Vela veut décarboner le transport maritime
Un premier navire censé relier Bayonne à New York en moins de 15 jours, c’est ce qu’ambitionne la société bayonnaise Vela, courant 2026. D’ici là, elle aura fort à faire, aidée par une levée de fonds de 40 millions d’euros annoncée fin septembre. Créé en 2022 par cinq passionnés de voile, dont le skipper français François Gabart, l’armateur a choisi le constructeur australien Austal pour construire son premier navire multicoque en aluminium de 67 mètres de long (pour 25 de large) à Balamban (Philippines). Il sera notamment équipé de plus de 300 m2 de panneaux photovoltaïque et de deux hydro-générateurs. La société ambitionne de fabriquer "au moins 4 navires supplémentaires" d’ici 2027-2028 pour atteindre un départ hebdomadaire.
HyPrSpace réussit son premier tir
La start-up girondine HyPrSpace (Hybrid Propulsion For Space), qui développe le microlanceur OB-1 (pour "Orbital Baguette"), a franchi une importante étape dans son développement durant l’été 2024. Elle a réussi le premier essai de son moteur au banc du site Essais de missiles de la DGA (Direction générale de l’armement) de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde). Cette étape valide de fait le prototype de son moteur à propulsion hybride (Terminator) et les performances envisagées par ses modèles prédictifs. "En parallèle, HyPrSpace a acquis des compétences clés sur l’opérabilité d’un moteur de fusée utilisant un ergol cryogénique", précisait l’entreprise à cette occasion. Les prochaines étapes sont déjà connues pour la start-up, qui espère finaliser son moteur pour un premier vol suborbital en 2026. Ses premiers débouchés commerciaux sont déjà assurés : elle a signé en mars un contrat de vente avec le Centre national d’études spatiales (Cnes) : c’est l’État qui achètera les premiers lancements d’HyPrSpace, qui a aussi bénéficié de France 2030 pour financer Pada1, la phase de conception de son microlanceur suborbital réutilisable.
Treefrog Therapeutics signe un premier contrat majeur
Sacré départ pour la biotech de médecine régénérative girondine Treefrog Therapeutics (125 salariés) développe une technologie de culture de cellules souches thérapeutiques à grande échelle. Elle a signé en avril dernier un contrat de licence à neuf chiffres (780 millions de dollars) avec la société américaine Vertex Pharmaceuticals (5 400 salariés, 9 Md€ de CA en 2023). L’entreprise, qui créé des traitements dédiés aux personnes atteintes de maladies graves comme la drépanocytose (maladie du sang), a décroché une exclusivité de licence pour la technologie brevetée de Treefrog, C-Stem, pour le développement de traitements relatifs au diabète de type 1. Le contrat et le versement de Vertex sont découpés en plusieurs étapes, qui correspondent à autant de phases de développement et de mise à l’échelle de la production pour Treefrog. La société espère boucler une levée de fonds de série C dans les 12 prochains mois. L’un de ses programmes de recherche, contre la maladie de Parkinson, devrait entrer en phase d’étude clinique entre fin 2025 et début 2026.
Materrup cimente son déploiement européen
26 millions d’euros. C’est la somme levée en juin dernier par la société landaise Materrup (20 salariés, un peu moins de 1 M€ de CA). Cette seconde levée de fonds, réalisée auprès de la société d’investissement Eurazeo et du fonds d’investissement du Conseil européen de l’innovation, dévoile un objectif clair : la conquête industrielle de l’Europe pour le ciment bas carbone à base d’argile crue développé par l’entreprise. Après avoir inauguré son usine pilote en 2022 à Saint-Geours-de-Maremne (Landes), Materrup ambitionne d’en créer dix autres, en s’adossant à des industriels du ciment. Elle signe depuis plus d’un an de nombreux partenariats dans ce sens. Citons le bétonnier basque Duhalde BTP, Vinci, Edilians, Bouygues Immobilier, Domofrance ou le cimentier isérois Vicat, avec qui elle a créé la co-entreprise Borda Occitanie pour piloter la construction d’une usine de production de 60 000 tonnes de ciment à Carbonne (Haute-Garonne), et de quatre autres unités similaires en France. Le début du déploiement est envisagé dans les prochains mois.
Hynaero s’entoure pour construire son bombardier d’eau
La start-up industrielle bordelaise Hynaero, qui développe un bombardier d’eau amphibie, a signé en décembre 2023 un protocole d’accord avec l’aéroport de Bordeaux-Mérignac pour implanter son usine d’assemblage en bord de piste. La société, co-fondée par un ancien commandant des avions de la sécurité civile, a passé la majeure partie de ces 12 derniers mois à s’entourer. Elle a signé plusieurs partenariats structurants avec l’industriel bordelais BT2i, spécialiste de la chaudronnerie et de l’usinage de pièces mécaniques et d’assemblage, le bureau d’études en ingénierie canadien Altitude Aerospace, l’Office national d’études et de recherches aérospatiales ou encore CS Group, filiale de Sopra Steria. L’été dernier, l’agence d’architecture tarnaise Brunerie et la société d’ingénierie de la construction Ingérop sont venus s’ajouter à la liste, marquant "le début des études de faisabilité d’infrastructures et de process industriels". 500 emplois directs sont prévus dans ce programme, dont le coût est évalué à un milliard d’euros. Le premier avion espère voler en 2029.
Touch Sensity se lance dans la maintenance prédictive des transports
Rendre les matériaux sensibles et communicants pour qu’ils alertent sur leur état, c’est la promesse de la start-up girondine Touch Sensity. Créée en 2019, elle entend notamment faire de la maintenance prédictive dans les moyens de transport, grâce à un suivi en temps réel, le tout sans capteur. L’entreprise a levé 3 millions d’euros en mai dernier (4 millions en comptant une première levée en 2021). La commercialisation de son système de monitoring des réservoirs à hydrogène s’est lancée dans l’automobile en 2024 et l’entreprise prévoyait de s’attaquer au ferroviaire en 2025, notamment pour le contrôle des fixations qui tiennent les éléments de carrosserie. D’autres pistes sont déjà à l’étude dans l’aéronautique, le spatial ou encore la robotique. Touch Sensity a déjà obtenu de nombreux prix et développe ses produits en collaboration avec des "clients pilotes", parmi lesquels ArianeGroup, Dassault ou la SNCF.
Genevos veut démocratiser l’hydrogène maritime
Né en 2018 près de La Rochelle (Charente-Maritime), l’intégrateur de piles à combustibles alimentées en hydrogène pour les navires Genevos multiplie les projets internationaux. Après avoir levé 2,5 millions d’euros en début d’année, il a notamment remporté en juillet un contrat avec la société de construction navale estonienne Baltic Workboats pour équiper de son système de piles à combustible un navire collecteur de déchets de 42 mètres, dont la livraison est prévue fin 2025. En septembre, elle a également été sélectionnée par la société italienne Hydrocell pour alimenter avec son système le Nobody’s Perfect, un chalutier de 17 mètres, construit à Bordeaux en 1978, qui va être transformé en navire à hydrogène pour être exploité dans la lagune de Venise "à partir du deuxième trimestre 2025". À plus long terme, elle a noué un partenariat avec le groupe luxembourgeois NatPower pour développer "le premier réseau mondial à grande échelle de stations de ravitaillement en hydrogène vert pour le secteur maritime", soit une centaine de stations d’ici à 2030.
Le Train sur les rails d’une levée massive pour financer son déploiement
La compagnie ferroviaire charentaise prévoit de desservir 11 destinations dans l’Ouest de la France entre fin 2025 et début 2026, les deux premières lignes prévues étant Bordeaux-Nantes et Bordeaux-Rennes. Ayant confié la construction de 10 rames neuves à l’industriel espagnol Talgo en 2022, elle devrait commencer à recruter et former ses équipes dès l’an prochain, parmi lesquelles une trentaine de conducteurs et conductrices. Après une levée de fonds de 8 millions d’euros en 2023, Le Train prévoit de boucler d’ici la fin de l’année une série B d’environ 50 millions d’euros pour financer son déploiement opérationnel et une levée de dette de 300 millions d’euros pour financer ses trains. Elle devrait aussi savoir à même échéance si elle est retenue dans le cadre d’un appel d’offres de l’État pour opérer les lignes Intercités Nantes-Bordeaux, Nantes-Lyon et Nantes-Lille.
Dionymer va pré-industrialiser son polymère issu de déchets
La promesse de la jeune entreprise bordelaise, qui a déjà séduit les investisseurs avec une levée d’amorçage de 1,5 million d’euros fin 2023, a de quoi séduire. Elle souhaite transformer les déchets organiques en polymères biodégradables, visant ainsi un processus complet d’économie circulaire. Dionymer, qui en est encore au stade de laboratoire, vise de multiples champs d’application, du textile à la cosmétique en passant par l’emballage. 2025 pourrait bien être l’année de concrétisation d’un pilote préindustriel à Mérignac (Gironde), capable de produire plusieurs dizaines de kg par mois. L’industrialisation, elle, n’est pas prévue avant 2026, et elle nécessitera certainement une autre levée de fonds, cette fois en série A, courant 2025.