Les grands travaux du terminal céréalier du Quai Petit-Couronne, près de Rouen, viennent d’être inaugurés.
Haropa Port a procédé à des travaux de rempiétement, effectués par ETMF (filiale du groupe Eiffage), autrement dit l’approfondissement de l’enfoncement du quai utilisé par le groupe BZ et de sa modernisation. Il s’agit d’un investissement de 24 millions d’euros, dont 6 millions ont été pris en charge par l’État au titre de contrat CPIER (contrats de plan interrégionaux État Régions).
"1 cm d’enfoncement pour un navire représente 70 tonnes de chargement supplémentaire chargé"
Initiés à l’automne 2025, ces travaux ont précisément permis de renforcer le quai, d’avancer son front d’accostage vers le fleuve de deux mètres, afin de faciliter les manœuvres et d’accroître le tirant d’eau de 10,30 m à 11,30 m. Cela permet d’accueillir des navires de plus grande capacité. "Car, 1 cm d’enfoncement pour un navire représente 70 tonnes de chargement supplémentaire chargé", souligne Dominique Ritz, directeur général délégué. Le tout, sans interrompre l’exploitation du terminal du groupe BZ.
Ce chantier s’inscrit, selon Dominique Ritz, dans l’ambition de renforcer la filière céréalière. Le port de Rouen concentre à lui seul 54 % des exportations maritimes françaises de blé et d’orge.
Mieux prospecter l’hinterland
Le terminal portuaire céréalier "Maison Bleue" du groupe BZ (80 collaborateurs, 700 M€ de CA en 2025) a été allongé pour atteindre aujourd’hui 350 mètres de linéaire de quai. Le groupe en a profité pour se doter d’un nouveau silo (d’une capacité de 55 000 tonnes) connecté au premier (75 000 tonnes) totalisant une capacité de stockage de plus de 130 000 tonnes. Ces aménagements veulent "approfondir l’hinterland avec les moyens que sont la voie d’eau de l’Axe Seine par modalité fluviale ou par la voie ferroviaire".
Mais aussi mieux le prospecter, dans la mesure où le groupe BZ achète, collecte, stocke et exporte des céréales. "Nous voulons faire 2,5 millions de tonnes par campagne céréalière sur un trafic moyen de 8,8 millions de tonnes sur le port de Rouen", revendique Florent Beuzelin, président directeur général du groupe BZ.
40 millions d’euros d’investis depuis 2024
Le groupe BZ a investi plus de 35 millions d’euros depuis les 22 mois de travaux, auxquels s’ajoutent 5 millions d’outillages investis en 2024, soit plus de 40 millions d’euros au total. Les Voies Navigables de France ont apporté leur concours à hauteur de 500 000 euros répartis sur 5 ans, sous forme de subvention de fonctionnement, engageant le groupe BZ à des obligations de trafic et de report modal fluvial. L’Agence de l’eau, s’intéressant aux impacts environnementaux et à la limitation de l’empoussièrement, octroie environ 500 000 euros pour les nouvelles tours de manutention qui évitent la nébulisation de la poussière.
Enfin, le groupe BZ, ayant créé un poste de chargement de train, a bénéficié aussi d’une subvention d’équipement d’un montant de 1,5 million d’euros au titre de l' ITE (Installation Terminale Embranchée, une voie ferrée permettant un accès direct au réseau ferroviaire national), le tiers de l’investissement que le groupe a consenti pour cet équipement.
Doubler les approvisionnements par les voies ferroviaires et fluviales
Grâce à ce quai de 350 m et les travaux d’infrastructure d’Haropa Port qui ont approfondi le tirant d’eau, le groupe BZ peut à la fois mener des opérations de déchargements fluviaux et de chargement maritime. Florent Beuzelin estime même, avec ces équipements, pouvoir doubler le report modal ferroviaire, passant de 7 % de ses approvisionnements par le fer à 15 %, et porter l’approvisionnement par voie d’eau de 15 à 35 %. "À l’horizon 2030, nos reports modaux décarbonés se hisseront à 50 %".