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Navires à hydrogène : depuis ses nouveaux locaux, Genevos multiplie les bateaux démonstrateurs
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Navires à hydrogène : depuis ses nouveaux locaux, Genevos multiplie les bateaux démonstrateurs

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La start-up Genevos développe depuis 2018 des piles à hydrogène destinées aux navires. Récemment installée dans ses nouveaux locaux à Lagord près de la Rochelle (Charente-Maritime), elle concrétise cette année plusieurs démonstrateurs clés pour sa phase de commercialisation et a lancé un outil de diagnostic de retrofit.

Philippe Davignon, directeur commercial de Genevos — Photo : Genevos/Nicoluz

Genevos change d’échelle. Pour preuve, la start-up incubée dans la pépinière Atlantech depuis sa création en 2018, a emménagé dans "ses" locaux à Lagord en début d’année, ceux d’une ancienne chaudronnerie. Les peintures sont encore fraîches dans les 1200 m2 destinés à la production, au stockage et aux tests des piles à combustible alimentées par de l’hydrogène que l’entreprise et sa quinzaine de salariés développent pour les navires. "Nous sommes à un point de bascule", confirme Philippe Davignon, le directeur commercial. Désormais l’entreprise est dans le concret. "Nous avons une quarantaine de projets en discussion. Tous n’aboutiront pas, mais nous avons bon espoir pour cinq à sept d’entre eux."

Genevos a investi des nouveaux locaux à Lagord, près de La Rochelle — Photo : Genevos

Genevos attaque de front plusieurs marchés : les navires de travail (service portuaire et côtier, pêche…), les bateaux de transport de passagers (interîles, ferries…) et le transport maritime (cargos, tankers…). "Nous sommes dans une phase de consolidation du marché au global pour l’hydrogène. Il y a eu beaucoup d’engouement, des concurrents qui ont connu une croissance très rapide mais qui se sont heurtés à un marché pas encore mature. Nous avons fait le choix d’une croissance raisonnée, uniquement dédiée au secteur maritime ce qui est rare — et pas le plus simple -, et fondée sur des démonstrateurs parce que c’est ce dont les professionnels ont besoin pour être convaincus."

Un tanker, un bateau de pêche et un navire de passagers

Place donc aux preuves par l’exemple, avec trois bateaux cette année. Le projet phare est l’équipement d’un tanker portuaire de 45 m, chargé de collecter les eaux grises et noires pour le port de Klaipeda en Lituanie. La livraison des piles à combustible hydrogène est prévue d’ici la fin de l’année. "Ce projet est important parce qu’il est vraiment commercial. C’est plus qu’un démonstrateur. Le navire va fonctionner quasiment toute l’année, 21 à 22 heures par jour. Nous allons vite avoir des retours d’expérience."

Dans un autre genre, Genevos a livré en mars un bateau de transport de passagers rétrofité destiné à être utilisé à Venise. Les essais sont prévus en juillet, pour une mise en service à l’automne. Le résultat d’un contrat signé l’an dernier avec la société italienne Hydrocell.

L’entreprise contribue aussi, dans le cadre d’un consortium européen, à la construction d’un navire de pêche — qui débute juste — dans les États Baltes. Il naviguera au printemps 2026 et sera déployé en démonstration en France en septembre 2026. "La pêche est un des secteurs qui pollue le plus en mer, l’enjeu de décarbonation est donc important. Le prototype imaginé pour la petite pêche fait 12 mètres de long, c’est ce qui compose plus de 80 % de la flotte en Europe", détaille Philippe Davignon.

Un configurateur et des générateurs à quai

En juin, la start-up a aussi lancé un configurateur ; un outil logiciel à disposition des marins capable d’analyser les opérations à mener pour envisager un rétrofit des navires, et planche sur un générateur de recharge à quai qui fournirait de l’électricité verte hors réseau pour les navires.

"Le marché est lent à se mettre en place, concède Philippe Davignon. On constate que les temps de discussions et de décision s’allongent au fil des ans. Au début ce sont les plus motivés qui nous ont contactés." Genevos s’accroche, il s’agira d’être prêt quand le couperet des contraintes tombera. D’ici 2040, le secteur maritime devra réduire ses émissions globales de CO2 de 80 % et de 100 % dans les ports en 2030. "On s’attend à un appel d’air en 2028-2029."

Genevos travaille aussi à son prochain financement, après une levée de fonds de 2,5 millions d’euros début 2024 qui avait fait entrer le fonds Impact Océan au capital, toujours détenu par les fondateurs et dirigeants Rebecca et Phil Sharp.

Genevos produit des piles à combustible alimentées à l’hydrogène pour les navires — Photo : Genevos

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