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Miraïa, Hilum Healthcare, Wheere, Load Stations… : les start-up à suivre en Occitanie en 2025
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Miraïa, Hilum Healthcare, Wheere, Load Stations… : les start-up à suivre en Occitanie en 2025

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Le vivier des start-up d’Occitanie démontre une capacité d’innovation englobant toutes les filières, du spatial à l’intelligence artificielle, en passant par le numérique, l’agroalimentaire ou la santé. Tour d’horizon des pépites à suivre.

L’équipe de Miraïa : de gauche à droite, Quentin Delmas, Thierry Dhuicq, Thomas Messe, Julien Marchal et Jean Escaffre — Photo : Miraïa

Miraïa construit son premier site industriel

La société toulousaine Miraïa (5 collaborateurs), créée en mai 2023 par Jean Escaffre et Thierry Dhuicq, et rejoints par Thomas Messe, développe une technologie pyrolytique visant à produire du charbon végétal (biochar), à partir des déchets de l’industrie du bois. Son objectif, à l’horizon 2030, est de mailler le territoire français avec six usines pour répondre aux besoins de décarbonation des industries de la métallurgie, de la construction, de l’agriculture et de la viticulture. Miraïa projette d’établir en 2026 le premier de ses six sites de production à Garlin (Pyrénées-Atlantiques). L’investissement se monterait à 30 millions d’euros et cette usine emploierait environ 35 personnes. Dès à présent, elle construit un site pilote à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) qui générerait un chiffre d’affaires estimé à 1,5 million d’euros en 2025.

Hilum Healthcare peaufine ses respirateurs artificiels intelligents

La start-up Hilum Healthcare, spin-off d’Airbus fondée par Alexandre Jaeg et Damien Lozach et basée à Cornebarrieu (Haute-Garonne), conçoit des respirateurs artificiels intelligents à destination des hôpitaux. Elle prépare une levée de fonds de l’ordre de 4 millions d’euros. Objectif : peaufiner sa technologie basée sur l’intelligence artificielle (IA) et assurer la mise sur le marché de ses premiers produits en 2027, délai imposé par l’obtention des autorisations nécessaires de la part des instances européennes, avant un déploiement à l’export (États-Unis, Asie). Lauréate du plan de relance France 2030, la start-up a aussi bénéficié d’une enveloppe globale de plus de 5 millions d’euros. Hébergée depuis le début de l’année 2023 à Saint-Martin du Touch chez son partenaire Randstad Digital, elle pourrait prochainement s’installer dans l’Ouest toulousain.

Damien Lozach et Alexandre Jaeg (à droite), les cofondateurs de la start-up Hilum Healthcare — Photo : Valentine Chapuis

Isybuy simplifie les processus d’achat des ETI

La start-up toulousaine Isybuy, spécialiste de la digitalisation des achats des entreprises de taille intermédiaire (ETI), a levé 10 millions d’euros en 2024 auprès d’Eiffel Investment Group et de Swen Capital. Les actionnaires historiques (Irdi Capital Investissement et Pro BTP) ont renouvelé leur participation. Fondée en 2016 par Mélanie Lehoux, Isybuy déploie une solution qui permet aux ETI de simplifier leurs processus d’achat. Grâce à ce financement, la start-up va renforcer ses équipes marketing, commerciales et IT et doubler la taille de son effectif pour atteindre 60 collaborateurs. Les fonds levés devraient par ailleurs lui permettre de s’étendre à l’international, où elle réalise aujourd’hui 10 % de son chiffre d’affaires (Benelux, Espagne, Suisse). L’objectif d’Isybuy est de s’imposer en leader européen du source-to-pay sur le marché des ETI.

Infinite Orbits prolonge la durée de vie des satellites

La start-up toulousaine Infinite Orbits, présidée par Adel Haddoud, a levé 12 millions d’euros en 2024 auprès de Newfund Capital aux côtés du fonds EIC, d’IRDI Capital Investissement et de Space Founders France. Objectif : accélérer le développement de son projet “Endurance”, un satellite Life Extension pour les actifs spatiaux. Endurance permettra aux opérateurs de satellites d’optimiser leurs stratégies de gestion de flotte tout en augmentant leur retour sur investissement en ajoutant des années à la durée de vie de leurs satellites. Il sera exploité par la technologie autonome RPO (Rendez-vous and Proximity Operations) d’Infinite Orbits, qui permet aux actifs dans l’espace de s’approcher et de s’amarrer les uns aux autres. La start-up ambitionne de franchir le cap des 60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027.

Batconnect prépare son déploiement dans l’aéroportuaire

La start-up toulousaine Batconnect (11 collaborateurs), fondée par Jérémy Dulout, qui a levé 3 millions d’euros en 2024 pour accélérer la décarbonation des batteries lithium pour véhicules et engins industriels depuis son atelier situé à l’aéroport de Toulouse-Francazal, veut équiper des centaines d’engins aéroportuaires de traction de bagages. Cette ambition est facilitée par la présence à son dernier tour de table du business angels Christophe Guir, conseil en décarbonation pour le groupe TCR, leader mondial des équipements au sol. Créée en 2019, Batconnect s’est spécialisé dans le remplacement des batteries au plomb par des batteries lithium connectées éco-conçues à destination des professionnels utilisant des véhicules électriques en sites fermés.

Skyted veut devenir le leader mondial des appels silencieux

La start-up toulousaine Skyted (20 collaborateurs), fondée en 2021 par Stéphane Hersen, développe un masque acoustique permettant des conversations limpides dans un environnement bruyant sans être entendu par les personnes à proximité. Deeptech ambitionnant de devenir le leader mondial des appels silencieux (dans les avions, les trains etc.), elle a des besoins importants en R & D et prépare une levée de fonds de 5 à 10 millions d’euros auprès de VC (venture capital) américains. La technologie utilisée par Skyted provient de l’office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera), partenaire majeur avec lequel elle a signé une licence exclusive mondiale pendant 20 ans. Skyted travaille déjà sur un second produit à zéro décibel, sans aucune prise de son, pour 2026 : la lecture sur les lèvres, grâce à l’intelligence artificielle.

Stéphane Hersen, président de la start-up Skyted — Photo : Skyted

vorteX. io augmente le réseau de ses microstations

La start-up toulousaine vorteX. io a levé 2,9 millions d’euros en 2024, un financement mené par la Banque des Territoires et la MAIF Impact aux côtés d’AFI Ventures, complété par un financement bancaire. vorteX. io a développé une technologie disruptive dans le domaine de l’hydrologie continentale. Basée sur des techniques d’altimétrie satellitaire, sa solution mesure en temps réel, avec une précision inégalée, les paramètres hydrologiques clés des rivières et fleuves. Les données sont analysées sur sa plateforme Maelstrom qui fournit des services stratégiques aux décideurs publics et privés. La start-up va accélérer le déploiement de son réseau, avec 2 000 microstations supplémentaires d’ici 2026 pour modéliser les principaux bassins hydrographiques européens. Elle prévoit de doubler ses effectifs pour atteindre 80 collaborateurs.

Wheere invente la géolocalisation sans balises

Après trois ans d’incubation discrète au sein de l'ESA BIC, la start-up montpelliéraine Wheere (25 salariés) a créé une technologie innovante de géolocalisation d’objets et de personnes en intérieur et en extérieur, fonctionnant sans balises, en exploitant des signaux radios ultra-fins grâce à des antennes. Parmi les clients ciblés : les forces de sécurité. En 2024, Wheere a levé 11 millions d’euros pour recruter et bâtir une unité de 500 m2. Objectif : porter sa production de quelques centaines à plusieurs milliers de récepteurs en vitesse de croisière. Elle ambitionne de lever près de 40 millions d’euros d’ici la fin 2025 pour réussir ce saut industriel et déployer ses antennes dans les grands centres urbains.

Antoine Carrabin (CTO), Pierre Arnaud Coquelin (PDG) et Stéphane David Grignot (ingénieur) sont aux manettes de Wheere — Photo : Wheere

Load Stations recharge la mobilité verte

La start-up nîmoise Load Stations (14 salariés) développe une solution clé en mai pour la mobilité électrique, incluant un boîtier pour transformer les prises domestiques en station de charge et une application pilotant la consommation. Elle vise le marché des entreprises devant optimiser la recharge de leur flotte de véhicules : ce système, déployé au domicile des salariés, est jusqu’à 10 fois moins cher qu’une borne classique. Elle a levé 1,2 million d’euros en 2024 renforcer son pôle R&D. et accélérer sa croissance commerciale. Fondée par deux anciens cadres de Vinci Énergies, Load Stations, qui travaille avec des multinationales, des collectivités et des syndicats d’énergie, a vendu plusieurs centaines de produits depuis sa création en 2022.

Next Neurotech lutte contre l’épilepsie réfractaire

Fondée en 2022 à Nîmes (Gard), Next Neurotech (4 associés) développe des technologies pour traiter les patients souffrant d’épilepsie pharmacorésistante (résistante aux médicaments). Elle a conçu et breveté des sondes intracérébrales qui permettent un diagnostic plus précis de la maladie, ainsi qu’un traitement prédictif personnalisé grâce à l’intelligence artificielle. En 2024, elle a levé 750 000 euros pour se doter d’un outil de production au stade préindustriel (avec le soutien de Cisteo Médical) et pour réaliser les premiers essais d’implantation humaine. L’an prochain, Next Neurotech prévoit de réunir 6 millions pour s’ouvrir rapidement aux États-Unis, en exploitant sa connaissance préexistante du marché et le réseau local de ses managers.

Odaptos améliore l’expérience digitale grâce à l’IA

La deeptech montpelliéraine Odaptos (6 salariés) se spécialise dans les tests automatisés par intelligence artificielle. Son système facilite la compréhension des comportements des utilisateurs de sites internet et d’applications en détectant leurs émotions. Après avoir levé 1,1 million d’euros en 2023, elle a réuni un million supplémentaire en 2024 pour structurer une force commerciale. D’abord focalisée sur les agences digitales qui réalisent de nombreux tests utilisateurs à l’année (plus de 100 en moyenne), elle vise désormais les grands comptes du marketing, des médias et des télécoms. Odaptos a aussi été sélectionnée par l’accélérateur américain Techstars, facilitant la création d’une filiale outre-Atlantique pour assurer ce pivot stratégique.

Odaptos est spécialiste des tests utilisateurs automatisés par intelligence artificielle — Photo : Odaptos

FoodPilot fait évoluer les agro-industries

Créatrice d’une plateforme mesurant la transition durable des entreprises agroalimentaires "du champ jusqu’au produit fini", la start-up FoodPilot (25 salariés), fondée à Dijon en 2022, a déménagé à Montpellier pour poursuivre son incubation. Avec de fortes perspectives : la foodtech affichait un prévisionnel de 2 millions en 2024, avec une projection à 8 millions à 3 ans. En février dernier, FoodPilot a levé 4,5 millions d’euros afin de lancer un plan de recrutement, visant le cap des 50 salariés en 2027. FoodPilot prévoit aussi de s’orienter vers l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et le Benelux en 2025, surfant sur la réglementation européenne qui rend les agro-industries responsables de leurs pratiques, jusqu’au dernier de leurs fournisseurs.

enCaps donne un passeport numérique aux objets

Lancée en 2022, la start-up montpelliéraine enCaps (10 salariés, CA 2023 : 600 000 €) crée des passeports numériques ("DPP") pour objets physiques ou numériques : apposé sur ces objets, ils facilitent l’authentification et la preuve de propriété, tout en offrant divers services (logistique, livraison, transferts de propriété…). Anticipant un règlement européen qui généralisera les DPP en 2026, la pépite a levé 1,6 million d’euros afin de déployer sa solution dans la mobilité, le luxe, l’art et le jeu vidéo. Pour les éditeurs, grossistes et revendeurs de ce dernier secteur, enCaps a conçu "Point Nexus", une plateforme assurant une distribution sécurisée des clés de jeux vidéo, afin de contrer la revente de ces clés sur des plateformes alternatives.

Matchers veut booster la formation dans les TPE

Spécialiste de la formation sur-mesure, la start-up montpelliéraine Matchers (20 salariés, CA 2022 : 600 000 €) a levé deux millions d’euros en 2024 pour développer une plateforme visant les employés des TPE. Cet outil sert à les mettre en relation avec une communauté de 600 salariés experts, déjà en poste, et chargés de les aider dans leur parcours de formation. Matchers permet aussi aux TPE de mobiliser les financements de la formation professionnelle en quelques clics. Avec ces fonds, elle entend déployer son outil à l’échelle nationale. La start-up montpelliéraine, qui est passée de 100 000 à 600 000 euros de chiffre d’affaires en un an, a accompagné 300 entreprises (soit près de 10 000 heures de formation) depuis sa création en 2019.

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