Reprise voilà dix ans par Jean-Benoît Zacharie, la société MCP Menuiseries, spécialisée dans la rénovation de l’habitat chez les particuliers, affiche une belle croissance, notamment grâce à plusieurs acquisitions externes successives.
Ainsi, pour élargir ses gammes de stores, MCP Menuiseries (45 salariés) a intégré dans son giron en 2022, la société deauvillaise Dolley Stores (9 salariés), confectionneur de toiles, fabricant notamment depuis 60 ans, les célèbres parasols de la plage de Deauville. Mais le repreneur ne s’est pas arrêté là. Jean-Benoît Zacharie a également racheté dans la même période, l’un de ses fournisseurs, la société Iso Store dans les Yvelines (45 salariés pour un CA de 7 M€) pour élargir sa zone d’intervention à la région parisienne et réunir les expériences complémentaires des deux entreprises. Troisième société à être rachetée, la société parisienne Eben : spécialisée dans la rénovation et la pose de fenêtres uniquement (3 salariés), la TPE propose une offre davantage basée sur les relations digitales, et adaptée au marché de Paris et de l’Île-de-France. Toutes ces sociétés sont aujourd’hui réunies au sein de la holding JBZ.
Écrire la stratégie du groupe à cinq ans
Très rapidement, la société, dont le siège est basé à Pavilly en Seine-Maritime, a vu ses effectifs plus que doubler, ainsi que son chiffre d’affaires : "Nous comptons aujourd’hui sept magasins en Normandie et notre chiffre d’affaires est passé ces quatre dernières années de trois à sept millions d’euros", confirme le dirigeant. Jean-Benoît Zacharie a dû s’atteler à un autre travail : celui de gérer la croissance après cette vague d’acquisitions d’entreprises. "Faire de la croissance, c’est bien, mais il faut être vigilant sur la gestion, sous peine de voir la qualité de nos prestations en pâtir", reconnaît le dirigeant dont les équipes débordent de travail : "20 % de croissance rien que cette année, alors que le marché de la rénovation n’est pas au beau fixe. Nous avons donc intégré l’accélérateur normand Bpifrance pour écrire la stratégie de notre groupe à cinq ans avec l’aide d’un consultant". L’entreprise a ainsi pu définir plusieurs axes stratégiques. Premier axe de développement : l’élargissement géographique et la multiplication des magasins. "Nous avons déjà concrétisé l’ouverture de nouveaux magasins à Caen l’été dernier et Mesnil Esnard en Seine-Maritime. Pour la société Iso Store, nous sommes en train de finaliser les travaux d’un nouveau magasin à Paris 14e", précise le dirigeant.
Diversifier l’offre et réorganiser les équipes
L’audit réalisé par Bpifrance suggère également d’élargir et de diversifier l’offre de l’entreprise, notamment en développant l’activité stores et protection solaire mais aussi l’activité menuiserie intérieure. "Notre société a une spécificité au niveau des ressources humaines : la plupart de nos commerciaux sont d’anciens menuisiers, donc de vrais techniciens. Nous avons pour projet de recruter six à sept personnes supplémentaires d’ici quatre ans", annonce Jean-Benoît Zacharie qui a pour objectif d’atteindre les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2027. "Nous avons fait la moitié du chemin en un an et demi !" se félicite-t-il.
Enfin, le chef d’entreprise a dû procéder à une réorganisation interne pour booster la performance de ses équipes. "Nous avons mis en place des points d’échanges réguliers avec les équipes pour que les différents pôles d’activité puissent échanger entre eux. Nous avons aussi créé des comités stratégiques, des comités financiers, des rituels de gestion, des tableaux de bord et des budgets. Autant de sujets qu’auparavant je traitais seul. Mais avec le développement de la société, et une petite centaine de salariés aujourd’hui, je suis obligé de déléguer certaines tâches. Par exemple, nous n’avions pas de responsable technique dans l’entreprise : un point sur lequel nous avons remédié avec la nomination d’un salarié à ce poste, aujourd’hui en charge également des formations et du développement interne des compétences."
Améliorer la gestion des déchets
Suite aux conseils et au diagnostic apportés par Bpifrance, l’entreprise a également mis en place un système pour améliorer la gestion de ses déchets. "Notre activité génère énormément de déchets. Après neuf mois de recherche, nous avons passé un contrat avec Saint-Gobain pour que le verre des fenêtres que l’on récupère, soit traité dans un atelier d’insertion qui sépare le bois, le PVC, l’alu, du verre, au lieu d’être jeté. Saint-Gobain récupère ensuite le verre qu’elle recycle dans ses fours. En 2023, nous avons ainsi pu recycler 100 tonnes de vitrages. En 2024, nous devrions atteindre les 140 tonnes" annonce le dirigeant.