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Tricoflex investit pour atteindre les 50 % de tuyaux produits avec des matières recyclées en 2030
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Tricoflex investit pour atteindre les 50 % de tuyaux produits avec des matières recyclées en 2030

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Dans la Marne, la filiale d’Exel Industries Tricoflex amorce un tournant stratégique en faveur de l’utilisation de matières recyclées dans sa production de tuyaux en PVC. Un pas qui demande à l’ETI plusieurs millions d’euros d’investissement, afin d’atteindre en 2030 les 50 % de tuyaux produits en intégrant des matières recyclées.

Xavier André (directeur technique, innovation et qualité), Jean-Christophe Sueres, directeur commercial et Mathieu Perard, directeur général de Tricoflex — Photo : Anabelle Filoche

Début 2026, le fabricant marnais de solutions de transfert de fluides Tricoflex lançait un nouveau tuyau écoconçu. Nommée Tricogreen, l’innovation pensée pour répondre aux exigences des professionnels de l’agriculture, de l’industrie et de la construction comporte 80 % de matières recyclées et permet une réduction estimée d’environ 50 % des émissions de gaz à effet de serre.

Tricoflex emploie près de 180 salariés sur un site de 69 000 mètres carrés — Photo : Anabelle Filoche

Un nouveau pas pour l’entreprise, qui vise une accélération rapide sur ce segment. Aujourd’hui de 26 %, le taux d’incorporation de PVC recyclé par Tricoflex doit atteindre les 50 % d’ici 2030, soit environ 4 000 tonnes réinjectées. Filiale du groupe Exel Industries (3 700 salariés, CA : 983 M€), Tricoflex (174 collaborateurs, CA : 38,2M€) est implantée à Vitry-le-François, dans la Marne, sur un site de 69 000 mètres carrés. Equipée de 14 lignes de production, l’usine est capable de délivrer 40 millions de mètres de tuyaux par an à destination de clients répartis dans une cinquantaine de pays, pour des usages dans l’agroalimentaire, la lutte contre les incendies, l’industrie et la construction.

Financer le virage du recyclé

Tricoflex a commencé à intégrer des matières plastiques recyclées dans ses tuyaux en 2020. Les matières recyclées servant à produire les tuyaux écoconçus proviennent principalement de chutes issues du processus de production de Tricoflex, mais aussi de rebuts industriels externes et de déchets post-consommation. Dans ce dernier cas, les tuyaux sont collectés au travers de l’éco-organisme Eco-maison, agréé par l’État et chargé de la collecte, du tri, de la réutilisation et du recyclage de produits et matériaux issus de la maison. Toutes ces chutes sont ensuite revalorisées, grâce à un procédé interne de recyclage mécanique, reposant sur la séparation du PVC souple et de la fibre textile.

En 2025, Tricoflex a investi près d’un million d’euros pour financer ce virage, dont près de 600 000 euros pour transformer l’atelier de "compoundage", c’est-à-dire de mélange des polymères avec des additifs, afin de l’adapter à la production de PVC recyclé et de PVC hybride.

Une maîtrise des coûts

Cette maîtrise du recyclage en interne s’inscrit dans une démarche plus large de sécurisation de la chaîne de valeur. "Depuis quelques mois et avec les conflits dans le Détroit d’Ormuz, le prix du PVC recyclé a augmenté de 10 % quand celui du PVC vierge a grimpé de 40 %", mesure Mathieu Perard, directeur général de Tricoflex.

Plus encore, la mise sur le marché de tuyaux écoconçus permet à Tricoflex de s’adapter aux demandes de ses clients. "Ces produits répondent aux besoins d’entreprises avec des objectifs de réduction de leurs émissions carbone"', observe Jean-Christophe Sueres, directeur commercial et marketing de Tricoflex.

Filiale d’Exel Industries, Tricoflex opère depuis Vitry-le-François, dans la Marne — Photo : Anabelle Filoche

2 millions d’euros investis par an

Chaque année, Tricoflex investit près de deux millions d’euros sur son outil de production, soit près de 5 % de son chiffre d’affaires. "Il s’agit d’un niveau d’investissement que nous n’avons jamais atteint, chez Tricoflex", pointe du doigt Mathieu Perard.

Une opération qui doit permettre à l’entreprise de moderniser son atelier de matières afin d’adapter ses installations à l’évolution des formulations et à l’incorporation de matières plastiques recyclées. Sur ce total, près de 150 000 euros ont été investis en 2025 dans de nouveaux outillages, et près de 350 000 euros pour la mise en sécurité et l’entretien des bâtiments.

IA et maintenance prédictive

Dans l’objectif d’optimiser sa performance industrielle, Tricoflex s’apprête à équiper l’une de ses lignes de capteurs, permettant d’analyser les données avec l’intelligence artificielle pour optimiser les process de l’entreprise, en améliorant ses recettes, ou encore en faisant de la maintenance prédictive.

Menée de front avec l’entreprise de gestion des données iQANTO, basée à Marseille, l’opération représente un investissement de 100 000 euros pour Tricoflex. "Il s’agit d’une ligne pilote, nous pourrions installer des capteurs sur les autres lignes par la suite. 1 % de déchets en moins, cela peut très vite faire beaucoup d’économie pour nous", mesure Mathieu Perard.

Marne # Industrie # Gestion des déchets et recyclage # ETI # RSE # Investissement industriel # PME