La société toulousaine Infinite Orbits (75 collaborateurs, CA non communiqué), qui déploie des services spatiaux et plus particulièrement la maintenance des satellites en orbite afin de prolonger leur durée de vie grâce à sa solution de rendez-vous spatial autonome entièrement basée sur la vision, a annoncé le 17 novembre, lors de Choose France, avoir bouclé une levée de fonds de 40 millions d’euros.
Participation du fonds européen EIC
Ce tour de table, composé de fonds propres et de dette "venture" (une forme de financement par dette), a été réalisé avec la participation du fonds EIC, bras financier du Conseil européen de l’innovation en matière de capital-risque, doté d’une capitalisation de plus de 4 milliards d’euros. "La technologie pionnière de maintenance en orbite d’Infinite Orbits, prolongeant la durée de vie des satellites et renforçant la durabilité des opérations spatiales, incarne le type d’innovation de rupture dont l’Europe a besoin", a précisé ce dernier.
Des investisseurs privés ont complété le tour de table : le munichois Matterwave Ventures, le parisien Wind Capital, le luxembourgeois Balnord (composé d’une équipe polonaise également basée à Gdansk), le franco-américain Newfund Capital et le toulousain Irdi. Objectif : faire d’Infinite Orbits le premier fournisseur européen de services en orbite, dans le cadre de la souveraineté spatiale européenne.
"Infinite Orbits est en mesure de répondre aux besoins croissants des opérateurs de satellites en matière de services en orbite"
"Ce tour de table illustre comment la mobilisation coordonnée de capitaux privés européens peut soutenir stratégiquement l’émergence d’un leader dans le domaine des services en orbite", se félicite Adel Haddoud, 48 ans, fondateur et dirigeant d’Infinite Orbits, qui a développé une partie de sa technologie brevetée avec le laboratoire de l’université de Stanford (États-Unis) et qui figure dans la promotion 2025 du programme French Tech 2030. "Grâce à son positionnement, à la pertinence de son offre de services et à l’excellence de son expertise technique, Infinite Orbits est en mesure de répondre aux besoins croissants des opérateurs de satellites en matière de services en orbite", ajoute-t-il.
Contrat-cadre avec la DGA
Parmi les facteurs clés de la confiance des investisseurs : un carnet de commandes de 150 millions d’euros à livrer au cours des trois prochaines années, dont un contrat-cadre de 50 millions d’euros attribué par la Direction générale de l’armement (DGA) pour la fourniture d’un service d’inspection et de surveillance de l’orbite géostationnaire au Commandement de l’Espace. La société toulousaine a également signé récemment un contrat majeur avec le géant luxembourgeois des télécommunications par satellite SES.
Des bureaux en Europe en perspective
Objectif d’Infinite Orbits : poursuivre sa stratégie de croissance visant à étendre sa présence à l’échelle paneuropéenne. L’entreprise prépare désormais l’expansion de sa présence géographique, qui passera par l’ouverture de nouveaux bureaux au Luxembourg, en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Pologne.
"Le dogme selon lequel un satellite placé en orbite tournera jusqu’à ce qu’il meure est en train de tomber"
En mai 2024, l’entreprise avait déjà réussi une levée de fonds de 12 millions d’euros, époque à laquelle son dirigeant relevait sa "forte trajectoire de croissance pour franchir le cap des 60 millions d’euros en 2027". Entrepreneur visionnaire, Adel Haddoud nous confiait déjà au début de l’année 2022, alors qu’Infinite Orbits rassemblait une petite équipe cosmopolite d’une dizaine de collaborateurs : "Le dogme selon lequel un satellite placé en orbite tournera jusqu’à ce qu’il meure est en train de tomber. Les coûts baissent et il devient plus accessible de se rapprocher de manière contrôlée, voire d’attraper, un objet dans l’espace, notamment grâce à des technologies de navigation autonome comme celle que nous développons."