"Nos premiers concurrents sont Excel et Outlook…" Au regard des us et coutumes de ses potentielles cibles, aucun doute pour Carl Lauron, fondateur et PDG de la société marseillaise BuyCo : l’horizon de nouveaux marchés est bien dégagé avec sa solution informatique permettant aux importateurs et exportateurs de gérer au plus fin l’organisation du transport des conteneurs via les océans du monde entier.
Le cauchemar des dossiers de transport
La plateforme numérique et collaborative de la société marseillaise permet à des sociétés, comme TotalÉnergies, Saint-Gobain, Veolia ou Renault pour ne citer que ces grands clients, de se connecter directement auprès des compagnies maritimes, choisir les horaires, optimiser les itinéraires, le coût, ainsi que l’empreinte carbone du voyage. Et donc faire le bon choix en quelques clics.
"Les opérateurs du booking sont encore très nombreux à avoir besoin de 200 e-mails et de nombreux coups de fil auprès d’un tas d’intervenants afin de régler un dossier de transport. Leur vie est un cauchemar sans outil fonctionnel et moderne !", assure Carl Lauron.
Un million de containers
Un outil facilitateur en somme qui séduit les investisseurs. C’est sans doute pour cela que l’entreprise de la cité phocéenne vient, tout récemment, de lever de nouveaux fonds (pour un montant non communiqué) auprès du fonds de décarbonation de la filière maritime géré par Bpifrance, aux côtés des investisseurs historiques dont le fonds Impact Océan Capital, géré par GO Capital, et le fonds Sud Mer Invest porté par les Banque Populaire du Sud (Oddo BHF et CMA CGM via Zebox Ventures sont également des actionnaires institutionnels). De quoi permettre à BuyCo de viser haut et loin pour aller chercher de nouveaux débouchés à travers la planète. "Nous gérons un million de containers par an, or on sait que le marché est de l’ordre de 170 millions", indique le dirigeant.
Réduire les flux de camions
L’entreprise, qui compte actuellement 42 personnes à Marseille et dans des bureaux à Paris, ainsi que des représentants "au Japon, en Chine, à Singapour, à Atlanta et Bogota" veut également poursuivre le développement de son application numérique. En gardant une idée en tête : rendre le transport toujours plus vertueux d’un point de vue environnemental en s’attaquant par exemple, en plus de la voie maritime, à la gestion du transport qui passe trop souvent par les camions (85 % des flux en Europe).
Rentable en 2025
BuyCo, dont l’activité se divise en trois parts égales "entre la France, l’Europe et le reste du monde", espère ainsi continuer de gravir un à un les échelons sur un marché du transport de conteneurs, en hausse continue depuis des décennies. La guerre commerciale autour des droits de douane, lancée par l’administration Trump, ne sera a priori pas un obstacle dans son évolution. "Pour l’heure, on ne ressent aucun impact, assure Carl Lauron, les besoins des consommateurs existeront toujours, cela changera les flux mais le transport maritime est un business hyperflexible". Après dix ans d’existence, la PME, revendiquant un taux de croissance annuel entre 40 et 50 % et 4,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, ne veut pas pour autant brûler les étapes. Elle vise la rentabilité pour la première fois en 2025.