L’année s’annonce décisive pour Agrial. En fin d’année, les 12 000 agriculteurs de la coopérative agricole et agroalimentaire caennaise se prononceront sur le projet de fusion avec la coopérative Terrena (Loire-Atlantique). Si les adhérents des deux entités font le choix d’unir leurs forces, ils donneront naissance à la quatrième coopérative agricole en Europe. L’ensemble pèserait 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires, rassemblerait 33 000 agriculteurs et 30 000 salariés. "C’est un projet utile, responsable, ambitieux", commente Bernard Guillard, agriculteur dans la Manche et président d’Agrial, dans le rapport annuel de la coopérative qui emploie 17 500 salariés.
En attendant l’issue du vote, l’activité se poursuit et Agrial déroule son plan stratégique dévoilé il y a un an : Horizon 2035 vise à assurer des débouchés pour ses adhérents tout en mettant l’accent sur la transition écologique. La coopérative aborde cette échéance et cette ambition avec un chiffre d’affaires de 7,3 milliards d’euros en 2025, en hausse de 3 % sur un an, et un excédent brut d’exploitation stable (269 M€).
La bonne forme du lait
Pesant 42 % de l’activité du groupe (3,1 Md€ de CA), la branche lait est en croissance de 7 % en 2025, portée par le marché de l’ultra-frais. Agrial tire notamment profit du développement du skyr, ce yaourt égoutté sans matière grasse, commercialisé sous marques de distributeurs. Ayant déjà fait l’objet d’une hausse de ses capacités de production, l’usine de Jouy (Yonne) bénéficie de nouveaux investissements cette année.
Le groupe affiche ses ambitions dans le lait depuis la modernisation de sa laiterie de Bellevigny (Vendée) pour 40 millions d’euros permettant d’accroître les capacités de production de beurres. Il a aussi injecté 70 millions d’euros à Herbignac (Loire-Atlantique) pour produire de la poudre de lait pour l’industrie agroalimentaire.
Autre investissement, à venir cette fois : la construction d’une nouvelle usine pour le fromage de chèvre Soignon. Le transfert du site historique de Saint-Martin-de-Saint-Maixent (Deux-Sèvres), vieillissant et arrivant à saturation de ses capacités de production, est prévu pour 2027.
Légumes, viandes et boissons en retrait
L’activité légumes est moins dynamique, le chiffre d’affaires baissant de 7 % en 2025, à 1,3 milliard d’euros. Pesant 18 % de l’activité du groupe, la branche bénéficie de la bonne forme des salades en sachet et des purées Florette. En revanche, les marchés de la pomme de terre et de la carotte ont été plus difficiles.
La branche viandes a aussi connu une année difficile (410 M€ de CA). L’activité pommes et boissons (380 M€ de CA) est, elle, en retrait de 5 %. Le groupe entend la redresser avec une refonte profonde de l’activité cidricole. En France, cela passe par le lancement en début d’année d’un cidre sans alcool sous la marque Ecusson. Aux États-Unis, Agrial compte sur une nouvelle usine de sa filiale Manzana pour tirer profit de la dynamique des marchés du vinaigre de cidre, du jus de pommes et de compotes.
Hausse de l’activité de services aux agriculteurs
Enfin, proposant des produits (semences, engrais…) et des prestations pour accompagner les agriculteurs dans leurs productions, la branche agriculture (29 % du CA d’Agrial) affiche de son côté 16 % de croissance annuelle. L’année a notamment été marquée par la constitution du business unit dédiée à l’alimentation animale.