Reims
Latitude équipera WISeSat pour l'organisation de 5 lancements de satellites d'ici 2029
Reims # Aéronautique et spatial # Start-up

Latitude équipera WISeSat pour l'organisation de 5 lancements de satellites d'ici 2029

S'abonner

Après l’annonce de son passage à échelle industrielle, la start-up rémoise Latitude continue de remplir son carnet de commandes. Le fabricant de petits lanceurs spatiaux collaborera avec le suisse WISeSat, pour organiser au moins cinq lancements de satellites d’ici 2029.

Latitude compte 180 collaborateurs, et a annoncé la création de 160 emplois industriels dans les prochaines années — Photo : Latitude

Déployer 100 satellites dans l’espace d’ici 2029, c’est l’objectif porté par le spécialiste suisse des technologies spatiales WISeSat, filiale du leader suisse des plateformes de cybersécurité, d’identité numérique et de solutions de connectivité WISeKey International Holding. Pour les mettre en orbite, l’entreprise fera appel à plusieurs sociétés, dont le rémois Latitude (180 salariés), qui développe et fabrique des petits lanceurs spatiaux.

Entre Latitude et WISeSat, un accord commercial a été conclu, impliquant le départ de 5 vols. Zephyr, le lanceur développé par Latitude, ayant une charge d’emport allant jusqu’à 200 kg, chaque vol pourra permettre le lancement de jusqu’à deux, voire trois satellites. À ce stade, le lieu du lancement et le montant de l’accord commercial conclu avec WISeSat, opérateur de satellites qui fournit des services de télécommunication comprenant l’accès à Internet et la transmission de données, ne sont pas communiqués.

Répondre à une demande en connectivité

Les satellites déployés seront consacrés à la connectivité, à la surveillance environnementale et à la gestion des infrastructures critiques pour des clients commerciaux et institutionnels. Ces derniers intégreront des technologies de cybersécurité, avec des protocoles de sécurité résistants au quantique, des mécanismes d’authentification robustes pour les objets connectés et une transmission de données de bout en bout protégée entre l’espace et le sol. "En déployant 100 satellites d’ici 2029 en coopération avec Latitude, nous visons à créer une infrastructure de données résiliente et souveraine pour soutenir des applications environnementales, industrielles et gouvernementales", explique dans un communiqué Carlos Moreira, PDG de WISeKey.

Un petit lanceur

Créée en 2019, Latitude prévoit le premier départ de Zephyr en 2027, depuis Kourou, en Guyane. Pour franchir cette marche et atteindre l’échelle industrielle, la start-up a annoncé près de 50 millions d’euros d’investissement d’ici 2030 afin de s’installer sur un site de 25 000 m², à Reims. Et prévoit la création de 160 emplois dans les prochaines années. Ces étapes devraient permettre à la start-up d’atteindre les 40 à 50 lancements par an, d’ici cinq à six ans.

Si plusieurs fabricants de lanceurs ont été sélectionnés par WISeSat, Zephyr se distingue par sa taille. De fait, l’entreprise est l’une des seules à organiser des vols dédiés. "Le client est seul et contrôle sa mission. Cela permet aussi une plus grande précision au niveau de l’orbite", précise Pierre Nowacki, responsable du business développement de l’entreprise. D’une hauteur de 20 mètres, Zephyr est conçu pour des lancements en orbite basse.

De futurs lancements en vue

Entre WISeSat et Latitude, la collaboration devrait ensuite mener à la signature d’un contrat en 2026, le temps "d’aligner les conditions techniques et financières", explique Pierre Nowacki. Et pourrait impliquer la commande de lancements supplémentaires, après 2029. Après le premier lancement test en 2027, Latitude organisera son premier vol commercial. Ce dernier est commandé par le CNES (Centre national d’études spatial) et l’État, dans le cadre du plan France 2030.

"Il s’agit d’un très beau contrat mais le plus gros reste Atmos", mesure Pierre Nowacki. Signé en 2024, l’accord noué entre Latitude et l’allemand Atmos Space Cargo conduira au minimum à 5 lancements dédiés par an sur Zephyr, entre 2028 et 2032, sur des vols en orbite très basse.

Multiplier les cas d’usage

"L’objectif est d’être capable de lancer un satellite très rapidement, entre trois et six mois", lance Pierre Nowacki. Dans cette visée, Latitude a décroché un contrat avec le Fonds européen de la défense dans le cadre du projet SIGMA, dont l’objectif est de soutenir la sécurité et la résilience GNSS (les systèmes de positionnement par satellites) de l’Europe.

Une étape bienvenue

Un accord bienvenu, après que Latitude ait appris à l’été 2025 ne pas avoir été retenue par l’agence spatiale européenne (ESA), pour son plan European Launcher Challenge, dont l’objectif est de promouvoir un plus grand choix en matière de lanceurs européens en apportant un soutien financier aux start-up sélectionnées.

Reims # Aéronautique et spatial # Start-up # Innovation # International