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Présentes au salon de la Défense Eurosatory, les PME normandes attendent toujours la commande publique
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Présentes au salon de la Défense Eurosatory, les PME normandes attendent toujours la commande publique

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Le budget de la défense a certes été revu à la hausse et l’édition 2026 du salon parisien de la Défense Eurosatory n’a jamais attiré autant d’exposants. Pour autant, les PME normandes attendent, elles, le ruissellement de la commande publique, qui tarde à venir.

Le drone terrestre Starkad, développé par les laboratoires d’essai eurois 6Napse, exposé lors de l’édition 2026 d’Eurosatory. Sur le salon professionnel, le drone est indiscutablement le produit-phare cette année — Photo : EHA

L’édition 2026 du salon Eurosatory réunit à Paris, du 15 au 19 juin 2026, 2 600 exposants issus de 68 pays, contre un peu plus de 2 000 exposants pour l’édition 2024, démontrant l’intérêt que prend la Défense à l’échelle mondiale. L’Ukraine est venue en force cette année (80 exposants contre 5 en 2024), la Pologne (43 exposants contre 22 en 2024) et les Pays Baltes ont également augmenté la voilure, "venant chercher de l’innovation". "Ils ont besoin d’acheter des équipements car ils n’ont pas encore les ressources pour les fabriquer eux-mêmes", commente Philippe Eudeline, président de NAE, le réseau des professionnels de l’aéronautique, du spatial et de la Défense de la Normandie.

La coopération européenne s’organise

"Face à la menace potentielle que représente la Russie, la coopération européenne s’intensifie et deux événements l’ont prouvé en 2026, assure le président de NAE. Le Danemark a acheté, pour la première fois, des systèmes français intercepteurs de missiles. Et la Suède a acheté quatre frégates auprès de Naval Group en mai dernier, tandis que la France s’est fournie auprès de la Suède en avions de surveillance. Et dans la mesure où le marché de la Défense se déroule sur le long terme, il faut y voir un signe".

Il évoque aussi d’autres transactions commerciales, entre Dassault vendant ses Rafale à la Croatie et la Grèce, ainsi que Naval Group vendant des frégates à la Grèce. La coopération est aussi industrielle : Dassault et Saab se rapprochent actuellement pour produire le Scaf, le futur avion de combat qui doit succéder au Rafale.

Les industriels français montent en puissance

L’édition 2026 du salon Eurosatory consacré aux entreprises du secteur de la Défense, a réuni 2 600 exposants issus de 68 pays — Photo : EHA

Du côté des industriels français, la montée en cadence de production est déjà là. "La demande s’est accélérée, confirme Philippe Eudeline. Le président Macron a parlé pour la première fois de l’économie de guerre en 2020, en évoquant trois jours de réserve de munitions. Il a fallu reconstituer les stocks".

MBDA, le leader européen de l’industrie du missile, a ainsi décuplé la production de missiles sur certains modèles. Dassault est passé d’un Rafale par mois il y a dix ans à quatre par mois actuellement.

72 %

"Mais il faut aussi que toute la supply chain (la filière d’approvisionnement NDLR) suive, tout en maintenant des exigences de qualité draconiennes", ajoute le président. Car les 4 500 entreprises qui constituent la BITD — la Base Industrielle et Technologique de la Défense, désignant l’ensemble des entreprises de défense qui contribuent à concevoir et à produire les équipements pour les armées sous l’égide de la Direction générale de l’armement (DGA)- se partagent les mêmes 20 000 fournisseurs.

Le réseau NAE (Normandie AeroEspace) compte 183 membres, dont 72 % travaillent aujourd’hui dans le secteur de la Défense, contre 25 % en 2024. Et cette année, 22 membres du réseau normand étaient présents à l’édition 2026 d’Eurosatory.

Une commande publique qui "ne ruisselle pas"

Reste le fameux problème du "ruissellement de la commande publique". Le budget national des équipements militaires est en plein essor : établi à 2768 milliards de dollars en 2024, le cru 2026 devrait connaître une augmentation de 9 %, une hausse qui s’explique en grande partie par le contexte géopolitique, selon le président de NAE.

En plus de ce budget, un projet de loi -toujours en examen- doit ajouter une rallonge de 50 milliards d’euros sur la période 2026-2030 aux 413 milliards initialement prévus par la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030 afin d’accélérer le réarmement de la France. Portant l’effort de défense à 2,7 % du PIB en 2030.

Mais, "cela traîne", confie le président de NAE. Ce sont les grands donneurs d’ordres qui reçoivent l’essentiel des commandes, tout passe par eux et ce sont eux qui sont censés redistribuer ensuite les commandes à leurs sous-traitants. "Or, non seulement, les PME ne voient pas leurs volumes de commandes augmenter comme elles pourraient s’y attendre au regard des déclarations gouvernementales, mais même les grands groupes attendent la commande publique et ont, sur certains équipements, moins de 12 mois de visibilité", observe Philippe Eudeline.

Le message à faire passer aux politiques est de vraiment passer commande. Malheureusement, les PME n’y croient plus.

En l’absence de commandes, les PME ne peuvent pas reconstituer du stock et recruter. "Le message à faire passer aux politiques est de vraiment passer commande. Malheureusement, les PME n’y croient plus. Le budget de la LPM a certes été réhaussé, mais les sommes supplémentaires ont surtout servi à régler les énormes dettes de l’État envers les industriels de la Défense", concède Philippe Eudeline. C’est pour cette raison que la région Normandie a lancé, en mars 2026, le fonds défense régional Normandie Défense afin de renforcer les fonds propres des entreprises pour leur sauvegarder leur capacité à maintenir leurs investissements productifs.

L’export tire l’activité vers le haut

Heureusement, l’export représente une part importante de l’activité des PME de la défense. "Les pays de l’Union Européenne tels que la Belgique, les pays de l’Est comme la Roumanie, la Pologne, les Pas Baltes et même l’Ukraine sont nos premiers clients", résume le président.

Le drone, star de l’édition 2026

Sur le salon Eurosatory, le drone est indiscutablement le produit-phare de cette édition 2026. "Tous les équipements de l’armée française sont équipés de filets anti drone", relate Philippe Eudeline. Chez les Normands, Drone XTR, basé au Havre, présente notamment une solution de détection et de neutralisation de drones. La start-up caennaise NEAC Industry a développé une interface pour piloter à distance un drone sur l’eau susceptible de détecter les mines sous-marines. Les Laboratoires d’essai 6Napse, implanté à Val-de-Reuil (Eure), ont de leur côté développé un prototype fonctionnel de drone terrestre électrique pour le transport de munitions.

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