissements d’Avenir de l’État, et French Tech Seed 1. On trouve aussi Expansion, le fonds dédié aux start-up aérospatiales et Défense piloté notamment par l’entrepreneur Charles Beigbeder et Nouvelle-Aquitaine Co-Investissement (Naco), fonds régional géré par M Capital.
L’annonce arrive quelques jours après celle de la stratégie nationale spatiale 2025-2040, venue remettre 20 milliards d’euros sur la table pour le spatial civil (16 Md€) comme militaire (4,2 Md€). L’État est bien présent au soutien de l’entreprise : HyPrSpace fait partie des sélectionnés — aux côtés de Latitude, Sirius et MaiaSpace — par un appel d’offres du Cnes (Centre national d’études spatiales) bouclé en mars 2024.
Accélération industrielle
La levée de fonds doit permettre à HyPrspace de financer sa feuille de route : valider sa technologie de propulsion à l’échelle, réaliser un premier vol d’essai suborbital de son démonstrateur Baguette One depuis un site de la DGA (Direction générale de l’armement) et accélérer le développement de son lanceur orbital OB-1, qui doit décoller en 2027.
Au niveau industriel, HyPrSpace a récemment musclé son jeu en signant un accord avec Atmos Space Cargo, qui développe des capsules spatiales réutilisables, pour créer "une chaîne logistique européenne complète de lancement et de rentrées atmosphériques pour des missions de recherche et des applications Défense". L’adaptation de sa technologie hybride à ce nouveau segment fait aussi partie des objectifs motivant le financement, de même que le lancement de la production en série et la préparation de l’industrialisation de ses lanceurs.