Le salon Eurosatory (organisé du 15 au 19 juin 2026) aura eu la primeur de la présentation du Starkad, un prototype fonctionnel de drone terrestre, développé par le groupe eurois 6Napse, en partenariat avec le géant du numérique français Capgemini et Etendard, PME lyonnaise spécialiste de véhicules pour la défense. "Sa production sera choisie en fonction de la typologie de demande", présente Fabrice Fouquer, directeur des ventes 6Napse.
Modulable et télé opérable
Parmi les applications militaires dont le Starkad peut faire l’objet, 6Napse envisage aussi bien le transport de munitions pour l’armée de terre, que l’accompagnement lors d’interventions médicales, en pouvant être équipé d’un système de brancard. "Il est télé opérable, autrement dit pilotable à distance. Il peut aller sur le terrain sans nécessairement transporter une personne, ajoute Fabrice Fouquer. Son avantage concurrentiel réside dans une base simple très modulaire, ce qui autorise un prix plancher le plus réduit possible. Et, dans la défense aujourd’hui, on cherche de plus en plus des équipements les moins cher possible, qu’un client va adapter en fonction des options qu’il souhaite".
La furtivité acoustique et électromagnétique
6Napse a pu s’inspirer de la technologie automobile pour ce drone électrique. "On connaît la conception des véhicules électriques, observe le directeur des ventes. Maintenant, il faut savoir militariser le drone, l’équiper d’une plateforme adaptée, pour améliorer, entre autres, sa robustesse", estime Fabrice Fouquer.
Et Starkad bénéficie de l’expertise du groupe 6Napse en matière de "furtivité". Dans la mesure où un engin militaire est susceptible d’être repéré en raison de l’énergie qu’il émet dans ses bruits de propulsion ou dans ses ondes de communications, il est essentiel de réduire ces signaux pour le rendre le moins détectable possible : c’est tout l’objet de la furtivité qu’elle soit acoustique ou électromagnétique.
"En ce sens, nous pourrions aussi envisager de travailler avec d’autres partenaires du réseau NAE (Normandie AeroEspace), tels que l’entreprise Jacques Dubois (basée à Barentin, près de Rouen en Seine-Maritime NDLR) pour ses solutions de boucliers électromagnétiques", suggère Fabrice Fouquer.
Un an pour sa mise au point
Le Starkad a nécessité un an pour sa mise au point et, pour les trois entreprises partenaires, c’est un pari. "Pour ce prototype, il a fallu procéder à des études préalables, ne serait-ce que pour l’élaboration de son châssis spécifique. Quelques centaines d’heures ont été consacrées à son développement, avant même la réalisation de la pièce physique. Tout cela représente des coûts assez conséquents", précise le directeur des ventes.
Parier sur l’innovation pour intéresser le marché de la défense
Des coûts à la charge de ces trois partenaires qui ont investi dans ce drone, car, dans le domaine de la défense, les PME ne peuvent pas se contenter d’attendre les commandes, elles doivent proposer un produit et donc miser sur leur capacité d’innovation. "Nous sommes partis d’une idée construite en interrogeant les entreprises de ce marché et ensuite, c’est presque "on paie pour voir". C’est donc un investissement, mais nous n’avons pas le choix. Il faut commencer par proposer quelque chose", conclut Fabrice Fouquer.
Le groupe 6NAPSE (85 salariés, 10 millions d’euros de CA 2025), basé à Val-de-Reuil (Eure), dispose de 5 centres d’essais et d’expertises, dont 3 en Normandie : CEVAA (Saint-Étienne-du-Rouvray), Analyses et Surface (Val-de-Reuil), 6NAPSE (Vernon), ainsi que Infinergies (Cergy-Pontoise) et Qarbone (Lyon). Les laboratoires du groupe sont dédiés aux expertises de type matériaux, acoustique, mais aussi à la qualification et la validation de produits de la défense notamment, selon les spécifications et les normes en vigueur.