Deuxième tour de table pour la start-up normande Peripheral. Après une première levée de fonds de 590 000 euros réalisée auprès d’investisseurs privés et de Bpifrance, la jeune entreprise de Vernon (Eure) vient de réunir, en janvier 2026, la somme de 473 000 euros auprès d’investisseurs privés. Loin des 2 millions d’euros qu’Aymar de La Mettrie espérait collecter en mars 2025. Le fondateur de Peripheral regrette "un ralentissement dans notre développement, ce qui est normal pour une start-up. On a bridgé, on a fait une levée de fonds intermédiaire, afin de gagner un peu de temps pour atteindre notre objectif de 2025 qui va se réaliser en 2026. On reporte simplement notre levée de deux millions d’euros à 2027", explique-t-il.
Être guidé dans un environnement complexe ou dangereux
Ce tour de table intermédiaire permet à Peripheral de poursuivre le développement d’un masque innovant sollicitant chez son utilisateur des mécanismes inconscients de la vigilance pour orienter, communiquer, en déplacement ou sous contrainte. Se présentant sous la forme d’une interface visuelle, le "Safer" peut ainsi aider, par exemple, des pompiers à secourir sans visibilité des blessés dans une maison enfumée, ou des militaires à réorienter leur progression en terrain inconnu.
Fondée en 2021 par Aymar de la Mettrie et Lionel Doyen, rejoints depuis début 2026 par Louis-Antoine de la Rochefoucauld, la deeptech de 4 personnes compte développer des applications de sa technologie dans plusieurs domaines : celui du sport (pour visualiser son parcours sans arrêter son effort) ou de la mobilité des séniors lorsqu’un accompagnant équipe de lunettes des seniors visitant un monument à leur rythme pour leur indiquer le chemin le plus court à l’heure de rentrer vers le bus.
Envoyer une information au cerveau sans le faire réfléchir
Le dispositif comprend trois éléments : tout d’abord un "insert" de plastique noir bourré d’électronique, glissé à l’intérieur d’un masque existant. Les leds de l’insert, qui s’allument le long du contour du masque, sont perçues en vision périphérique. "Ce type de vision dédié à la détection de l’environnement et du danger, est traité par un mécanisme automatique du cerveau, lequel ne peut à la fois être actif dans le cognitif et dans l’automatique, précise Aymar de La Mettrie. Notre dispositif envoie une information au cerveau sans lui demander de réfléchir, à la façon d’une boussole".
Une application à la façon de Google Map
Le Safer est un objet connecté, à la fois à un smartphone, qui, via un réseau (5G/Wifi ou VHF) est relié à l’application Peripheral C2 (qui fonctionne comme l’application Google ou Waze), qui envoie des messages et des alertes sur le Safer. En zone blanche, c’est la VHF qui permet à l’utilisateur de recevoir les alertes du C2. "Les discussions sont très abouties pour vendre le Safer", précise Aymar de La Mettrie.
La start-up ne réalise pour l’instant aucun chiffre d’affaires. "Nous sommes en plein développement !", explique Aymar de La Mettrie. La start-up, actuellement en partenariat avec le fabricant de véhicules militaires Arquus, vise en 2026 un chiffre d’affaires compris entre 350 000 et 450 000 euros.